Sources israéliennes : l’attaque iranienne aux missiles a été un “flop”, la plupart des cibles ont été ratées
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Sources israéliennes : l’attaque iranienne aux missiles a été un “flop”, la plupart des cibles ont été ratées

Un analyste israélien explique que les sources sécuritaires ont été “sidérées” par cette mauvaise performance : 3 missiles sont tombés en Irak et un seul a touché sa cible

Missile balistique lancé par l'Iran contre des cibles de l'Etat islamique dans l'est de la Syrie, le 18 juin 2017. (Crédit : Gardiens de la révolution)
Missile balistique lancé par l'Iran contre des cibles de l'Etat islamique dans l'est de la Syrie, le 18 juin 2017. (Crédit : Gardiens de la révolution)

L’attaque iranienne aux missiles tant vantée, perpétrée contre des cibles de l’Etat islamique (EI) en Syrie dimanche soir, a été un flop : six missiles de moyenne portée sur sept lancés ont échoué à atteindre leurs cibles, selon des sources israéliennes.

Les puissants Gardiens de la révolution iraniens, une force paramilitaire en charge du programme balistique du pays, ont expliqué avoir lancé six missiles balistiques de type Zolfaghar à partir des provinces occidentales du Kermanshah et du Kurdistan.

Ces missiles ont survolé l’Irak avant de frapper ce que les Gardiens ont désigné comme étant un centre de commandement de l’EI et une opération d’attentat-suicide à la voiture piégée à Deir el-Zour, selon Téhéran.

L’agence de presse semi-étatique Fars a cité des sources affirmant qu’au moins 360 terroristes avaient été tués au cours de ces frappes.

Mais des sources citées dans les médias israéliens lundi soir affirment que trois de ce qu’ils ont estimé être sept missiles balistiques n’étaient même pas parvenus à atteindre la Syrie, s’écrasant en Irak, et qu’un seul des sept missiles lancés avait atteint sa cible, une base de l’EI de la province syrienne de Deir Ezzor, majoritairement détenue par l’EI.

Un autre des sept missiles a atterri des centaines de kilomètres plus loin, dans la ville de Mayadin.

« Si les Iraniens tentaient de faire la démonstration de leurs capacités et de signaler à Israël et aux Américains que ses missiles sont opérationnels, le résultat a été plutôt différent », a commenté l’analyste de la Deuxième chaîne Ehud Yaari.

« Ça a été un flop, a poursuivi Yaari. Un échec. » Et pourtant, a-t-il sèchement ajouté, « ça a été bien photographié. »

Le militant de l’opposition syrienne Omar Abu Laila, basé en Allemagne mais qui suit de près les événements dans sa ville natale de Deir el-Zour, a annoncé que deux missiles iraniens étaient tombés à proximité et à l’intérieur de Mayadin, bastion de l’Etat islamique. Il a indiqué qu’il n’y avait pas eu de victimes lors de ces attaques. L’EI n’a pas reconnu ces frappes.

Les médias iraniens ont affirmé que cette attaque avait été un succès et qu’il s’agissait de la toute première menée par l’Iran hors de son territoire depuis 30 ans, depuis la guerre qui avait opposé l’Irak et l’Iran entre 1980 et 1988. L’Iran a présenté cette frappe comme une réponse aux attentats terroristes perpétrés sur son territoire le 7 juin et qui ont fait 17 morts, et des cadres des Gardiens de la révolution ont averti que d’autres agressions contre l’Iran entraîneraient des représailles similaires.

Cette frappe « s’est avérée beaucoup moins impressionnante que tout le bruit médiatique fait par l’Iran au sujet de ces lancements », a indiqué au site d’information Haaretz une source militaire.

Cette attaque a été considérée comme un message menaçant adressé par l’Iran à ses adversaires dans la région et ailleurs.

Gardiens de la Révolution iraniens. Illustration. (Crédit : Twitter/(@MidEastNews_Eng)
Gardiens de la Révolution iraniens. Illustration. (Crédit : Twitter/(@MidEastNews_Eng)

« Les Saoudiens et les Américains sont en particulier des destinataires de ce message », a expliqué le général des Gardiens iraniens de la révolution Ramazan Sharif à la télévision d’état. « Manifestement et clairement, certains pays réactionnaires de la région, en particulier l’Arabie saoudite, ont annoncé qu’ils tentent d’importer l’insécurité en Iran. »

« Les frappes de missiles ne sont qu’une petite partie de la capacité punitive de l’Iran contre les terroristes et contre ses ennemis », a ajouté Sharif, porte-parole des Gardiens de la révolution. « Les soutiens internationaux et régionaux des terroristes doivent comprendre cette mise en garde », a-t-il ajouté.

Selon le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement, Allaeddine Boroujerdi, l’Iran est « entré dans une nouvelle phase de la lutte contre le terrorisme ». Jusqu’à dimanche, a-t-il rappelé, « on envoyait seulement des conseillers militaires sur place avec l’accord des gouvernements irakiens et syriens ». Mais les tirs de missiles, en coordination avec Damas, montrent « que nous sommes capables de frapper [directement] les terroristes à plusieurs centaines de kilomètres de distance », a-t-il ajouté.

Dans des propos confiés lundi soir au Times of Israël, Yaari a déclaré que les informations qu’il détenait provenaient des services de sécurité et que ces sources étaient « sidérées » par les performances médiocres des missiles iraniens.

« C’est tout ce qu’ils ont à montrer après 30 ans de développement de missiles ? Même le Hezbollah peut faire mieux ! », se seraient, selon lui, exclamées ces sources.

Yaari a noté que les responsables iraniens, tentant de dissimuler l’ampleur de l’échec, n’ont cessé de répéter au cours des dernières heures le degré de réussite de leurs frappes.

Un autre média israélien, Walla, a cité des « sources diplomatiques » non identifiées qui affirmaient également que seulement un ou deux des sept missiles iraniens avaient touché leurs cibles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour sa part mis en garde l’Iran, lui recommandant de ne pas défier Israël et de surveiller ses arrières. « Je n’ai qu’un seul message pour l’Iran : ne menacez pas Israël », a-t-il déclaré.

Un porte-parole des Gardiens de la révolution avait annoncé dans la matinée de lundi que les missiles lancés vers la Syrie avaient frappé avec succès les cibles du groupe de l’état islamique.

Ehud Yaari (photo credit: Courtesy)
Ehud Yaari (Crédit : autorisation)

« Sur la base d’informations crédibles, l’opération des missiles contre Daesh a réussi », a ainsi dit Sharif sur le site internet de l’unité d’élite, Sepahnews.

Sharif a également prévenu que de telles attaques se répéteraient si les extrémistes prenaient pour cible la sécurité de l’Iran. « Si [l’EI] mène une action spécifique pour violer notre sécurité, il y aura davantage de lancements avec une force intensifiée », a-t-il commenté.

Les Gardiens ont indiqué avoir lancé six missiles depuis l’ouest de l’Iran vers la province syrienne de Deir Ezzor, majoritairement entre les mains de l’EI.

Les médias iraniens ont également annoncé que certains de ces missiles de moyenne portée étaient de type Zolfaghar, des missiles à guidage de précision avec une portée d’environ 750 kilomètres. Yaari a indiqué qu’ils ont été développés à partir des missiles Fateh.

Les missiles fabriqués par l’Iran, qui représentent un élément important de conflit avec Washington et Jérusalem, seraient capables de parcourir jusqu’à 2 000 kilomètres.

La télévision d’état a montré des lanceurs de missiles mobiles déplacés en plein jour.

Le général Amir Ali Hajizadeh, qui préside les forces aériennes des Gardiens de la révolution, a déclaré à la télévision d’état que « les missiles ont été lancés depuis l’Iran, ils ont survolé l’Irak et ont atterri en Syrie. »

« Des drones qui volaient dans une zone proche de Damas pour aller vers Deir Ezzor ont transmis des [séquences vidéo] des missiles atteignant leurs cibles », a-t-il ajouté.

« Lancer des missiles à partir d’une distance située à 600 ou 700 kilomètres et atterrir sur une petite construction […] démontre la capacité de l’Iran et ses capacités de renseignement » contre les groupes djihadistes, a-t-il poursuivi.

Quelques heures plus tôt, le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, avait promis dans une déclaration que l’Iran « frapperait ses ennemis » en l’honneur des familles des victimes, notamment de ceux tombés sur les fronts syrien et irakien.

L’AFP a contribué à cet article.

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