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Shireen Abu Akleh: « La crédibilité d’Israël n’est pas des plus tangibles », dit Nachman Shai

Le ministre a déclaré qu'un pathologiste judiciaire non-israélien apporterait une "crédibilité internationale" à l'enquête sur la mort de la journaliste d'Al Jazeera

Le ministre des Affaires de la diaspora Nachman Shai assiste au Lobby du peuple juif, à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Affaires de la diaspora Nachman Shai assiste au Lobby du peuple juif, à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Diaspora Nachman Shai a déclenché une tempête jeudi en commentant l’enquête israélienne sur la mort de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Alkeh, affirmant que la « crédibilité » du pays faisait défaut.

« Avec tout le respect qui nous est dû, disons que la crédibilité d’Israël n’est pas des plus tangibles dans de tels cas », a déclaré Shai. « Nous le savons. C’est basé sur le passé », a-t-il déclaré à Radio 103FM. Il faisait apparemment référence à l’opinion internationale et non à d’éventuels doutes des conclusions d’une enquête israélienne.

Abu Akleh, 51 ans, a été mortellement blessée par balle pendant des affrontements entre troupes israéliens et hommes armés palestiniens alors qu’elle couvrait une opération de l’armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie, mercredi. Les Palestiniens ont attribué la responsabilité de sa mort à Israël tandis que les responsables israéliens avancent l’hypothèse qu’elle ait été tuée par un tireur palestinien.

Israël a exhorté l’Autorité palestinienne à mener une enquête conjointe sur l’incident, une idée rejetée jeudi par le chef des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh.

« Ceux qui n’ont rien à cacher ne refusent pas de coopérer », a déclaré en réponse la radio de l’armée citant des responsables israéliens anonymes.

Le ministre des Communications Yoaz Hendel a déclaré que « quiconque prétend que Tsahal a tué la journaliste ne le fait pas sur la base d’une enquête ou de faits, mais de la propagande. »

Shireen Abu Aqleh, 51 ans, ex-journaliste d’Al Jazeera, tuée par balle lors d’une operation israélienne à Jénine le mercredi 11 mai 2022 (Crédit : Autorisation)

Shai a fait ces commentaires jeudi lorsqu’il a été interrogé sur la réponse de Washington à la mort d’Abu Akleh, qui est née à Jérusalem, mais a passé du temps aux États-Unis dans son enfance et détenait la citoyenneté américaine en plus de sa carte de résidence de Jérusalem et de son passeport jordanien.

Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a déclaré mercredi que les États-Unis exigeaient une enquête « immédiate et approfondie » sur le meurtre d’Abu Akleh.

Shai a déclaré qu’il n’était pas surpris par la réponse américaine, ajoutant que les Américains « ne seront pas disposés à accepter des résultats qui ne sont pas basés sur des sources indépendantes. »

Le ministre a donc suggéré de recruter « un pathologiste judiciaire américain ou d’une autre nationalité qui pourrait donner une dimension internationale et également ajouter de la crédibilité à cette enquête. »

« Alors que les ministres [du cabinet] et le chef d’état-major de Tsahal [Aviv Kohavi] ont déclaré qu’ils allaient ouvrir une enquête, [les États-Unis] veulent connaître la vérité et ils vont faire pression sur nous, ils ne lâcheront pas prise tant que cette affaire ne sera pas terminée. C’est clair », a déclaré Shai, qui a été le porte-parole de Tsahal pendant plusieurs années.

Une garde d’honneur palestinienne porte le cercueil de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée au cours d’affrontements entre les troupes israéliennes et des hommes armés palestiniens lors d’un raid de Tsahal, à Ramallah, le 12 mai 2022 (Crédit: Abbas MOMANI / AFP).

Une première autopsie du corps d’Abu Akleh par des médecins légistes palestiniens a révélé qu’il n’était « pas possible » de dire si elle avait été tuée par des tirs israéliens ou palestiniens.

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