Serge Klarsfeld : Faurisson a « involontairement » aidé au travail de mémoire
Rechercher

Serge Klarsfeld : Faurisson a « involontairement » aidé au travail de mémoire

Les négationnistes "ont fait comprendre au monde juif et au monde scientifique qu'il fallait un grand travail universitaire à travers le monde occidental," affirme l'historien

Serge Klarsfeld (Capture d'écran YouTube)
Serge Klarsfeld (Capture d'écran YouTube)

Paradoxalement pour Serge Klasefeld, réagissant après l’annonce de la mort de Robert Faurisson, le négationniste a « rendu un grand service involontairement » en permettant que la Shoah soit « l’un des évènements les mieux connus du monde ».

« Il était un des pionniers du négationnisme. Ce qu’il écrivait était pour moi répulsif, agaçant, douloureux », a déclaré à l’AFP l’historien de la déportation à propos de Robert Faurisson, mort dimanche soir à l’âge de 89 ans à son domicile de Vichy.

« Les négationnistes ont rendu un grand service involontairement : ils ont fait comprendre au monde juif et au monde scientifique qu’il fallait un grand travail universitaire à travers le monde occidental pour pouvoir écrire chaque page de la Shoah d’une façon très précise », a ajouté le président de l’association des Fils et filles des déportés juifs de France.

Pour l’inlassable militant de la connaissance de la Shoah, « l’aiguillon qu’a constitué l’ignoble littérature a permis que « la Shoah soit un des évènements les mieux connus du monde ».

Ce 27 février 1998, le négationniste Robert Faurisson arrive au tribunal de Paris pour témoigner en faveur de Roger Garaudy, autre négationniste, décédé en 2012. (Crédit: MICHEL GANGNE / AFP)

« Le résultat du négationnisme, c’est qu’il y a des dizaines de centres sur la Shoah à travers le monde (…), où des centaines de millions de documents sont rassemblés », a développé Serge Klarsfled, évoquant les nombreuses thèses ou encore les milliers de publications sur le sujet.

Serge Klarsfeld et son épouse Beate sont surnommés les « chasseurs de nazis » pour leur apport fondamental dans les procès de Klaus Barbie et de Maurice Papon.

Le négationnisme n’est pas pour autant neutralisé s’inquiète l’historienne spécialisée dans le négationnisme de la Shoah, Stéphanie Share : « le schema argumentatif de Faurisson et des autres négationnistes est hélas toujours utilisé pour nier d’autres génocides, même si les nombreuses réfutations contre leurs arguments ont été convaincantes ».

« Le négationniste Robert Faurisson est mort mais ses ‘thèses’ immondes vivent encore. Le combat pour la vérité historique continue face aux faussaires de l’Histoire », a de son côté réagi la Fondation pour la mémoire de la Shoah sur Twitter.

Sur Twitter également, le président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) Alain Jakubowicz a réagi en écrivant : « Faurisson n’est plus. Il ne restera qu’un point de détail de l’Histoire ».

Joint par l’AFP, M. Jakubowicz a ajouté : « On a vaincu le négationnisme. On l’a même éradiqué dans la jeunesse. Il ne reste que des indécrottables antisémites pour qui c’est une thèse idéologique, mais on a vaincu le négationnisme. C’est 30 ans de combat ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...