Sharansky se rend à la synagogue réformée vandalisée de Raanana
Rechercher

Sharansky se rend à la synagogue réformée vandalisée de Raanana

Le président de l’Agence juive a rencontré des représentants de la synagogue et du mouvement réformé israélien à la synagogue Kehilat Raanan

Le président de l'Agence juive Natan Sharansky, deuxième à gauche, avec le rabbin Daniel Meyer, à gauche, Yossi Cohen, deuxième à droite, et le rabbin Gilad Kariv, qui préside le mouvement réformé israélien, dans la synagogue Kehillat Raanan, Beit Samueli de Raanana, le 30 novembre 2016. (Crédit : Adi Romem/Beit Samueli, Kehillat Raanan, via l'Agence juive pour Israël)
Le président de l'Agence juive Natan Sharansky, deuxième à gauche, avec le rabbin Daniel Meyer, à gauche, Yossi Cohen, deuxième à droite, et le rabbin Gilad Kariv, qui préside le mouvement réformé israélien, dans la synagogue Kehillat Raanan, Beit Samueli de Raanana, le 30 novembre 2016. (Crédit : Adi Romem/Beit Samueli, Kehillat Raanan, via l'Agence juive pour Israël)

Natan Sharansky, le président de l’Agence juive pour Israël, a visité une synagogue réformée israélienne qui a été vandalisée et a fait l’objet de menaces de mort la semaine dernière.

Mercredi, Sharansky a visité la synagogue Beit Samueli, Kehilat Raanan de Raanana, et a rencontré des représentants du lieu de culte et du mouvement réformé d’Israël.

« Il va sans dire que nous ne devons tolérer aucun acte de violence et de vandalisme dans notre société, a-t-il déclaré dans un communiqué. Alors que nous condamnons avec force l’attaque contre cette synagogue, nous reconnaissons aussi le service exceptionnel que cette communauté et d’autres synagogues réformées et conservatrices d’Israël fournisse en rendant le judaïsme accessible à des centaines de milliers d’Israéliens tout au long de l’année. »

Le vandalisme, découvert le 24 novembre, était composé de graffitis dessinés sur les murs de la synagogue, et d’enveloppes contenant des menaces de mort et retenues par un couteau sur son seuil. Les menaces étaient adressées à d’importants dirigeants réformés.

Graffitis retrouvés sur les mur de la synagogue  réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016. (Crédit : Yossi Cohen)
Graffitis retrouvés sur les mur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016. (Crédit : Yossi Cohen)

Les graffitis menaçants comprenaient des références à des passages bibliques. Ils ont été retrouvés sur les murs extérieurs de la synagogue.

La police avait ouvert une enquête sur l’incident et est à la recherche de suspects responsables de l’attaque.

L’acte de vandalisme semble être lié à la demande du mouvement réformé ainsi que d’autres mouvements d’ouvrir au mur Occidental une zone de prière mixte.

L’expression « la présence divine ne quittera jamais le mur Occidental » a été tagguée sur le devant de la synagogue, tout comme un chapitre biblique et une référence d’un verset, « Ovadia 18 et 21 ».

« Psaumes 139:21-22 » a été écrit sur un mur adjacent.

Les passages d’Ovadia parlent de la destruction des ennemis d’Israël par un Dieu vengeur, tandis que le passage des Psaumes dit : « Seigneur, ne dois-je pas haïr ceux qui te haïssent, ne serais-je dégoûté de ceux qui t’attaquent ? D’une haine totale je les hais, ils sont pour moi des ennemis ».

Un couteau retrouvé à l'extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016. (Crédit : Yossi Cohen)
Un couteau retrouvé à l’extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016. (Crédit : Yossi Cohen)

Une phrase griffonnée sur le couteau semble se référer à une obligation juridique juive de tuer les traîtres.

Les menaces de mort s’adressaient au rabbin Gilad Kariv, le directeur exécutif du Mouvement israélien pour la réforme et le judaïsme progressif, au rabbin Rick Jacobs, président américain de l’Union pour le judaïsme réformé, et à Anat Hoffman, qui préside l’association des Femmes du Mur.

Répondant aux menaces de mort contre lui, Kariv a déclaré que cela ne l’empêcherait pas de poursuivre son travail pour faire connaître le judaïsme progressif en Israël. « Cette attaque montre le besoin urgent de présenter un autre type de judaïsme à la population. Nous ne pouvons pas laisser ce judaïsme haineux donner le ton en Israël », a-t-il dénoncé.

« Ces actes ne nous empêcheront pas d’exiger nos droits au Kotel et de continuer notre travail éducatif et spirituel à travers le pays », a-t-il ajouté, en utilisant le terme hébreu désignant le mur Occidental.

Kariv a déclaré que l’attaque était une conséquence directe de l’incitation à la violence contre la communauté réformée par des chefs religieux et politiques ultra-orthodoxes, et il a invité les responsables du gouvernement à condamner l’attaque.

Les menaces de mort et un couteau retrouvés à l'extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016. (Crédit : Yossi Cohen)
Les menaces de mort et un couteau retrouvés à l’extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016. (Crédit : Yossi Cohen)

« Nous nous attendons à ce que les dirigeants israéliens comprennent que c’est le moment de tracer une ligne rouge sur cette vague d’incitations [à la violence] et que le Premier ministre soit clair, qu’il n’est pas prêt à accepter une telle incitation [à la violence] des ministres de son cabinet. Nous attendons également du ministre de la Diaspora, Naftali Bennett, qui habite à Raanana, de venir à la synagogue et d’envoyer un message clair », a déclaré Kariv.

« Les politiciens israéliens ne prennent pas ces menaces suffisamment au sérieux et nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard et avant que nous ne voyions des actes de sang ».

L’appel de Kariv a été repris par la députée de l’Union sioniste Tzipi Livni, qui a appelé le gouvernement à « mettre fin à cette chasse aux sorcières » contre les juifs réformés. Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, a déclaré qu’il s’attendait à ce que les autorités mettent en œuvre tous les efforts nécessaires pour retrouver les auteurs du crime.

Bennett a répondu que l’attaque et les autres actes de cette même veine devraient être condamnés et qu’ils ne devraient pas se reproduire.

« Il y a des divergences d’opinion sur des questions importantes, y compris la vie juive », a déclaré le communiqué de son bureau. « Mais nous ne pouvons pas laisser les différends se détériorer en un discours abusif et à l’incitation [à la violence], ce qui pourrait nuire à l’intégrité physique d’une personne en raison de ses opinions et de ses croyances. »

En janvier 2014, la synagogue de Kehilat Raanan a subi une attaque similaire avec des passages bibliques de même nature tagués au même endroit sur le devant de l’édifice.

L’incident montre également des similitudes frappantes avec un crime de haine qui a eu lieu au mois de janvier commis à Jérusalem contre un éminent expert en éthique et philosophe athée israélien.

Aida Bibliowicz, la présidente de la congrégation de Kehilat Raanan, a déclaré qu’elle était « dégoûtée » par ces attaques répétées et a appelé ceux qui sont en désaccord avec le mouvement réformé à s’engager dans le discours productif plutôt que dans les actes « vicieux et haineux ».

« Si quelqu’un n’est pas d’accord avec nous alors nous les invitons à nous parler, nous allons nous asseoir et nous en parlerons. C’est notre manière », a-t-elle fait valoir.

L’organisation rabbinique Tzohar, un groupe de rabbins religieux sionistes, a également condamné l’attaque, affirmant que les divergences d’opinion ne devraient jamais conduire « à un soupçon de violence – ni verbale ni physique ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...