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Selon les chefs d’entreprise, la réforme judiciaire nuit déjà à l’économie

Ils ont demandé à des membres du Likud le gel de la réforme pour trouver un compromis. Selon le député Likud Bitan, il faut tout stopper et trouver un accord au sein du parti

"Sans démocratie, il n’y a pas de haute technologie", "Même sans ChatGPT, nous savons que vous avez tort" et "Pas de liberté, pas de haute technologie" -- les travailleurs du secteur de la Tech manifestent contre la réforme judiciaire, à Tel-Aviv, le 24 janvier 2023 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
"Sans démocratie, il n’y a pas de haute technologie", "Même sans ChatGPT, nous savons que vous avez tort" et "Pas de liberté, pas de haute technologie" -- les travailleurs du secteur de la Tech manifestent contre la réforme judiciaire, à Tel-Aviv, le 24 janvier 2023 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les membres d’un groupe composé de dizaines de capitaines d’industrie se sont entretenus, samedi soir, avec quatre députés du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, afin de les alerter sur le fait que les dégâts économiques causés par le projet de réforme judiciaire se faisaient déjà sentir.

Du côté du Likud, ont pris part à cette réunion avec les membres du Forum des affaires les députés David Bitan, Hanoch Milwidsky, Eli Dellal et Shalom Danino.

Le forum est dirigé par Harel Wiesel, propriétaire du groupe de mode Fox.

Lors de cet entretien, les membres du forum ont expliqué que les dommages économiques causés par la réforme judiciaire étaient déjà bien palpables, comme l’avaient prédit de nombreux responsables, experts et critiques du projet.

Selon des informations publiées par les médias israéliens dimanche, ils auraient également exprimé leurs préoccupations au sujet du clivage grandissant sur la question, au sein de la population.

Les députés présents les auraient écoutés avec attention.

La coalition de Netanyahu, ensemble de partis ultranationalistes et ultra-orthodoxes, a proposé un projet destiné à affaiblir la Cour suprême et à donner au gouvernement le plein contrôle sur la nomination des juges.

Elle assure que ce projet est attendu depuis longtemps pour contraindre ce qu’elle considère comme une influence démesurée de juges non élus.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre de la Justice Yariv Levin lors d’une discussion et d’un vote à la Knesset, à Jérusalem, le 6 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les opposants à la réforme estiment pour leur part que le projet de loi aura pour effet de mettre à bas le fragile système de contrepouvoirs d’Israël en concentrant le pouvoir entre les mains de Netanyahu et de sa majorité parlementaire.

Ils considèrent également que la réforme est une tentative de Netanyahu, toujours jugé pour corruption, d’échapper à la justice.

Des centaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue ces deux derniers mois pour manifester contre cette réforme radicale.

Nombre de chefs d’entreprise, économistes nobellisés et autres éminents responsables de la sécurité se sont prononcés contre la réforme ; des réservistes ont menacé de ne pas répondre aux appels à l’entrainement et des alliés parmi les plus proches d’Israël, États-Unis y compris, ont demandé à Netanyahu de ralentir la cadence.

Les efforts du président Isaac Herzog pour parvenir à un compromis n’ont pas porté leurs fruits.

Président de la commission des Affaires économiques de la Knesset, Bitan a déclaré dimanche à Radio 103FM qu’il pensait qu’il était temps pour le Premier ministre « de geler le processus législatif ».

Netanyahu, a-t-il dit, n’a jusqu’à présent pas touché au processus législatif « de crainte que le gouvernement ne tombe ».

Il a assuré que le Premier ministre tentait de parvenir à un compromis avec l’opposition.

Bitan a ajouté que le projet, dont des éléments clés doivent faire l’objet d’un vote à la Knesset cette semaine, devrait être gelé pendant une durée déterminée « afin qu’il soit possible de parler, à l’intérieur comme à l’extérieur du Likud ».

Il a reproché au ministre de la Justice Yariv Levin, fer de lance de la réforme, de ne pas avoir suffisamment discuté de la question avec les membres de son propre parti et l’a invité à « s’asseoir avec nous » et pas seulement avec les dirigeants des partis de coalition.

David Bitan, président de la commission économique de la Knesset, dirige une audience de la commission, le 16 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bitan a déclaré que les députés du Likud soutiendraient la réforme quoi qu’il arrive, mais « nous voulons que [Levin] parle également avec nous et prenne en compte notre opinion ».

Le Business Forum 40 regroupe les dirigeants des plus grandes entreprises et banques du pays.

La semaine passée, ses représentants se sont entretenus avec Herzog et, ces dernières semaines, ils se sont entretenus avec les ministres des Finances, de l’Économie et de l’Éducation, ainsi qu’avec les dirigeants des partis d’opposition Yair Lapid (Yesh Atid) et Benny Gantz (Kakhol lavan).

Les dirigeants des partis membres de la coalition doivent se réunir dimanche soir pour évoquer l’assouplissement des réformes judiciaires, mais les députés de l’opposition ont d’ores et déjà qualifié cet événement de « vaste blague ».

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