Statut de Jérusalem : Les ambassades américaines se prépareraient à des manifestations
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Statut de Jérusalem : Les ambassades américaines se prépareraient à des manifestations

Les missions se prépareraient à la possibilité de mouvements de colère locaux si Washington devait reconnaître la ville comme capitale d'Israël

L'ambassade américaine à Tel Aviv. (Crédit : Flash90)
L'ambassade américaine à Tel Aviv. (Crédit : Flash90)

Le département d’Etat américain serait en train de préparer ses ambassades et ses consulats à d’éventuelles explosions de violence si le président Donald Trump devait mener à bien son intention présumée de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les diplomates redoutent qu’une telle annonce par Trump – qui est attendue dans le cadre d’un discours politique majeur mercredi – puisse provoquer la fureur dans le monde arabe et susciter des mouvements de protestation autour des missions américaines du monde entier, a fait savoir lundi le site Politico.

Au moins deux câbles classifiés ont été envoyés aux ambassades et aux consulats mettant en garde contre un danger potentiel et leur recommandant de renforcer la sécurité, a indiqué le site.

« L’annonce attendue sur Jérusalem me procure de très grandes inquiétudes sur la possibilité que des réponses violentes ne viennent toucher les ambassades », aurait dit un responsable du département d’Etat, selon Politico.

Les dirigeants du monde entier ont averti Trump que la rupture avec des décennies de politique américaine et un changement de position de Washington sur la capitale d’Israël – ainsi que le déplacement possible de l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem – pourraient donner lieu à des violences.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui contrôle Gaza, a appelé samedi à une nouvelle intifada si Washington devait reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’Etat juif ou y relocaliser son ambassade.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a écarté lundi les mises en garde contre de potentielles violences palestiniennes et de la part du monde arabe, disant qu’Israël saura « gérer toutes les ramifications » d’un éventuel changement de la politique américaine.

Lourdement fortifiées, les missions américaines ont été la cible d’émeutes violentes contre Washington dans le passé, avec notamment des manifestations organisées à leurs abords en 2012 suite à la diffusion d’un film qui critiquait le prophète Mahomet.

Trump, qui a fait campagne avec la promesse de relocaliser l’ambassade, avait reculé face à cette initiative après être entré à la Maison Blanche. Des informations récentes ont laissé entendre qu’il n’avait pas été satisfait de sa première dispense signée au mois de juin et qu’il désire dorénavant aller de l’avant en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il y a eu des détails contradictoires sur ce qu’entraînerait une telle initiative, et si cette dernière impliquerait nécessairement le déplacement de l’ambassade.

Une date-butoir de signature de dispense a été franchie lundi sans aucune démarche entreprise par l’administration Trump sur cette question.

Les responsables palestiniens ont indiqué que le déménagement de l’ambassade annihilerait les tentatives de reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes dirigées par Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump. Kushner, lors d’une apparition publique rare, ce week-end, a fait part de son optimisme concernant la reprise des pourparlers.

Le président américain Donald Trump au téléphone dans le Bureau Ovale à la Maison Blanche, le 27 juin 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images)

De manière significative, l’Arabie saoudite a également mis en garde contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat juif. Kushner est devenu un proche du prince héritier saoudien, Muhammad bin Salman, et il a recherché son aide dans l’avancée du processus de paix.

« Toute annonce américaine sur le statut de Jérusalem, antérieure à un règlement final, aurait un impact nuisible sur le processus de paix et renforcerait les tensions dans la région », a commenté l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le prince Khalid bin Salman, frère du prince héritier, des propos repris par Reuters.

La Ligue arabe a indiqué suivre de près les initiatives de Trump sur Jérusalem. Son chef, Ahmed Abdoul Gheit, a averti que reconnaître la ville comme capitale d’Israël viendrait menacer « la stabilité au Moyen-Orient et dans le monde entier ».

« Rien ne justifie une telle action… Elle ne servira pas la paix ou la stabilité, elle nourrira au contraire le fanatisme et la violence », ajoutant que que la Ligue arabe suit cette question de près et qu’elle est en contact avec les autorités palestiniennes et les états arabes pour coordonner le positionnement arabe si Trump devait prendre une telle initiative.

Le ministre des Affaires étrangères jordanien Ayman al-Safadi lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères au Caire pour discuter des agitations autour de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem le 27 juillet 2017 (Crédit : AFP PHOTO / KHALED DESOUKI)

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a également mis en garde contre tout changement du statut de Jérusalem en indiquant qu’il aurait de « graves conséquences », lors d’une conversation téléphonique avec le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, dimanche.

Il est crucial, a-t-il déclaré, de « préserver le statut historique et légal de Jérusalem et de se retenir de toute décision prise qui aurait pour objectif de changer ce statut », a fait savoir l’agence de presse officielle.

L’organisation de la coopération islamique a pour sa part noté lundi que reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat juif serait un acte « d’agression pur et simple » qui ferait perdre aux Etats-Unis son « rôle de médiateur » au Moyen-Orient, après une réunion d’urgence qui a été organisée au siège de l’organisation à Jeddah, en Arabie saoudite.

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