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Sport : Une ONG pour l’égalité des chances en Israël

L’ONG qui se présente comme la « maison du sport pour le changement social » collecte des fonds de manière plutôt originale, en vendant aux enchères des objets iconiques

Des adolescents de Beer Sheva, participants au programme 48ers, travaillent sur des ordinateurs pendant l’une des activités d’éducation technologique, sur une photographie non datée. (Crédit : Matan Amira/The Equalizer)
Des adolescents de Beer Sheva, participants au programme 48ers, travaillent sur des ordinateurs pendant l’une des activités d’éducation technologique, sur une photographie non datée. (Crédit : Matan Amira/The Equalizer)

Des uniformes portés de l’équipe de basket-ball des 76ers de Philadelphie seront vendus aux enchères, ce mois-ci, dans le cadre d’une collecte de fonds en ligne pour financer des programmes sportifs destinés aux jeunes de villes israéliennes défavorisées.

Cette vente aux enchères est le résultat de la rencontre improbable entre le propriétaire des 76ers, le milliardaire juif Josh Harris, et une organisation caritative israélienne connue sous le nom de The Equalizer en anglais, Shaar Shivion en hébreu (littéralement, le but égalisateur), fondée en 2009 par Liran Gerassi.

Le but de l’organisation est de réduire les inégalités socio-économiques au sein de la société israélienne grâce à des programmes sportifs destinés aux jeunes, combinant études et activité physique dans des zones défavorisées. Elle soutient actuellement 410 équipes dans plusieurs villes à travers tout le pays.

L’un des programmes les plus récents, créé en 2016, est le 48ers, qui fait rimer basketball avec éducation de base. The Equalizer a créé ce programme en collaboration avec Harris, désireux de s’adjoindre l’aide de Gerassi pour developper un programme à base de base-ball au profit de jeunes défavorisés. Le programme a commencé modestement dans un quartier de Jérusalem, à partir d’un don fait à l’occasion de la bar mitzvah du fils de Harris, Stuart, il y a plus de dix ans.

Les 48ers ont commencé dans le quartier ouvrier de Talpiot, en mettant l’accent sur l’intégration de la jeunesse éthiopienne-israélienne. Ils comptent maintenant 25 équipes en Israël. Le nom du programme est, bien sûr, un clin d’œil aux 76ers de Harris, qui eux-mêmes portent ce nom en référence à l’année de fondation des États-Unis (1776).

« Nous croyons profondément aux vertus du sport pour changer les choses en profondeur. »

Il est gratifiant de voir l’impact positif que les 48ers ont eu sur les jeunes en Israël, et en particulier sur ceux issus des communautés les moins favorisées. De Philadelphie à Israël, nous sommes ravis de faire partie de cette campagne qui donne aux enfants des ressources et un soutien pour les aider à s’épanouir », a déclaré Harris au Times of Israel.

Ce mois-ci, l’organisation mettra aux enchères sur Facebook de précieux articles de sport des 76ers de Philadelphie et de diverses équipes israéliennes, avec l’objectif de recueillir 100 000 shekels. Cet argent financera la formation d’équipes supplémentaires de football et de basket-ball dans les communautés défavorisées d’Israël, parfois qualifiées de « périphéries ». Les fonds recueillis devraient permettre d’accueillir 200 enfants de plus.

Les débuts à Jérusalem

Gerassi a créé l’organisation alors qu’il étudiait à l’Université hébraïque de Jérusalem. Pendant ses études, il a fait du bénévolat dans un centre communautaire de Talpiot et décidé de mettre sur pied une équipe de football pour les jeunes du quartier.

« Un jour, je les ai vus [les enfants du quartier] assis dehors, sur des bancs ou à même le trottoir, fumant et buvant de la vodka. Je les ai fait venir », explique Gerassi. « Je leur ai dit : ‘Formons une équipe de football’. Ensuite, j’ai réussi à trouver un sponsor pour les maillots, les crampons, les buts et tout le reste. »

Trois fois par semaine, Gerassi et son ami organisaient des entraînements de football au centre communautaire Talpiot, tout en aidant les élèves à faire leurs devoirs. Les professeurs ont fini par remarquer que leurs résultats étaient meilleurs et ils ont décidé de contacter Gerassi, pour que son programme soit intégré au cadre scolaire. D’autres écoles de la région n’ont pas tardé à rejoindre le mouvement.

Aujourd’hui, le programme propose des activités parascolaires quatre fois par semaine – deux sessions de football et deux sessions « d’études dirigées »,- au cours desquelles les élèves bénéficient de l’aide de tuteurs pour faire leurs devoirs.

Une fille frappe dans un ballon de football pendant un match à Lod entre deux équipes du programme Boatot de The Equalizer, qui vise à renforcer la confiance des filles et promouvoir leur présence dans des sports habituellement dominés par les hommes, sur une photographie non datée (Crédit : Aviv Havron/The Equalizer).

L’organisation The Equalizer gère bien d’autres programmes. Le plus récent, Safe Swimmers, entend lutter contre la noyade chez les Arabes israéliens, en apprenant aux enfants arabes à nager. L’organisation gère également des équipes de football pour filles, pour encourager la présence des femmes dans les sports à dominante masculine, et pour les jeunes en situation de handicap.

Une fois par mois, les équipes de football et de basketball de The Equalizer s’affrontent lors de tournois régionaux qui mettent l’accent sur le respect entre jeunes d’origines, de religions et de cultures différentes. Le prix le plus important décerné par le tournoi est la « coupe du fair-play », remise à l’équipe qui fait preuve du meilleur état d’esprit, qu’il s’agisse de serrer la main de l’équipe gagnante, d’encourager depuis le banc ou d’aider quelqu’un à se relever après une chute.

À la suite des affrontements ethniques de mai 2021 dans des villes mixtes telles que Lod, Haïfa et Akko, The Equalizer a commencé à concentrer davantage d’énergie à ces communautés, afin de contribuer à apaiser les tensions entre résidents juifs et arabes et améliorer le profil socio-économique des villes.

« Chaque fois qu’un événement de ce genre se produit, cela dégrade encore le profil socio-économique de la ville. Les gens qui peuvent se permettre de partir le font, et ne restent alors que ceux qui n’ont pas d’autre choix. Malgré tout, nous souhaitons qu’eux aussi aient une bonne qualité de vie », explique Gerassi.

Outre les uniformes des 76ers, The Equalizer mettra aux enchères un certain nombre d’uniformes d’athlètes israéliens, dont ceux de Shon Weissman du club de football espagnol Real Valladolid et d’Omri Casspi, aujourd’hui à la retraite, du Maccabi Tel Aviv.

L’organisation a commencé à vendre aux enchères des articles le 1er juillet et continuera jusqu’à la fin du mois d’août. En semaine, deux ventes aux enchères ont lieu chaque jour, une le matin et une le soir. Les périodes d’enchères sont de 24 heures, à l’exception des enchères organisées pendant Shabbat, qui durent elles 48 heures.

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