Six mois après le vaccin, les soignants ont toujours un taux d’anticorps élevé
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Six mois après le vaccin, les soignants ont toujours un taux d’anticorps élevé

Des études indiquent également que les malades vaccinés sont moins contagieux ; 3 102 cas actifs dans le pays, le chiffre le plus élevé depuis le 14 avril

Une femme reçoit un vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination Clalit à Rehovot le 29 décembre 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)
Une femme reçoit un vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination Clalit à Rehovot le 29 décembre 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)

Les professionnels de santé israéliens qui ont reçu le vaccin Pfizer présentaient encore des taux d’anticorps très élevés six mois après leur injection, a rapporté mardi la radio Kan.

Le rapport, basé sur des études sérologiques menées par les quatre caisses de santé israéliennes sur les soignants, qui ont été les premiers Israéliens à être vaccinés en décembre, a révélé que la plupart d’entre eux avaient des niveaux d’anticorps supérieurs à 700. Le rapport indique que la protection est considérée comme assurée à partir d’un taux de 150.

L’une des caisses de santé a également mené une deuxième étude sérologique dans des centres de soins, et a constaté que même les patients âgés et immunodéprimés sous respirateur qui avaient été vaccinés présentaient des taux d’anticorps élevés.

Parallèlement, une troisième étude de l’hôpital Sheba de Tel Hashomer a révélé que les personnes vaccinées dont le test de dépistage à la COVID-19 est positif étaient moins contagieuses que les malades non vaccinés.

Selon l’étude menée auprès de 9 650 employés de l’hôpital Sheba, en collaboration avec l’université de Harvard, sur une période de plusieurs mois, les personnes ayant reçu au moins une dose du vaccin COVID et dont le test est positif ont moins tendance à contaminer leur entourage.

Ces rapports interviennent alors qu’Israël envisage de procéder à une troisième injection de rappel, en raison d’un pic du nombre de cas et de signes indiquant que le vaccin est légèrement moins efficace contre le variant Delta du coronavirus.

Des ministres de premier plan ont rencontré de hauts responsables de la santé mardi, alors qu’Israël envisageait le retour de certaines restrictions visant à endiguer la récente résurgence des cas de COVID-19.

La réunion s’est déroulée alors que le nombre de cas actifs de coronavirus a atteint 3 102, le chiffre le plus élevé depuis le 14 avril, avec 503 nouveaux cas lundi et 262 autres cas entre minuit et le début de soirée mardi.

Si le nombre de décès et d’hospitalisations est resté relativement faible, ce chiffre a commencé à augmenter. On compte 38 personnes dans un état grave, ce qui représente le chiffre le plus élevé depuis fin mai.

Illustration : un travailleur médical prépare un vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination Clalit à Jérusalem, le 25 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi / Flash90)

Les chiffres du ministère de la Santé montrent que le nombre moyen de nouveaux cas par jour au cours des sept derniers jours est de 322, alors qu’il était de 205 il y a une semaine.

La résurgence du virus est devenue un problème majeur pour le nouveau gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett, moins de deux mois après que le nombre de cas a diminué, ce qui a permis à Israël de lever la plupart des restrictions et de rouvrir la vie publique.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz a déclaré mardi lors d’une conférence à l’Université Ben-Gurion de Beer Sheva qu’Israël essayait de lutter contre le virus tout en évitant la « panique » et en minimisant les restrictions, autant que faire se peut.

Il s’exprimait après que le ministère de la Santé a publié lundi des données montrant que, si le vaccin COVID de Pfizer-BioNTech a largement contribué à prévenir les hospitalisations et les cas graves, il est nettement moins efficace pour empêcher la propagation du variant Delta du coronavirus.

Selon le ministère, l’efficacité du vaccin Pfizer dans la prévention de la COVID-19 symptomatique a chuté de quelque 30 %, passant à 64 %, compte tenu de la propagation de la variante Delta. Les données montrent qu’en mai, lorsque la souche était moins répandue, le vaccin était efficace à 94,3 %.

Le variant Delta, qui serait deux fois plus contagieux que la souche originale de la COVID-19, serait à l’origine de 90 % des nouveaux cas enregistrés en Israël au cours des deux dernières semaines.

Toutefois, les données montrent également que le vaccin reste très efficace pour prévenir les formes graves de la maladie et les hospitalisations. En mai, ce chiffre était de 98,2 %, et en juin, de 93 %.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz lors d’une conférence de presse dans un centre de vaccination Maccabi à Holon, le 29 juin 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Face à l’augmentation des cas de COVID dans le pays, Bennett et Horowitz ont demandé lundi au ministère de la Santé de lancer deux études médicales sur la nécessité d’une troisième injection de vaccin contre le coronavirus, qui, selon eux, fourniront aux décideurs des « informations vitales ».

Le bureau du Premier ministre a déclaré que les études, qui seront supervisées par le chef des services de santé publique du ministère de la Santé, le Dr. Sharon Alroy-Preis, « évalueront l’efficacité du vaccin et la vitesse à laquelle il s’estompe avec le temps ».

Une étude examinera l’efficacité du vaccin au fil du temps dans différents groupes d’âge et dans différents états de santé. L’autre étude examinera l’immunité cellulaire (une réponse immunitaire n’impliquant pas d’anticorps) au fil du temps.

Dimanche, il a été rapporté que le ministère de la Santé recommanderait aux Israéliens immunodéprimés de se faire administrer une troisième dose du vaccin Pfizer-BioNTech, même si le laboratoire pharmaceutique n’a pas encore approuvé cette injection de rappel.

Les responsables de la santé sont préoccupés par des données qui montrent que les personnes immunodéprimées développent une réponse en anticorps insuffisante au vaccin à deux doses pour les protéger du virus. Les personnes immunodéprimées comprennent les personnes ayant subi une transplantation d’organe et les patients atteints de cancer.

Lundi, cependant, le ministère de la Santé a précisé « qu’il n’y a pas de recommandation ou de décision à ce stade de vacciner le grand public en Israël avec une troisième dose. »

Une adolescente israélienne se fait vacciner contre le coronavirus dans un centre de la municipalité de Tel Aviv et du Magen David Adom, à Tel Aviv, le 4 juillet 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Mettant en garde contre les dangers que représente le variant Delta, le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a exhorté la semaine dernière Bennett et Horowitz à commencer à administrer aux Israéliens une troisième dose de vaccin contre le coronavirus en août, bien que les tests de Pfizer sur la troisième injection ne soient pas encore terminés.

Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, Netanyahu a déclaré : « D’après les conversations que j’ai eues avec certains des meilleurs experts au monde, je pense que la troisième dose de vaccin devrait être administrée aux personnes de plus de 50 ans à partir du mois d’août, afin de terminer la tâche d’ici la fin du mois de septembre. »

Selon lui, nul ne sait actuellement à quel moment une baisse de l’immunité rendra la population à nouveau susceptible d’être infectée.

« Le prix du retard… pourrait être mortel et coûter de nombreuses vies », a-t-il ajouté.

Israël a acheté des millions de vaccins à Pfizer et a été parmi les premiers pays à les recevoir à la fin de l’année dernière. Bien qu’il dispose de millions de doses inutilisées, Israël a conclu en avril, sous la direction de Netanyahu, un accord portant sur 18 millions de doses supplémentaires, au cas où elles seraient nécessaires pour des injections de rappel. Ces doses n’ont pas encore été livrées.

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