Sept Arabes inculpés pour meurtre et terrorisme après la mort d’un Juif à Lod
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Sept Arabes inculpés pour meurtre et terrorisme après la mort d’un Juif à Lod

Cinq accusés sont des résidents de la ville, deux sont des Palestiniens de Cisjordanie entrés illégalement dans le pays ; tous auraient voulu "instiller la peur"

Yigal Yehoshua, 56 ans, est mort après avoir été frappé à la tête par une brique alors qu'il rentrait chez lui en voiture à Lod. (Courtoisie)
Yigal Yehoshua, 56 ans, est mort après avoir été frappé à la tête par une brique alors qu'il rentrait chez lui en voiture à Lod. (Courtoisie)

Sept hommes accusés d’avoir caillassé la voiture de Yigal Yehoshuah à Lod, une ville du centre d’Israël, le mois dernier, le blessant grièvement à la tête, une blessure qui a entraîné sa mort, ont été mis en examen pour meurtre, terrorisme et racisme.

L’incident est survenu pendant les émeutes violentes qui ont opposé Juifs et Arabes dans le pays.

Cinq des personnes qui ont été ainsi inculpées par la Cour centrale de district sont des Arabes israéliens et deux autres sont des Palestiniens illégalement entrés sur le territoire à ce moment-là.

Ces cinq Arabes israéliens sont des résidents de Lod : il s’agit de Yusef al-Qadhayim, 21 ans ; de Walid al-Qadhayim, 25 ans ; de Karim Bahlul, 18 ans ; d’Iyad Marahla, 20 ans ; de Haled Hassouna, 51 ans. Les habitants de Cisjordanie ont été identifiés comme étant Ahad Danun, 25 ans, et Kamel Deif Alla, 21 ans.

Tous ont été mis en examen pour meurtre avec circonstances aggravantes dans un acte de terrorisme en réunion. Ils se seraient ainsi rassemblés pour jeter des pierres dans le cadre d’un acte terroriste mené contre un véhicule et auraient délibérément endommagé un véhicule, sur la base d’un mobile raciste.

De plus, six devront répondre d’obstruction à la justice en réunion pour avoir tenté, entre autres, d’effacer les images de l’incident, filmé par les caméras de surveillance.

Les procureurs ont expliqué que les accusés ont agi « sur la base de motivations nationalistes et idéologiques, avec pour objectif d’instiller la peur et la panique dans le public, à un moment où le risque d’attenter gravement à l’intégrité physique était réel ».

Ils ont demandé que les accusés restent en détention jusqu’à la fin de la procédure.

L’attaque meurtrière qui a tué Yehoshua, un habitant de Lod âgé de 56 ans, est survenue dans un contexte d’émeutes violentes dans tout le pays entre Juifs et Arabes israéliens, avec de multiples agressions intercommunautaires.

Une voiture de police en feu à Lod, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Selon l’acte de mise en examen, en date du 11 mai, de jeunes Arabes sont arrivés dans une zone industrielle du nord de Lod, où ils ont mis le feu à des objets non-identifiés et bloqué des routes, obligeant la circulation à ralentir.

Lorsqu’ils avaient identifié les occupants des voitures en circulation comme étant des Juifs, ils avaient caillassé les véhicules, ont noté les procureurs. Les accusés s’en étaient pris à la voiture de Yehoshuah et une pierre avait traversé la fenêtre, le touchant et le blessant grièvement à la tête.

Yehoshua avait garé son véhicule pendant quelques instants à proximité du lieu de l’agression. Il avait ensuite conduit jusqu’au parking situé aux abords de sa maison, où il était entré en collision avec une voiture en stationnement alors qu’il tentait de se garer – apparemment à cause de ses blessures. Évacué précipitamment vers un hôpital, il est mort six jours plus tard.

Certains des accusés ont encore caillassé des voitures conduites par des Juifs deux jours après l’incident, les émeutes ayant continué à agiter la municipalité, ont écrit les procureurs.

Presque tous les accusés ont fait des aveux pendant l’interrogatoire mené par le Shin Bet et ils ont participé à une reconstitution des événements sur les lieux, a expliqué Haaretz.

Ce sont les caméras de surveillance qui ont permis de les identifier tandis qu’un système GPS, dans la voiture de Yehoshua, a permis de recueillir des informations précises sur l’heure et la localisation de l’incident. Même si la police est en possession de la pierre qui a frappé Yehoshua, aucune preuve ADN n’a permis de la lier aux accusés, a précisé le journal.

La famille de certains des mis en cause affirment que les accusés ont fait leurs aveux après des heures d’interrogatoire où ils auraient été attachés à leurs chaises et que les suspects ne sont nullement impliqués dans le meurtre, a continué l’article.

Au début de la semaine, la police avait révélé que huit personnes avaient été arrêtées en lien avec la mort de Yehoshua.

Ces hommes avaient été appréhendés au cours des dernières semaines dans des opérations conjointement menées par le Shin Bet et la police israélienne, selon un communiqué transmis à l’époque par les deux organisations.

Muhammad Hassouna, 33 ans, le huitième homme, n’a pas été mis en examen.

Une vidéo diffusée par la police israélienne (ci-dessus) a montré le déroulement de l’attaque : la voiture de Yehoshua ralentit d’abord en raison d’objets non-identifiés en feu sur le bord de la route, avant d’être prise pour cible par des jets de pierres et de briques. L’homme s’éloigne ensuite en voiture, il se gare sur son parking et heurte la voiture garée. D’autres séquences filmées montrent certains des suspects tentant apparemment d’effacer les enregistrements des caméras de sécurité de cette nuit-là.

Après sa mort, la famille de Yehoshua a décidé de faire don de ses organes. Son cœur, ses poumons, son foie et ses reins ont été donnés à des malades. C’est Randa Aweis, une Arabe israélienne chrétienne de 58 ans de Jérusalem, qui a bénéficié de la greffe de rein.

Les procureurs ont aussi inculpé, jeudi, trois suspects qui sont accusés d’avoir attaqué Mor Janashvili et de l’avoir grièvement blessé pendant les émeutes qui ont secoué la ville d’Akko, dans le nord du pays, en date également du 12 mai.

Mor Janashvili à l’hôpital peu après son agression. (Autorisation : Mor Janashvili)

Lacusi Abbas a été inculpé pour tentative de meurtre dans le cadre d’un acte de terrorisme, pour terrorisme par caillassage de véhicule, pour dommages volontaires sur un véhicule sur la base d’un mobile raciste et pour participation à des émeutes.

Adam Bashir, de son côté, a été mis en examen pour avoir intentionnellement causé une blessure grave dans le cadre d’un acte terroriste et pour avoir participé à des émeutes. Bilal Hiluani est pour sa part mis en cause pour participation à des émeutes.

Selon l’acte de mise en examen, les jeunes, dont le visage était recouvert, avaient dressé des barrages sur les routes de la ville et avaient jeté des pierres sur le véhicule de la police qui transportait le canon à eau que les agents voulaient utiliser pour disperser les personnes présentes.

Quand la voiture de Janashvili était passée devant eux, ils avaient caillassé l’habitacle et une pierre avait brisé le pare-brise. Janashvili avait alors perdu le contrôle de la voiture et avait fini sa course dans un mur, touchant également un jeune Arabe présent.

Hiluani était alors allé voir les jeunes des bandes rassemblées sur les lieux en leur criant que l’adolescent arabe qui avait été renversé par le véhicule était mort – alors qu’il était vivant et qu’il avait été capable de se relever, aidé par d’autres, rapportent les procureurs dans l’acte d’inculpation.

Janashvili était sorti de sa voiture mais avait été violemment agressé par les émeutiers avant de parvenir à s’échapper. Ses agresseurs avaient été stoppés dans leur attaque par un sheikh local, qui leur avait demandé de s’arrêter, et il avait été sauvé par un infirmier arabe sui se trouvait là. Les deux hommes devaient ensuite se rencontrer une nouvelle fois à l’hôpital au cours de retrouvailles émouvantes.

La voiture de Janashvili avait ensuite été incendiée, puis détruite.

Il y a eu des émeutes massives, le mois dernier, dans un grand nombre de villes israéliennes dites « mixtes » – où se côtoient Arabes et Juifs – pendant le conflit de onze jours qui a opposé Israël et le Hamas à Gaza. Même si elles ne sont pas sans précédent, ces violences interethniques ont été parmi les pires connues par l’État d’Israël depuis sa fondation et elles ont fait apparaître à la surface les tensions de longue haleine qui persistent entre Juifs et Arabes israéliens dans le pays.

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