Samuel Mayol, menacé de mort et agressé, est réélu à la tête de l’IUT de Saint-Denis
Rechercher

Samuel Mayol, menacé de mort et agressé, est réélu à la tête de l’IUT de Saint-Denis

Victime de menaces de mort et agressé physiquement, le directeur de l'IUT voit sa réélection comme une "victoire de laïcité"

Samuel Mayol, en 2015, interrogé par ITele, sur l'affaire qui agite l'université Saint-Denis (Crédit: capture d'écran Youtube/ITele)
Samuel Mayol, en 2015, interrogé par ITele, sur l'affaire qui agite l'université Saint-Denis (Crédit: capture d'écran Youtube/ITele)

Samuel Mayol vient d’être réélu à la tête de l’IUT de Saint-Denis à 25 voix sur 27 après 4 ans de tensions et de violences au sein, et à l’extérieur, de l’établissement universitaire.

« Tout avait commencé, peu de temps après ma première élection en 2012, par une confrontation violente avec des individus qui mettaient à mal les principes de laïcité au sein de l’IUT » explique Samuel Mayol au Point.

En 2012, après sa première élection à la tête de l’IUT de Saint-Denis, dépendant de l’université Paris-XIII, des tensions éclatent dans l’établissement. En tout, Samuel Mayol recevra plus de 30 menaces de mort, sera victime d’une agression physique à la sortie d’une réunion franc-maçonnique, et d’insultes antisémites.

Si les circonstances restent floues, Samuel Mayol avancent deux explications. Premièrement des tensions avec Rachid Zouhhad, un ex-camarade, franc-maçon comme lui au Grand-Orient, tous deux encartés au PS, qui multiplie les actions douteuses au sein de l’établissement. Il regrette également l’inaction de la hiérarchie, qu’une enquête diligentée par le ministère de l’Education nationale viendra confirmer.

Manuel Valls, alors Premier ministre, avait publiquement pris parti pour le directeur de l’IUT, comme l’avait fait plus tôt Benoît Hamon, alors ministre de l’Education nationale.

Mayol nommé directeur, Zouhhad lui succède à la tête du département technique de commercialisation. Les évictions se multiplient (toutes les femmes professeurs, le seul à rester en poste est un homme) et Zouhhad embauche des proches à lui, non qualifiés.

« Samuel Mayol ne dit rien, écrivait alors Libération, mais l’idée d’un « clanisme » et d’une « dérive communautariste » autour de Rachid Zouhhad commence à germer dans l’esprit de certains. Une idée renforcée par la découverte, au début de l’année 2014, d’une trentaine de tapis de prière dans une salle de l’IUT ».

L’association L’Ouverture, présidée par un présumé proche de Zouhhad, avait été interdite quelques mois plus tôt par Samuel Mayol car elle distribuait des sandwichs hallals dans l’établissement. Les premières menaces arrivent sous forme d’un SMS « sachez que l’Ouverture retiendra ce que vous faîtes ».

Quelques mois plus tard d’autres menaces ciblent Mayol : « C’est bientôt la fin, tu vas mourir, on t’avait prévenu. » Parmi les menaces, il reçoit sa photo avec écrit « mort » sur son front.

Et puis, un soir qu’il sort d’une réunion dans sa loge maçonnique deux individus, connaissant vraisemblablement ses habitudes, lui tombent dessus et le rouent de coups.

Six professeurs proches de Mayol reçoivent également des messages d’insultes ou de menaces : « Toi aussi, tu vas tomber, tu roules pour les juifs », a par exemple reçu une enseignante. « Des croix gammées et des étoiles de David ont par ailleurs été taguées sur sa porte, » précisent Libération.

Aujourd’hui, Samuel Mayol voit sa réélection comme « une victoire de laïcité ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...