Rivlin : Un autre assassinat politique est ‘possible’ mais je n’ai pas peur
Rechercher

Rivlin : Un autre assassinat politique est ‘possible’ mais je n’ai pas peur

Suite aux menaces de morts proférées après sa condamnation de l'attaque de Duma, le président dit qu'il ne se laissera pas intimider

Le président Reuven Rivlin, le 5 juillet 2015 (Crédit : Mark Neyman / GPO / Flash90)
Le président Reuven Rivlin, le 5 juillet 2015 (Crédit : Mark Neyman / GPO / Flash90)

Le président Reuven Rivlin a déclaré vendredi qu’un autre assassinat politique en Israël – comme l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995 – était « possible », mais qu’il n’avait « vraiment pas peur » des menaces qu’il a reçues en ligne après sa critique acerbe de la société israélienne et ce qui est perçu comme sa tolérance envers l’extrémisme juif.

Rivlin a été particulièrement franc après les attaques de la fin de la semaine dernière qui a entrainé la mort de Shira Banki, 16 ans, tuée après avoir été poignardée par un homme ultra-orthodoxe à la Gay Pride de Jérusalem jeudi dernier, et le décès du bébé, Ali Saad Dawabsha, brûlé vif en Cisjordanie vendredi matin après que des terroristes juifs présumés ont incendié sa maison familiale.

Après avoir condamné l’attaque sur la maison de la famille Dawabsha à Duma et exprimer la honte au sujet du fait que les auteurs présumés étaient des Juifs, Rivlin s’est attiré l’ire de la droite sur les médias sociaux qui souhaitait sa mort et qui a publié des photos et des vidéos de lui le représentant comme un officier nazi.

Le président s’est exprimé lors d’un rassemblement anti-violence à Jérusalem samedi dernier, après les attentats, et a averti que les « flammes de la haine consommaient Israël » et que le problème des extrémistes juifs devaient être taclés de front.

Dans une série d’interviews dans la presse en hébreu vendredi pour marquer le premier anniversaire de sa présidence, Rivlin a déclaré que les attaques en ligne « pouvaient être insultantes et suscitées de la colère ».

Il a ajouté qu’il a été confronté à des « jours difficiles » avec le déluge de haine le visant mais que « sur le plan personnel, je ne suis pas quelqu’un qui va annuler ses plans en raison d’un danger personnel parce que je n’ai vraiment pas peur ».

L’équipe de sécurité de Rivlin a déposé une plainte auprès de la police pour les menaces de mort. Une enquête a également été lancée sur une série de vidéos montrant Rivlin – et le Premier ministre Benjamin Netanyahu – en uniforme de SS.

Le président Reuven Rivlin (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu présentés  comme des nazis par un utilisateur de YouTube (Capture d'écran)
Le président Reuven Rivlin (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu présentés comme des nazis par un utilisateur de YouTube (Capture d’écran)

« Nous sommes au milieu d’une grande fracture », a déclaré Rivlin à Ynet vendredi en référence à l’atmosphère tendue qui existe au sein de la population suite à la vague de crimes de haine. « Tout est possible », a-t-il ajouté, lorsqu’on lui a demandé s’il pensait qu’Israël pourrait assister à un autre assassinat politique.

« Aujourd’hui, il y a ceux qui hallucinent que l’Etat démocratique et juif n’est seulement démocratique que pour les Juifs », a-t-il mis en garde.

« La terreur est la terreur, et la nationalité de la terreur n’a pas d’importance. Il y a une difficulté dans la lutte contre le type de terreur qui est perpétrée par des groupes de juifs radicaux. C’est la terreur de l’intérieur et il est difficile d’amener ces auteurs en justice ; nous avons besoin de créer des outils pour lutter contre ce type de terrorisme », a poursuivi Rivlin.

« Dans ce pays, nous tolérons que l’on cible nos citoyens – ceux qui ne sont pas juifs, [ceux qui sont] arabes, chrétiens ou musulmans. Cela peut nous amener vers une situation où nous pouvons tout perdre. Nous devons faire face à cette situation où les enfants sont tués, ou lorsque nous permettons le sang des autres soit versé, ou si vous avez des gens qui disent ‘mon commandement des croyances religieuses est de brûler, de briser et de détruire’. Nous devons faire face au terrorisme comme au terrorisme, que ce soit la terreur arabe ou la terreur juive », a déclaré Rivlin à Walla News.

Le président a également abordé l’opposition officielle d’Israël à l’accord sur le nucléaire iranien entre les puissances mondiales et Téhéran et les conséquences sur la relation américano-israélienne de l’animosité personnelle qui existe entre Netanyahu et le président américain Barack Obama.

« L’accord avec l’Iran est très grave du point de vue d’Israël, mais je ne voudrais pas m’y référer en employant des tons désastreux. Nous savons comment nous défendre. On n’a pas besoin que l’Iran ait une arme nucléaire pour menacer notre existence. Les 100 000 missiles iraniens pointées sur nous en Syrie et au Liban sont une menace pour nous, et nous prenons cela en compte », a-t-il dit, ajoutant que la levée des sanctions internationales ne ferait que renforcer les capacités terroristes de l’Iran en permettant aux fonds de se retrouver dans les coffres iraniens pour financer plus d’opérations et pour améliorer leurs capacités.

Le président a mis en garde contre « l’isolement croissant » d’Israël dans le monde sur la question de l’Iran ainsi que le conflit israélo-palestinien, même aux États-Unis.

En ce qui concerne les liens entre Netanyahu et Obama, Rivlin a déclaré à Ynet qu’il pense qu’ « ils ont des personnalités très similaires et qu’ils sont capables de frustrer l’autre ».

« Ce n’est pas bon que la frustration soit là au coût des relations américano-israéliennes », a conclu Rivlin.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...