Soutien à Israël: Lapid accuse Netanyahu de creuser le fossé avec les Américains
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Soutien à Israël: Lapid accuse Netanyahu de creuser le fossé avec les Américains

Le Premier ministre aligne "dangereusement" Israël avec les républicains conservateurs américains, a déclaré le chef de Yesh Atid

Yair Lapid, leader du parti Yesh Atid, dirige une réunion de sa faction à la Knesset, le 1er janvier 2018 (Miriam Alster / Flash90)
Yair Lapid, leader du parti Yesh Atid, dirige une réunion de sa faction à la Knesset, le 1er janvier 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’aligner « dangereusement » son gouvernement avec les factions conservatrices évangéliques du parti républicain et d’élargir la division avec les démocrates suite à l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem qui a été critiquée pour son caractère partisan.

« Le fait que le gouvernement s’identifie complètement à la faction conservatrice et évangélique du parti républicain est dangereux », a dit Lapid à Walla dans une interview accordée jeudi.

Il a déclaré que s’il y avait un président et un congrès démocrates en 2020, cela causerait un « sérieux problème » à Israël si Netanyahu devait se trouver encore au pouvoir.

Lapid a également averti que l’alignement de Netanyahu avec les républicains conservateurs créait davantage de tensions dans la relation entretenue par Israël avec les Juifs américains : « 80 % d’entre eux sont démocrates », a-t-il affirmé.

Ted Deutch, représentant de Floride, au quatrième jour de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via JTA)

Lapid a déclaré que le législateur juif démocrate Ted Deutch lui avait dit qu’il avait été évincé de l’inauguration de l’ambassade à Jérusalem, lundi.

« Il m’a dit qu’il avait demandé à se joindre à la délégation mais qu’il n’avait jamais eu de réponse », a dit Lapid.

« Il n’est pas possible que le gouvernement d’Israël ne l’ait pas remarqué. C’est le boulot du bureau du Premier ministre de faire la liste et de dire : Nous sommes non-partisans, nous n’avons pas d’attache exclusive avec les républicains ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à droite, à l’aéroport international Ben Gurion avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

« L’identification avec l’aile conservatrice du parti républicain est arrivée en raison de l’amitié avec Trump, mais c’est une vision à court-terme et ce n’est pas professionnel. C’est également lié au fait qu’il n’y a pas de ministère des Affaires étrangères et que personne ne fait le travail », a dit Lapid, critiquant le rôle de Netanyahu au poste de ministre des Affaires étrangères.

Au début de la semaine, l’ambassade israélienne à Washington a accueilli son événement annuel célébrant l’établissement de l’Etat d’Israël et la décision prise par l’administration Trump de transférer l’ambassade à Jérusalem en l’absence totale de démocrates.

Un porte-parole de l’ambassade a indiqué que tous les membres du Congrès avaient été invités comme c’est le cas chaque année. Un responsable de la mission a déclaré : « De nombreux personnels et dignitaires démocrates sont venus faire la fête avec nous ».

« J’imagine qu’ils ont voulu seulement s’entourer de membres du congrès qui ont pleinement soutenu le déménagement de l’ambassade et qui n’ont eu aucune critique à faire des violences qui ont eu lieu à Gaza », a commenté un membre juif et démocrate de la chambre qui a déclaré n’avoir reçu aucune invitation à l’événement.

Les bureaux de Deutch — et de la députée juive Nita Lowey — ont déclaré avoir été invités mais que l’événement était survenu un « jour de district » et qu’ils ne se trouvaient pas à Washington pour y assister.

La soirée de lundi, à Washington, a été considérée comme plus spéciale que celles des années passées : Non seulement il s’agissait d’une commémoration du 70ème anniversaire d’Israël mais elle a coïncidé avec l’apogée de la décision prise par le président américain Donald Trump, au mois de décembre, de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël et d’y déplacer l’ambassade.

Le représentant américain Ted Deutch (parti démocrate ; Floride). (Crédit : autorisation)

Elle est également survenue dans un contexte de manifestations violentes dans la bande de Gaza lundi, au cours desquelles 60 Palestiniens ont été tués et plus de 2 700 blessés, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza.

Le Hamas a fait savoir que 50 des personnes mortellement touchées appartenaient à son groupe et le Jihad islamique a revendiqué trois morts dans ses rangs.

Une grande partie de la communauté internationale a fustigé ces morts et accusé Israël d’usage excessif de la force.

La majorité des démocrates, au Capitole, s’étaient opposés à la décision de Trump, affirmant que tandis que Jérusalem est la capitale d’Israël, une reconnaissance officielle et le transfert de l’ambassade auraient dû avoir lieu dans le cadre d’un accord négocié avec les Palestiniens.

Pas un seul démocrate élu au Congrès n’a non plus assisté à la cérémonie de Jérusalem.

Le membre juif de la chambre pro-israélien, qui n’avait pas été invité à Washington, a suggéré que cette initiative favorisait certains aspects de l’agenda de Netanyahu incompatibles avec la communauté juive américaine, qui penche largement vers la gauche de l’échiquier politique.

« Il semble que Netanyahu ne se préoccupe que de séduire les chrétiens de droite et les Juifs les plus conservateurs de l’Amérique », a noté le législateur.

« Il ne montre aucun intérêt à se lier avec la majorité des Juifs américains qui sont libéraux et progressistes. Trump et [Jared] Kushner et l’ambassadeur [David] Friedman ont permis à Netanyahu de prendre un virage très dur vers la droite. Et cela ne mène qu’à un fossé plus profond encore entre Netanyahu et les Juifs américains libéraux ».

Au mois de septembre 2017, un sondage de l’AJC (American Jewish Committee) révélait que seulement 16 % des Juifs américains soutenaient l’appel de Trump à transférer immédiatement l’ambassade à Jérusalem.

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