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Roee Neuman interrogé pour avoir menacé un policier qui avait frappé une manifestante

Le leader des manifestations a tweeté qu'il "persécuterait" le policier à cheval ; des manifestants se sont rassemblés devant le commissariat pendant l'interrogatoire

Roee Neuman, leader de la manifestation anti-réforme, s'exprimant après avoir été interrogé par la police, le 10 avril 2023. (Crédit : Capture d'écran de la Douzième chaîne)
Roee Neuman, leader de la manifestation anti-réforme, s'exprimant après avoir été interrogé par la police, le 10 avril 2023. (Crédit : Capture d'écran de la Douzième chaîne)

Roee Neuman, l’un des leaders du mouvement de protestation anti-gouvernement, a été interrogé par la police lundi au sujet d’un message qu’il avait publié sur les réseaux sociaux et dans lequel il semblait menacer de « persécuter » un policier accusé de brutalité.

Sur Twitter, au début du mois d’avril, Neuman avait exprimé sa colère à l’égard d’un officier de la garde montée qui avait frappé une femme avec sa cravache sur l’autoroute Ayalon.

« Le policier restera en prison pendant de nombreuses années [et] après sa libération, nous le persécuterons encore pendant de nombreuses années. Souvenez-vous de ce qui s’est passé aujourd’hui. Cela ne sera ni pardonné ni oublié », avait-il écrit. « Maudits soient ceux qui tentent de nuire à notre protestation démocratique, maudits soient-ils maintenant et pour le reste de leur vie. »

Neuman a été interrogé au poste de police du district de Tel Aviv après que le policier auquel il faisait référence dans son message a déposé une plainte, l’accusant d’avoir proféré des menaces.

Il a été libéré sans condition après l’interrogatoire.

Neuman était accompagné au poste par son avocate, Me Gaby Lasky, qui a accusé la police de perdre son temps avec lui alors qu’il y avait, selon elle, des problèmes bien plus graves à régler.

« Au lieu de lutter contre le terrorisme et de s’occuper des actes de violence et d’incitation dirigés chaque jour contre les manifestants, la police s’en prend à quelqu’un qui poursuit une lutte démocratique pacifique », a déclaré Lasky, ancienne membre de la Knesset, citée par Ynet.

« Il s’agit d’un interrogatoire politique destiné à étouffer la parole et à intimider les critiques du gouvernement. Ce sont des pratiques typiques d’une dictature totalitaire et c’est à cela que ressemblera le pays si la réforme du système judiciaire est adoptée », a ajouté Lasky.

Des manifestants se sont rassemblés devant le poste de police du district de Tel Aviv où Neuman était interrogé. « Il s’agit d’une tentative de réduire au silence les porte-parole des protestataires », peut-on lire dans un message envoyé aux groupes WhatsApp dédiés à l’organisation des manifestations contre la refonte judiciaire.

Naama Lazimi, députée du parti de centre-gauche Avoda, a déclaré qu’enquêter sur l’organisateur d’une manifestation politique relevait de la « persécution politique », ajoutant que la coalition n’était pas, comme elle le prétend, un gouvernement de droite à part entière, mais plutôt un gouvernement « fasciste à part entière ».

La semaine dernière, le policier accusé d’avoir frappé la manifestante, Yaël Reuveni, a présenté ses excuses à la jeune femme de 24 ans. « Il n’était pas dans mon intention de la blesser. Je lui demande pardon. »

Après l’incident, la police a accusé Reuveni d’avoir frappé le cheval à la tête, ce à quoi l’officier a répondu – bien qu’aucune action de ce type n’ait été vue dans les vidéos de l’incident.

Selon les dires de la police, un cheval a été blessé par des manifestants lors de la manifestation contre la refonte, à Tel Aviv, le 1er avril 2023. (Crédit : Police israélienne)

La police a également publié une image d’une blessure du cheval qui, selon elle, aurait été causée par les manifestants.

Des centaines de milliers de personnes manifestent depuis des mois dans tout le pays contre les efforts du gouvernement visant à remanier le système judiciaire et à transférer le pouvoir à l’exécutif, et les protestations se poursuivent malgré la décision de la coalition de suspendre temporairement le processus législatif.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il suspendait la réforme alors que l’opposition s’est intensifiée au cours des dernières semaines, avec des manifestations spontanées de masse qui ont vu des centaines de milliers de personnes affluer dans les rues, suivies d’une grève nationale, après l’annonce du limogeage par le Premier ministre du ministre de la Défense Yoav Gallant, qui avait mis en garde contre les implications des propositions de la coalition en matière de sécurité et appelé à une suspension pour permettre des pourparlers.

Le Premier ministre a indiqué que le « temps mort » durerait jusqu’à la prochaine session de la Knesset, qui commence le 30 avril, ce qui signifie que la pause aura lieu principalement lorsque le Parlement sera de toute façon en congés.

Il a toutefois souligné que la réforme finirait par être adoptée « d’une manière ou d’une autre » et que « l’équilibre perdu » entre les branches du gouvernement serait, selon lui, rétabli.

« Nous n’abandonnerons pas la voie pour laquelle nous avons été élus », a-t-il promis.

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