Session extraordinaire à la Knesset sur la loi de l’Etat-nation
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Session extraordinaire à la Knesset sur la loi de l’Etat-nation

Cette convocation été décidée à la demande de 52 députés d'opposition alors que le Parlement a achevé sa session d'été jeudi dernier

Vue générale de la salle des séances plénières lors d'une cérémonie de prestation de serment pour la 20e Knesset le 31 mars 2015. (Miriam Alster/Flash90)
Vue générale de la salle des séances plénières lors d'une cérémonie de prestation de serment pour la 20e Knesset le 31 mars 2015. (Miriam Alster/Flash90)

Le Parlement israélien est convoqué le 8 août pour une séance extraordinaire sur la loi controversée définissant Israël comme l’Etat-nation du peuple juif, accusée de porter atteinte aux droits des minorités, a annoncé mardi la Knesset.

Cette convocation été décidée à la demande de 52 députés d’opposition (sur un total de 120) alors que le Parlement a achevé sa session d’été jeudi dernier.

La loi sur l’Etat-nation adoptée le 19 juillet avec le soutien du Premier ministre Benjamin Netanyahu, déclare que l’établissement de « localités juives relève de l’intérêt national », confère aux juifs le droit « unique » à l’auto-détermination en Israël et proclame que l’hébreu est la seule langue officielle d’Israël alors que l’arabe n’aura qu’un statut « spécial » qui n’a pas été défini.

Cette loi fait partie des lois fondamentales qui font office de Constitution en Israël.

Les débats au cours de la séance extraordinaire seront centrés sur « la loi de la nationalité et ses atteintes aux valeurs d’égalité et de démocratie », ont indiqué les députés d’opposition.

Le Parlement peut être convoqué en dehors des sessions normales à la demande d’au moins 25 députés. Mais aucun vote ne peut avoir lieu durant une séance extraordinaire.

Le président de la Commission des affaires étrangères et de la sécurité, le député Likud Avi Dichter, dirige une réunion de la commission à la Knesset, le 30 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Avi Dichter, rapporteur de la loi et député du Likud, le parti de droite de Netanyahu, a exclu mardi à la radio militaire tout changement de ce texte dénoncé comme « raciste » par les députés arabes d’opposition et critiqué par les dirigeants druzes.

Les membres de cette communauté sont astreints au service militaire, comme les autres citoyens israéliens. Les Arabes israéliens, qui représentent 17,5 % de la population, n’y sont eux pas contraints.

« Je ne vois aucune raison de modifier cette loi fondamentale pour tenir compte de la communauté druze », qui compte 130 000 personnes, a affirmé Avi Dichter. Ce député s’est déclaré partisan du vote d’une loi ordinaire séparée fixant le statut des druzes.

Selon les médias, le président Reuven Rivlin, détenteur de pouvoirs essentiellement symboliques, a affirmé lundi lors d’une rencontre avec des élus arabes israéliens, qu’il avait l’intention de signer le texte de la loi en arabe, pour exprimer son opposition. Interrogée par l’AFP, une porte-parole a refusé de confirmer.

Avi Dichter a pour sa part souligné que le président doit signer le texte de la loi en hébreu, la langue officielle d’Israël. « Mais libre à lui d’ajouter une mention en arabe s’il le souhaite », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, huit anciens chefs de la police, trois ex-chefs d’état-major de l’armée et des dizaines d’officiers supérieurs retraités ont signé deux pétitions pour dénoncer cette loi et la discrimination visant la communauté druze.

Selon un sondage mené par l’institut Israel Democracy, 46 % des Israéliens se déclarent favorables à cette loi dont 52,3 % de juifs. Ce sondage a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 600 personnes avec une marge d’erreur de 4,1 %.

Dimanche, Netanyahu a affirmé que l’égalité pour les non-juifs était assurée par des lois votées précédemment.

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