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Shai met en garde contre une « détérioration » du statu quo sur le Mont du Temple

Le ministre de la Diaspora affirme que de plus en plus de Juifs se rendent sur le lieu saint et que certains y prient, ce qui contribue à l'escalade des violences

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Le ministre de la Diaspora, Nachman Shai, a déclaré samedi que le délicat statu quo sur le Mont du Temple de Jérusalem se détériorait parce que de plus en plus de Juifs accédaient au lieu saint, et a averti qu’il y aurait de lourdes conséquences.

« Il y a beaucoup plus de Juifs qui se rendent sur le Mont du Temple. Certains s’arrêtent en chemin et prient, ce qui était interdit », a déclaré Shai au radiodiffuseur public Kan.

« Il y a une certaine escalade, une certaine dégradation du statu-quo. Ils ont ouvert le Mont, et laissé de plus en plus de Juifs s’y rendre », a déclaré Shai.

« Le prix que nous paierons plus tard, nous tous, sera énorme », a-t-il ajouté.

C’est à la fois le lieu le plus sacré du judaïsme en tant que site des temples bibliques et le troisième lieu le plus sacré de l’islam, du fait de la présence de la mosquée Al-Aqsa, au sommet du mont du Temple.

Dans le cadre du statu quo, les Juifs sont autorisés à visiter l’enceinte, mais pas à prier ni à y accomplir des rituels religieux.

Le député Nachman Shai vu à la Knesset à Jérusalem, le 20 juin 2016. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

Ces dernières années, certains extrémistes juifs ont fait pression pour autoriser la prière juive sur le site, dans un mouvement qui a gagné du terrain. Par le passé, la police excluait toute personne soupçonnée de prier, mais ces derniers temps, elle a discrètement autorisé la pratique de certains cultes juifs sur le site de la Vieille Ville de Jérusalem.

Les Juifs sont également de plus en plus nombreux à se rendre sur le site. La semaine dernière, à l’occasion de la fête de Pessah, on a enregistré un nombre record de 4 600 visiteurs juifs.

L’importance religieuse du site en fait une zone sensible, particulièrement ces dernières semaines, et l’épicentre émotionnel du conflit israélo-palestinien. Les affrontements au mont du Temple peuvent faire boule de neige et ouvrir la voie à des violences de nature plus graves. L’action de la police pour réprimer les émeutes, l’an dernier, avait été l’un des éléments déclencheurs de la guerre de onze jours à Gaza en mai 2021.

Le Mont du Temple et Jérusalem ont été une poudrière ce mois-ci, car Pessah a coïncidé avec le mois sacré musulman du Ramadan, qui est généralement une période de haute tension. Ces dernières semaines, la police a affronté à plusieurs reprises des émeutiers palestiniens sur le site.

Le Hamas et d’autres groupes terroristes basés à Gaza ont évoqué à plusieurs reprises le mont du Temple comme ligne rouge absolue et, la semaine dernière, ont appelé à des violences sur le site-même.

Les tensions sur le Mont du Temple ont également mis à mal les liens d’Israël avec ses alliés arabes, qui ont exigé la fin de la prière juive sur ce site.

Ces dernières semaines, Jérusalem a cherché à souligner son attachement au statu quo, alors que les Palestiniens et leurs partisans dans le monde arabe accusent Israël de le violer et de chercher à « diviser » le complexe de la mosquée Al-Aqsa.

Des Palestiniens scandent des slogans et agitent des drapeaux du Hamas après la prière du vendredi, pendant le mois sacré du Ramadan, quelques heures après que la police israélienne a affronté des manifestants sur le Mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit: AP Photo/Mahmoud Illean)

La police israélienne est entrée dans l’enceinte à plusieurs reprises au cours de la semaine dernière afin d’étouffer les émeutes palestiniennes. La vague de violence la plus intense a eu lieu vendredi dernier, après que la police a déclaré que les Palestiniens avaient lancé des pierres qu’ils avaient stockées à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa vers le mur Occidental, en contrebas. La police est entrée en force et a affronté des dizaines de Palestiniens peu après les prières de l’aube. Plus de 150 Palestiniens ont été blessés et quelque 400 ont été arrêtés lors des émeutes qui ont suivi. Les affrontements se sont poursuivis presque quotidiennement depuis.

Jeudi était le dernier jour où les visiteurs juifs étaient autorisés à accéder au Mont du Temple jusqu’à la fin du Ramadan le 2 mai. La politique d’interdiction des visiteurs juifs les 10 derniers jours du Ramadan est la norme depuis des années, car la fin du mois sacré entraine une augmentation significative de l’afflux de fidèles musulmans sur le site.

Au début du mois, des extrémistes juifs ont appelé à la réalisation d’un sacrifice de Pessah sur le Mont du Temple, ce qui a excédé les Palestiniens et suscité des menaces de la part de groupes terroristes. Le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett a exclu la possibilité de tout sacrifice et procédé à plusieurs arrestations.

Israël a étendu sa souveraineté au Mont du Temple et à Jérusalem-Est après avoir capturé la zone à ses occupants jordaniens lors de la guerre de 1967, mais a permis au Waqf jordanien de continuer à administrer le Mont, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif.

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