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Saar tente de faire passer la loi sur les implantations mais craint pour la coalition

"Cette expérience [de coalition] a peut-être fait son temps", a dit le ministre de la Justice, qui maintient qu'il ne siègera pas dans un gouvernement avec Netanyahu

Le ministre de la Justice Gideon Saar dirigeant une réunion de la faction Tikva Hadasha à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Justice Gideon Saar dirigeant une réunion de la faction Tikva Hadasha à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Justice Gideon Saar a semblé donner un sursis à sa coalition chancelante mardi soir, en disant qu’il avait l’intention d’essayer une deuxième fois de faire passer une loi clé qu’il avait précédemment considérée comme une question de vie ou de mort pour le gouvernement.

Cette loi, nécessaire pour continuer à appliquer les dispositions légales israéliennes aux habitants de la Cisjordanie, a échoué lors d’un vote dramatique lundi soir après que certains membres de la coalition ont refusé de la soutenir, un scénario que Saar avait précédemment envisagé comme la fin de la coalition, après un an au pouvoir.

Lors d’interviews accordées journaux télévisés des trois chaînes de télévision, M. Saar aurait néanmoins suggéré que la coalition avait encore une chance de s’en sortir, et il a indiqué qu’il avait l’intention de soumettre le projet de loi à un nouveau vote la semaine prochaine.

« Je présenterai le projet de loi sur la Cisjordanie une fois de plus lors de la prochaine réunion du cabinet », a-t-il déclaré à la chaîne publique Kan, « et je ferai en sorte que la situation soit différente de ce qu’elle était hier ».

Avant le vote, Saar – chef du parti de droite Tikva Hadasha et ancien ministre du Likud – avait déclaré que le rejet d’un tel projet de loi représentait une ligne rouge que le gouvernement ne peut pas franchir.

« Si la coalition ne se ressaisit pas, il y aura des conséquences. Cela met vraiment en danger la poursuite de l’existence du gouvernement », a-t-il déclaré vendredi.

Saar a déclaré mardi que les membres de la coalition qui ont voté contre la proposition de loi – Ghaida Rinawie Zoabi, députée du Meretz, et Mazen Ghanayem, député du Raam – devraient démissionner de leur poste et laisser la place à de nouveaux élus pour les remplacer. Ses commentaires font écho à ceux d’autres membres du gouvernement, mais l’avenir des deux parlementaires en question reste incertain.

La députée Meretz Ghaida Rinawie Zoabi (G) discute avec le député Raam Mazen Ghanayem (D) lors d’une discussion à la Knesset sur un projet de loi visant à renouveler l’application de certaines lois israéliennes aux habitants des implantations, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Tous ceux du Raam et du Meretz qui ont refusé de soutenir la proposition de loi œuvrent activement à faire tomber le gouvernement », a déclaré Saar à Kan.

Saar a déclaré que tant que les partis n’obtiendront pas l’adhésion de leurs membres, « ils ne feront pas partie de la coalition ».

Le blitz médiatique du ministre est intervenu alors que les spéculations allaient bon train sur le fait qu’il pourrait être sur le point de quitter la coalition. Certaines informations ont fait état de discussions présumées entre Saar et le Likud, son ancien foyer politique, en vue de mettre en place un gouvernement alternatif de droite et ultra-orthodoxe sous la direction du leader de l’opposition Benjamin Netanyahu. Saar a nié ces contacts.

Bien qu’il se soit engagé à soumettre le projet de loi à un nouveau vote, Saar a indiqué qu’il comprenait que le gouvernement était peut-être à bout de souffle.

« Je ne peux pas ignorer la possibilité que cette expérience soit arrivée à son terme », a déclaré Saar à la Douzième chaîne, faisant référence à la coalition gouvernementale idéologiquement diverse qui a prêté serment il y a un an. « Si l’aile gauche du gouvernement ne se redresse pas, ce sera le cas ».

Il a ajouté que si le gouvernement actuel ne peut pas adopter la loi renouvelant l’application de la loi israélienne aux habitants des implantations, qu’il a qualifiée de fondamentale pour l’avenir de l’État juif, « il est sur une pente glissante dont l’aboutissement est très clair ».

Saar a réitéré la promesse qu’il avait formulée avant les dernières élections de ne pas rejoindre un futur gouvernement dirigé par Netanyahu. Les actions du Likud mardi, a déclaré Saar – voter contre une loi qu’il soutient juste pour embarrasser le gouvernement actuel – n’ont fait que renforcer sa détermination de rester à l’écart.

« Par le passé, j’ai refusé de siéger avec Netanyahu et je n’ai pas changé d’avis », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne. « Ce qui s’est passé pour le vote sur le projet de loi n’a fait que renforcer mon point de vue. »

En réponse, le Likud a publié une déclaration selon laquelle « le peuple israélien attendait de Gideon Saar qu’il s’en tienne à ce qu’il a dit, à savoir qu’un gouvernement qui ne peut pas adopter de lois sionistes ne peut pas continuer ».

Au lieu de cela, Saar a « continué à maintenir ce gouvernement dangereux sous perfusion », a déclaré le parti.

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