Shaked dit ne pas pouvoir aider les avocats de Netanyahu dans l’Affaire 4 000
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Shaked dit ne pas pouvoir aider les avocats de Netanyahu dans l’Affaire 4 000

Le Likud a protesté après que la ministre de la Justice a affirmé ne pas pouvoir approuver une demande de documents qui, selon le parti, innocenteraient le Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec sa ministre de la Justice, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec sa ministre de la Justice, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a rejeté mardi une requête déposée par l’équipe de défense du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui lui demandait son aide pour obtenir des documents liés à une enquête de corruption impliquant le Premier ministre.

La télévision israélienne a fait savoir lundi que l’avocat Navot Tel-Zur avait réclamé dans un courrier l’intervention urgente de Shaked pour la mise à disposition de documents liés à l’Affaire 4 000 au profit de la défense de Netanyahu.

Tel-Zur a expliqué qu’ils aideraient à prouver qu’il n’y avait pas eu de malversations dans les accords passés entre son client et Shaul Elovitch, actionnaire principal de Bezeq.

« J’ai transmis la lettre au procureur général auquel elle aurait du être envoyée dès le départ », aurait déclaré Shaked, selon la Douzième chaîne.

« Tout le monde sait que le ministère de la Justice ne peut pas intervenir. Cela n’entre pas dans le cadre de mon autorité », a-t-elle affirmé.

La ministre a précisé avoir demandé au procureur général Avichai Mandelblit de répondre dans les meilleurs délais aux avocats de Netanyahu.

Le procureur-général Avichai Mandelblit, à gauche, et la ministre de la Justice Ayelet Shaked lors d’une cérémonie à Jérusalem, le 13 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti du Likud du Premier ministre, qui ne cesse de clamer que Netanyahu n’a pas bénéficié d’un traitement équitable de la part des enquêteurs dans ces dossiers, a fait part de sa « sidération » devant le refus opposé par Shaked.

« Après ne pas avoir permis au Premier ministre Netanyahu de se confronter aux témoins qui l’accusent et après l’avoir privé du droit fondamental de financer sa défense [avec l’argent de donateurs] pour lutter contre les sommes considérables engagées contre lui par la police et les procureurs avec des fonds des contribuables, on refuse maintenant de publier des documents officiels du ministère de la Justice qui ne sont pas un matériel de l’enquête et qui aident à réfuter les accusations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu », a écrit le parti sur sa page Twitter.

La ministre a riposté, en disant « c’est la vérité. Assez de manipulations ».

Shaked est la numéro deux du parti HaYamin HaHadash, qui affronte actuellement Netanyahu dans une bataille de conquête des électeurs de droite en vue des élections du 9 avril.

Dans son courrier, Tel-Zur clame que les documents en question comprennent des échanges datant des années 2016 et 2017 entre des responsables du ministère de la Justice et le contrôleur de l’Etat, dans lesquels le ministère déclare que les actions de Netanyahu sont toutes sans ambiguïté et que les décisions n’ont été prises qu’après consultation avec les autorités légales pour garantir l’absence de conflits d’intérêt.

Navot Tel-Zur à la Cour suprême de Jérusalem le 9 février 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans l’Affaire 4 000, Netanyahu est soupçonné d’avoir soutenu des décisions en termes de régulation, alors qu’il était ministre des Communications et Premier ministre, qui avaient bénéficié à Elovitch, actionnaire principal de la plus importante firme de télécommunications de l’Etat juif et propriétaire du site d’information Walla, en échange d’une couverture positive de ses actions sur le site, de 2015 à 2017.

Insistant sur le fait qu’il n’a rien fait de répréhensible, Netanyahu ne cesse de répéter que les médias, l’opposition et la police ont lancé une « chasse aux sorcières » à son encontre, poussant un procureur général « faible » à l’inculper dans les affaires de corruption.

Mandelblit devrait annoncer dans les prochains jours s’il a l’intention d’inculper Netanyahu, sous réserve d’auditions. Le processus pourrait durer jusqu’à un an.

Netanyahu est également soupçonné dans deux enquêtes pour corruption, appelée l’Affaire 1 000 et l’Affaire 2 000.

Dans l’Affaire 1 000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu des cadeaux pour un montant de plusieurs centaines de milliers de shekels de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, un Israélien, et de James Packer, magnat australien des casinos. Parmi ces cadeaux, du champagne, des cigares, des vols en avion et des chambres d’hôtel.

L’Affaire 2 000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de son action polititque.

Dimanche, le contrôleur de l’Etat a rejeté pour la deuxième fois une demande soumise par Netanyahu de financer sa défense dans les dossiers de corruption grâce au financement de riches conseillers, notamment de son cousin.

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