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Rivlin demande au chef de l’opposition Yaïr Lapid de former un gouvernement

"Il est clairement apparu que le député Lapid avait le plus de chance de former un gouvernement", a déclaré le président. Lapid a reçu 56 recommandations contre 7 pour Bennett

Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, (à gauche) avec le président Reuven rivlin, le 8 juillet 2020. (Yair Lapid/Facebook)
Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, (à gauche) avec le président Reuven rivlin, le 8 juillet 2020. (Yair Lapid/Facebook)

Le président israélien Reuven Rivlin a donné mercredi soir le mandat au chef de l’opposition Yaïr Lapid de tenter de former le prochain gouvernement, après l’échec du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu.

« J’ai parlé avec Yaïr Lapid et je lui ai dit que je lui accordais le mandat de former le gouvernement », a déclaré M. Rivlin lors d’une allocution officielle depuis la présidence à Jérusalem.

Chef de l’opposition, dont la formation Yesh Atid (« Il y a un futur ») est arrivée en second place avec 17 députés aux législatives, les quatrièmes en deux ans, Yaïr Lapid cherche à former un « gouvernement d’union nationale » afin de chasser du pouvoir M. Netanyahu, jugé pour « corruption » et « malversation » dans une série d’affaires.

« Le temps pour un nouveau gouvernement est venu (…) Il s’agit d’une opportunité historique de briser les barrières qui divisent la société israélienne, d’unir les religieux et les laïcs, la gauche, la droite et le centre », a lancé le centriste Lapid cette semaine.

« Un gouvernement d’union n’est pas un compromis ou une solution de dernier recours, mais un but. C’est ce dont nous avons besoin », a commenté mercredi soir M. Lapid.

« Nous avons besoin d’un gouvernement qui reflètera le fait que nous ne nous haïssons pas les uns, les autres; un gouvernement dans lequel la gauche, la droite et le centre travaillerons ensemble pour faire face aux défis économiques et sécuritaires; un gouvernement qui prouvera que nos différences sont une source de force et non de faiblesse », a-t-il ajouté dans un bref communiqué.

Pour tenter de réussir là où Benjamin Netanyahu a échoué, Yaïr Lapid pourrait avoir besoin du soutien non seulement de Naftali Bennett mais aussi de partis arabes.

Le député Avigdor Liberman, dont la formation laïque Yisrael Beytenu fait partie du dit « bloc du changement » anti-Netanyahu, a salué mardi le président Reuven Rivlin pour sa « bonne décision » après la remise du mandat de rassemblement d’une coalition au chef de Yesh Atid, Yair Lapid. « Cela dépend dorénavant de nous » de former un gouvernement, a commenté Liberman sur Twitter, prédisant qu’une coalition « stable » pourrait être mise en place en l’espace d’une semaine.

Bennett, qui aurait préféré participer à un « gouvernement de droite », a assuré mercredi soir ne « ménager aucun effort » pour parvenir à un gouvernement de coalition et éviter de nouvelles élections. « Je ne peux pas promettre que nous parviendrons à former ce gouvernement d’urgence, mais je peux promettre que je vais essayer. Nous ne ménagerons aucun effort pour y parvenir sans toutefois compromettre nos principes et nos idéaux », a-t-il poursuivi.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Le président israélien avait reçu séparément en cours de matinée MM. Lapid et Naftali Bennett (Yamina, 7 sièges), qui lui ont demandé chacun de recevoir le mandat de former le prochain gouvernement, selon des sources des deux camps.

En parallèle, le président avait demandé aux partis de lui soumettre des candidats potentiels.

« Des recommandations reçues il est clairement apparu que le député Lapid avait le plus de chance de former un gouvernement », a déclaré le président israélien. Lapid a récolté 56 recommandations contre sept pour Bennett.

C’est désormais un député issu du parti centriste qui devrait prendre la présidence de la Commission des Arrangements de la Knesset. Ce poste va être assumé par la législatrice Karine Elharrar. Elle remplace à la tête de la commission le parlementaire du Likud Miki Zohar. La Commission des Arrangements, première commission à être formée après un scrutin, contrôle l’agenda législatif du nouveau Parlement jusqu’à la mise en place d’un gouvernement. Alors que l’impasse politique en cours complique la formation d’une coalition, l’influence de la Commission des Arrangements s’est récemment renforcée.

Sur les coups de minuit, le délai accordé à M. Netanyahu à la suite des élections du 23 mars pour former un gouvernement a expiré sans que le Premier ministre sortant ne puisse parvenir à rallier une majorité de 61 députés sur les 120 de la Knesset (le Parlement) en vue d’une coalition gouvernementale.

S’il avait été près d’un accord, M. Netanyahu aurait pu demander une prolongation de deux semaines au mandat de former un gouvernement, mais il ne l’a pas fait, ont indiqué à la fois la présidence et son parti de droite, le Likud.

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