Retour sur la première réunion du gouvernement israélien
Rechercher

Retour sur la première réunion du gouvernement israélien

Selon des informations, la formation de deux nouveaux ministères et du bureau du Premier ministre d'alternance ne seront pas discutés, faute de fonds et en raison de désaccords

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le Premier ministre d'alternance et ministre de la Défense Benny Gantz, à gauche, lors de la réunion du cabinet du nouveau gouvernement organisée salle Chagall, à la Knesset de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le Premier ministre d'alternance et ministre de la Défense Benny Gantz, à gauche, lors de la réunion du cabinet du nouveau gouvernement organisée salle Chagall, à la Knesset de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

La première réunion de cabinet du nouveau gouvernement de Netanyahu a commencé, dimanche à onze heures, dans l’enceinte de la Knesset.

En raison de la taille sans précédent du cabinet et des directives de distanciation sociale mises en oeuvre, la rencontre du cabinet a lieu dans la salle Chagall, à la Knesset, qui est habituellement réservée aux importantes cérémonies.

Mais selon la Douzième chaîne, les discussions prévues sur la mise en place de nouveaux ministères et d’un nouveau bureau pour Gantz – Premier ministre d’alternance du gouvernement – ont été supprimées de l’ordre du jour en raison de problèmes budgétaires et autres désaccords.

Au début de la rencontre, Netanyahu a affirmé que le nouveau gouvernement d’unité « représente tout le monde en Israël ». Il a ensuite mis en garde l’Iran contre toute menace de destruction de l’Etat juif, clamant que les Iraniens « se mettront eux-mêmes en grand danger ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion du cabinet du nouveau gouvernement dans la salle Chagall de la Knesset, à Jérusalem, le 24 mai 2020 (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Cet avertissement a été lancé après une déclaration du guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, qui a dit que la fondation d’Israël avait été « un crime contre l’humanité » sans précédent et répété que l’Etat juif était une « tumeur cancéreuse » qui avait été créée par « les Occidentaux et les propriétaires de corporation juifs ».

Netanyahu a également noté que le nouveau gouvernement continuera à « affronter le péril du coronavirus », ajoutant que « la mission que nous assumons actuellement est essentiellement une mission économique ».

« Avant tout, nous voulons travailler ensemble pour remettre les citoyens au travail. J’ai discuté avec le ministre des Finances à plusieurs reprises la semaine dernière », a-t-il précisé. « Je lui ai donné pour instruction d’augmenter le budget du plan économique à 100 milliards de shekels. »

Ce budget s’élevait précédemment à 80 milliards de shekels.

Sans entrer dans les détails, Netanyahu a promis « d’introduire des programmes qui apporteront des emplois ».

Gantz a également pris la parole lors de cette réunion du cabinet. Faisant référence à la Journée de Jérusalem qui a été marquée la semaine dernière, il a estimé que le gouvernement devait faire en sorte de réparer les fissures apparues au sein de la société israélienne.

Le Premier ministre d’alternance et ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une réunion du cabinet du nouveau gouvernement dans la salle Chagall de la Knesset, à Jérusalem, le 24 mai 2020 (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

« Rien ne symbolise mieux le cœur battant de l’Etat que Jérusalem. Nous devons nous saisir de ce modèle de Jérusalem et réaliser que, parfois, nous devons céder pour permettre la réconciliation et l’unité de la société israélienne », a dit Gantz. « Nous devons faire en sorte d’élargir l’unité et de renforcer la réconciliation. »

Cette rencontre s’est tenue quelques heures avant que Netanyahu n’entre officiellement dans l’Histoire en devenant le premier Premier ministre en exercice à être traduit devant les tribunaux, lorsqu’il paraîtra devant la cour de district de Jérusalem pour une audience où les chefs d’accusation ayant mené à sa mise en examen seront rappelés : Pots-de-vin, fraude et abus de confiance dans un dossier, et fraude et abus de confiance dans deux autres.

Avant l’ouverture du procès, Netanyahu et ses alliés ont éreinté les magistrats, évoquant une comparution devant les juges s’apparentant à une tentative de coup d’Etat, un complot ourdi par la gauche, les médias, la police et par le système de la justice dans son ensemble.

Aucune preuve ne vient soutenir une telle accusation.

Ce procès survient moins d’une semaine après la prestation de serment du nouveau gouvernement – formé de 34 ministres (pour le moment), un triste record – qui a permis de mettre un terme à plus d’un an d’impasse politique suite à la conclusion d’un accord de coalition entre Netanyahu et son principal rival, Benny Gantz, du parti Kakhol lavan.

Gantz avait juré solennellement de ne jamais intégrer un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu tant que ce dernier devrait connaître des déboires judiciaires. Il a ultérieurement fait volte-face, acceptant un accord de partage du pouvoir qui l’amènera à devenir Premier ministre dans 18 mois.

Parmi les priorités qui figuraient à la tête de l’agenda gouvernemental, un vote pour établir un bureau de Premier ministre d’alternance – un nouveau poste créé pour Gantz, qui est également ministre de la Défense, et qui sera occupé plus tard par Netanyahu si et quand l’accord de partage du pouvoir sera mis en oeuvre.

Néanmoins, selon la Douzième chaîne, il n’y a pas de budget disponible pour ces nouveaux bureaux et ministères et il y a des désaccords concernant leur taille.

La réunion du cabinet du nouveau gouvernement organisée salle Chagall, à la Knesset de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Le gouvernement a été très critiqué pour son nombre démesuré de ministres – presque la moitié des législateurs issus de la coalition ont obtenu un poste – et pour le fait que des ministères ont même dû être créés pour qu’il y ait suffisamment de portefeuilles à pourvoir. Un grand nombre de ces fonctions ont été largement considérées comme une faveur politique.

Deux de ces ministères, celui des Ressources de l’eau et celui des Implantations, devaient également faire l’objet d’un vote. Ce dernier a été retiré de l’ordre du jour.

Les ministres vont aussi voter sur les nominations de sept vice-députés. Tous seront issus du Likud et des partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, qui forment le flanc religieux de droite du gouvernement. Tandis que l’accord de coalition permettait aussi à Kakhol lavan et aux formations de son camp de centre-gauche de désigner leurs propres vice-ministres, ces derniers ont fait savoir qu’ils renonçaient à ce privilège.

Il y aura également des votes sur des dossiers liés au coronavirus et sur les voyages scolaires des petits élèves à Jérusalem, selon un agenda qui a été diffusé au public.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...