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Scandale Pegasus : L’enquête interne de la police livre ses premières conclusions

Seule une personne sur les 26 qui auraient été espionnées a vu son téléphone piraté, avec l'assentiment d'un juge, selon l'enquête ; Bennett réclame un nouvel examen du dossier

Le Premier ministre Naftali Bennett s'entretient avec le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev pendant une discussion et un vote sur "la loi de citoyenneté" au parlement israélien de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'entretient avec le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev pendant une discussion et un vote sur "la loi de citoyenneté" au parlement israélien de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une enquête interne consacrée aux accusations lancées contre la police – qui aurait illégalement infiltré les téléphones de citoyens israéliens – a déterminé que seulement trois personnes citées dans un article qui avait révélé ces piratages présumés auraient, en fin de compte, été prises pour cible, selon les résultats de l’enquête qui ont été présentés mardi au Premier ministre Naftali Bennett.

Cette enquête policière, qui a été partagée avec Bennett par le biais du ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, a établi que seulement trois des 26 personnes citées dans un article du quotidien économique Calcalist, qui avait révélé l’affaire, avaient été espionnées à l’aide du logiciel espion Pegasus développé par NSO Group. Par ailleurs, selon l’enquête, la police ne serait parvenue à pirater qu’un seul téléphone.

Selon la Douzième chaîne, un tribunal avait approuvé l’utilisation d’un logiciel-espion dans les trois cas.

Il est difficile de dire pour le moment quelles sont les identités des trois personnes qui ont été espionnées et quel téléphone les forces de l’ordre ont réussi à pirater. Calcalist, qui n’a cité aucune source ni aucun élément de preuve, avait fait savoir, lundi, que le logiciel avait été utilisé sans la supervision judiciaire nécessaire et obligatoire contre d’importantes personnalités du gouvernement, des maires, des activistes, des journalistes, la famille de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu et les conseillers de ce dernier.

Une personne tient un téléphone avec le logo de NSO en arrière-plan, à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’enquête de la police n’a pas précisé si elle avait examiné la possibilité que d’autres logiciels espion du même type aient été utilisés pour pirater les téléphones des hauts-responsables.

Barlev a présenté les résultats de l’enquête à Bennett pendant une réunion à laquelle d’importants officiels du gouvernement ont assisté. Cette entrevue a été organisée pour discuter des accusations et pour réfléchir à la création d’une commission d’enquête d’État – ce qui nécessite l’approbation unanime du cabinet. Le ministre de la Justice Gideon Saar était également présent, aux côtés de la nouvelle procureure-générale Gali Baharav-Miara et de son adjoint, Amit Marari, qui est à la tête d’une commission d’investigations qui a d’ores et déjà été mise en place pour examiner ces accusations de piratage.

« Avant qu’une décision ne soit prise sur les mécanismes d’enquête à mettre en œuvre dans ce dossier, le Premier ministre a demandé d’enquêter encore sur les 26 noms qui sont mentionnés dans l’article de Calcalist », a indiqué un communiqué du bureau de Bennett.

Le communiqué a ajouté que l’équipe de Marari mènerait donc « des investigations minutieuses » dans les prochains jours, en collaboration avec des représentants des agences du Shin Bet et du Mossad.

Une décision sur « une nouvelle prise en charge du dossier » ne sera prise qu’à l’issue de la présentation des conclusions de cette enquête particulière, selon le bureau du Premier ministre.

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