Rouhani: des effets « en une semaine » si Trump quitte l’accord sur le nucléaire
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Rouhani: des effets « en une semaine » si Trump quitte l’accord sur le nucléaire

Le président iranien se moque de Trump, affirmant que son administration a « échoué à détruire » l'accord de 2015 sur le nucléaire malgré « tant de tweets »

Le président iranien Hassan Rouhani durant une conférence de presse conjointe avec les leaders de Turquie et de Russie lors d'un sommet tripartite sur la Syrie à Ankara, le 4 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)
Le président iranien Hassan Rouhani durant une conférence de presse conjointe avec les leaders de Turquie et de Russie lors d'un sommet tripartite sur la Syrie à Ankara, le 4 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)

Le président iranien a critiqué lundi les Etats-Unis et menacé de relancer immédiatement les efforts nucléaires si Washington renonçait à l’accord entre Téhéran et les puissances mondiales, lors de la « Journée nationale du nucléaire » de l’Iran, dédiée à ses avancées dans la technologie nucléaire.

Hassan Rouhani a déclaré que malgré de nombreuses tentatives, les Etats-Unis ont « échoué à détruire » l’accord historique de 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales.

Rouhani s’est également moqué du président américain Donald Trump, qui a qualifié à plusieurs reprises l’accord nucléaire de « mauvais ». Trump a prolongé les dérogations des sanctions en janvier, mais a refusé de re-certifier l’accord nucléaire.

« Ils ont dépensé énormément d’argent et ont beaucoup parlé, et posté tant de tweets, que le bâtiment a failli s’effondrer », a déclaré Rouhani à propos de l’administration Trump. Son discours a été diffusé en direct sur la télévision d’Etat iranienne.

L’accord sur le nucléaire a freiné le programme controversé d’enrichissement nucléaire de Téhéran en échange d’un allègement des sanctions internationales.

Rouhani a réaffirmé l’engagement de son gouvernement envers l’accord et a déclaré que l’Iran ne serait pas le premier à le violer. Il a également souligné que l’Iran est prêt à revenir rapidement sur la situation avant l’accord, si les Etats-Unis l’abandonnent.

Trump a menacé de revenir sur l’accord nucléaire de 2015 à moins que de nouvelles restrictions ne soient imposées au programme de missiles balistiques de l’Iran et à d’autres activités militaires avant le 12 mai.

« S’ils violent l’accord, ils verront son impact en une semaine ou moins d’une semaine », a déclaré Rouhani.

Le porte-parole de l’Agence atomique iranienne, Behrouz Kamalvandi, a déclaré que si l’accord s’effondrait, l’Iran serait en mesure de relancer le programme d’enrichissement et d’enrichir l’uranium à hauteur de 20 % en deux jours. L’uranium de qualité militaire est enrichi à 90 %.

Rouhani a également dévoilé lundi des dizaines de prétendues réalisations nucléaires de l’Iran, y compris une centrifugeuse pour une utilisation dans l’industrie pétrolière et un spectromètre à laser.

Le président iranien Hassan Rouhani (3° à droite) et son ministre de la Défense Hossein Dehghan (2° à gauche) près du nouveau système de défense anti-missiles Bavar 373 à Téhéran, le 21 août 2016. (Crédit : Présidence iranienne/AFP)

L’Iran se vante souvent de réalisations technologiques impossibles à vérifier de manière indépendante.

Dans son discours, Rouhani a exhorté les pays arabes du Moyen-Orient — dont beaucoup sont des alliés des États-Unis — à cesser de coopérer avec Washington et à se tourner plutôt vers les autres pays.

« Faites confiance aux pouvoirs de votre nation et au pouvoir des nations régionales », a-t-il déclaré. « Restons ensemble. »

Mercredi, Rouhani a déclaré que l’Iran « n’entend [mener] aucune agression » contre ses voisins, mais continuera à produire toutes les armes dont il a besoin pour sa défense.

« Nous disons au monde que nous allons produire toutes les armes dont nous avons besoin, ou si nécessaire, nous nous les procurerons. Nous n’avons pas attendu … et n’attendrons pas vos remarques ou votre accord », a déclaré Rouhani lors du défilé militaire à Téhéran.

« Mais en même temps, nous annonçons aux pays voisins de la région … nous n’avons aucune intention d’agression contre vous », a-t-il ajouté.

Son rival régional, l’Arabie saoudite, accuse l’Iran, patron du Hezbollah et principal partisan de l’homme fort syrien Bashar el-Assad, de chercher à dominer le Moyen-Orient par l’expansion des forces de substitution dans des pays comme la Syrie, l’Irak et le Liban.

L’Iran affirme que ses forces opèrent avec la permission des gouvernements alliés pour combattre les groupes djihadistes et empêcher la désintégration des États.

Rouhani n’a pas semblé faire référence à Israël, que l’Iran considère comme un « régime illégitime » et dont la destruction est une priorité pour les dirigeants islamiques du pays.

Israël a exprimé sa préoccupation face à la présence croissante des forces iraniennes le long de ses frontières, notamment à la suite d’une incursion d’un drone iranien en Israël le mois dernier, et a récemment lancé des frappes aériennes contre des positions iraniennes en Syrie.

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