Stephen Bannon assistera au dîner de la ZOA
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Stephen Bannon assistera au dîner de la ZOA

Abe Foxman, ancien chef de l’ADL, ne sera pas présent au gala et accuse l’organisation sioniste de “politiser” l’évènement

Stephen Bannon pendant le discours de Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, pendant le dernier meeting de la campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)
Stephen Bannon pendant le discours de Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, pendant le dernier meeting de la campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)

Stephen Bannon, récemment nommé stratège en chef de la Maison Blanche par le président américain élu Donald Trump, qui a déclenché la controverse pour son soutien présumé à des comportements racistes, assistera dimanche à un évènement organisé par l’Organisation sioniste d’Amérique, la ZOA.

Le président de la ZOA, Morton Klein, a déclaré cette semaine au Jewish Insider que Bannon serait présent à l’évènement, même si aucune organisation concrète n’avait été mise en place.

« Je pense que Bannon était reconnaissant que je l’ai défendu contre cette absurde accusation d’antisémitisme, a déclaré Klein. C’est pour cela qu’il vient je suppose. »

Parallèlement, l’ancien directeur national de la Ligue anti-diffamation (ADL), Abraham Foxman, a déclaré qu’il n’assisterait pas au dîner puisque l’évènement avait été « politisé ».

Foxman a déclaré dans un communiqué mercredi qu’il avait décidé de ne pas y aller quand la ZOA a rendu publique son intention d’être présent.

Abraham Foxman, ancien dirigeant de la Ligue anti-diffamation (ADL). (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Abraham Foxman, ancien dirigeant de la Ligue anti-diffamation (ADL). (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« La ZOA a manipulé et abusé de ma confiance quand elle a annoncé ma décision d’y assister sans ma permission, parce qu’ils ont politisé l’évènement, a déclaré Foxman dans ce communiqué. Mon intention était simplement d’être dans le public pour rendre hommage à Bernie Marcus [membre de la Coalition des juifs républicains], pas pour faire une déclaration politique. »

Marcus a publié mardi un communiqué soutenant la nomination de Bannon. Ce dernier a été critiqué par plusieurs associations juives américaines, dont l’ADL, qui pendant des années a été quasiment synonyme du nom de Foxman.

Jeudi, Klein a accusé Foxman de mentir dans son communiqué. La ZOA a attaqué l’ADL à plusieurs reprises ces dernières années pour des positions sur des lois interdisant le boycott d’Israël et plusieurs accusations de soutien au mouvement Black Lives Matter, qui a en partie soutenu le boycott d’Israël.

« Il savait que Bannon serait là, a déclaré Klein. Il a menti et dit que nous l’avons trompé. Qu’avons-nous fait ? [Bannon] m’a demandé s’il pouvait venir, j’ai dit oui. »

La ZOA est l’une des deux organisations juives, avec la Coalition juive républicaine, à soutenir la nomination de Bannon. Klein a affirmé que quand Bannon a déclaré que le site Breitbart News était une plate-forme de la droite alternative, un mouvement associé aux idées de suprématie blanche, qui s’oppose au multiculturalisme et intègre des nationalistes blancs et des néonazis, il voulait exposer et dévaloriser le mouvement, pas le promouvoir.

Le président de la ZOA, Morton A. Klein. (Crédit : Joseph Savetsky/autorisation de la ZOA)
Le président de la ZOA, Morton A. Klein. (Crédit : Joseph Savetsky/autorisation de la ZOA)

« Il leur a donné une plate-forme, à son avis, pour exposer ce que ces fous racistes sont, a déclaré Klein à JTA. Vous pouvez ne pas être d’accord avec ça. Cela ne fait pas de lui un antisémite, un homophobe ou un islamophobe. »

Des républicains, des démocrates et différentes organisations juives ont dénoncé la nomination de Bannon, déclarant qu’il représentait un type de nationalisme populiste qui enhardit les racistes, et ne devrait pas être proche du Bureau ovale.

En tant que président exécutif de Breitbart News entre 2012 et 2016, Bannon a promu un agenda nationaliste et transformé la publication en ce qu’il a appelé « la plateforme de la droite alternative ».

Un récent rapport de l’ADL a montré une hausse spectaculaire du harcèlement antisémite de journalistes pendant l’élection, dont les responsables étaient des partisans autoproclamés de Trump et de la droite alternative.

Breitbart est connu pour ses contenus incendiaires. En mars, il a été critiqué pour un titre appelant Bill Kristol, un républicain opposé à Trump, un « juif renégat ».

Bannon lui-même avait été accusé personnellement d’antisémitisme par son ex-femme, même s’il a démenti cette affirmation par sa porte-parole. Son ex-femme a déclaré sous serment, pendant leur procédure de divorce, que Bannon avait fait des remarques antisémites quand le couple décidait dans quelle école privée envoyer leurs filles il y a presque dix ans.

La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l'élection à New  York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l’élection à New York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

La nomination de Bannon a été saluée par plusieurs dirigeants de mouvements suprématistes blancs, dont l’ancien chef du Ku Klux Klan David Duke, qui aurait salué une « excellente » décision.

L’ADL, à présent dirigée par Jonathan Greenblatt, a dénoncé cette semaine cette nomination, déclarant que son association avec des « racistes et des antisémites » était disqualifiante.

L’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, a rencontré Trump jeudi et déclaré que Jérusalem attendait de pouvoir travailler avec toute son équipe, Bannon compris.

« Israël est certain que le président élu Trump est un véritable ami d’Israël », a déclaré Dermer aux journalistes dans le hall de la Trump Tower, située sur la Cinquième avenue de New York.

« Nous sommes certains que le vice-président élu Mike Pence est un véritable ami d’Israël, il a été l’un des plus grands amis d’Israël au Congrès, l’un des gouverneurs les plus pro-Israël du pays », a-t-il ajouté, aux côtés de Kellyanne Conway, directrice de campagne de Trump.

Sans être interrogé sur Bannon, Dermer a cité la volonté israélienne de collaborer avec lui à son nouveau poste.

« Nous attendons avec impatience de travailler avec l’administration Trump, avec tous les membres de l’administration Trump, dont Steve Bannon, et de rendre l’alliance israélo-américaine plus forte que jamais », a-t-il déclaré.

Le camp Trump a rejeté toutes les suggestions de sectarisme extrémiste sur Bannon, affirmant que les détracteurs devraient étudier son parcours, particulièrement le fait qu’il soit un ancien officier de la marine, et qu’il ait été directeur associé de Goldman Sachs et producteur à Hollywood.

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