Starbucks retire l’ADL de sa formation sur les préjugés suite à des critiques
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Starbucks retire l’ADL de sa formation sur les préjugés suite à des critiques

La chaîne de cafés nie toute pression politique derrière la décision de reléguer le groupe juif au rôle de consultant

Logo Starbucks (crédit photo : Marco Paköeningrat, via Flickr, CC-BY-SA)
Logo Starbucks (crédit photo : Marco Paköeningrat, via Flickr, CC-BY-SA)

La Ligue Anti-Diffamation (ADL) ne ne jouera plus un rôle de premier plan dans la formation sur la diversité du mois prochain dans les magasins Starbucks à travers les États-Unis, mais occupera plutôt celui de consultant.

Au départ, le PDG de l’observatoire juif, Jonathan Greenblatt, était l’un des quatre leaders des droits civiques à avoir été sollicités pour développer la formation anti-préjugés du géant du café le mois prochain sur ses 8 000 sites aux États-Unis. La formation a été annoncée à la suite de l’arrestation de deux hommes noirs qui attendaient de rencontrer un associé dans un établissement Starbucks de Philadelphie.

Les trois autres leaders des droits civils – Sherrilyn Ifill du Legal Defense Fund de la NAACP [National Association for the Advancement of Colored People], organisation américaine de défense des droits civiques, Bryan Stevenson de l’Equal Justice Initiative et Heather McGhee du groupe de réflexion libéral Demos – dirigeront toujours la formation.

Mais Starbucks a annoncé dans un communiqué de presse la semaine dernière que l’ADL sera désormais l’un des « divers organismes et experts en droits civils » que Starbucks consultera. Parmi les autres groupes qui jouent un rôle de consultant, figureront ceux qui luttent contre le sectarisme anti-musulman, anti-LGBT et anti-Latino.

Jonathan Greenblatt, chef de la direction et directeur national de l’Anti-Defamation League, témoigne sur le Capitole à Washington, le mardi 2 mai 2017, devant une commission judiciaire du Sénat sur les réponses à l’augmentation des crimes haineux religieux. (Photo AP / Carolyn Kaster)

Starbucks n’a pas précisé pourquoi Greenblatt n’occupait plus de poste de direction, bien que le chef de l’ADL ait noté dans un tweet que la formation se concentrera spécifiquement sur le racisme. Les trois activistes qui dirigent la formation sont tous des personnes de couleur. L’ADL lutte contre le racisme sous toutes ses formes, mais se concentre sur la lutte contre l’antisémitisme.

Greenblatt a semblé réagir positivement face à la réduction du rôle. Il a tweeté que l’ADL « sera là à chaque étape du chemin » pour aider Starbucks, et a reconnu que « c’est une question d’ordre racial ». Nous sommes donc prêts à écouter, à apprendre et à partager notre expertise et notre expérience là où nous le pouvons ».

Son rôle initial a été critiqué par des militants de gauche qui s’opposaient, entre autres, au travail de l’ADL avec les services de police et à son soutien à Israël. L’une des détractrices les plus importantes était Tamika Mallory, l’une des dirigeantes de la Marche des femmes, que l’ADL a critiquée pour son soutien à Louis Farrakhan, un antisémite virulent.

L’un des groupes qui avaient protesté contre le rôle de l’ADL était le Jewish Voice for Peace (JVP), qui prône le boycott d’Israël. JVP, qui a fait campagne contre un programme de l’ADL qui amène des policiers américains en Israël pour suivre une formation antiterroriste, a fait l’éloge de Starbucks dans un communiqué de presse.

« La rétrogradation de l’ADL d’un rôle de leadership reflète clairement la reconnaissance par une grande variété d’organisations de justice sociale et d’individus que le statut de l’ADL en tant qu’organisation de défense des droits civils est compromis au regard de son histoire et ses pratiques racistes anti-musulmans, anti-palestiniens et anti-Noirs », a déclaré Rebecca Vilkomerson, directrice exécutive de JVP, dans le communiqué de presse.

La coprésidente nationale de la Marche des femmes, Tamika Mallory, prenant la parole à New York, le 22 avril 2017. (Robin Marchant/Getty Images pour Hulu via JTA)

Une grande partie de leurs critiques est fondée sur l’allégation, que l’ADL et les participants nient, selon laquelle les policiers américains apprennent en Israël des techniques qu’ils utilisent pour maltraiter les communautés minoritaires dans leur pays d’origine.

Lundi, un porte-parole de Starbucks a démenti sur le site de Politico que l’abandon de l’ADL de la formation était du à des pressions politiques, affirmant que l’entreprise « était en train d’élaborer une approche à phases multiples pour lutter contre les préjugés ».

« Nous avons beaucoup de conseillers étonnants, et nous nous sommes également rendu compte que cela ne peut pas être une chose unique », a-t-elle déclaré sur le site Web d’information. « La formation ne peut pas être le début et la fin. »

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