Israël en guerre - Jour 144

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Sur les 22 femmes assassinées en 2023, 19 connaissaient leur meurtrier – étude

Le rapport de l'Observatoire israélien du féminicide n'inclut pas les centaines de femmes assassinées lors du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre

Un assaillant, en bas à droite, poignardant une femme enceinte, à Lod, le 30 novembre 2023. (Crédit : Capture d'écran X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Un assaillant, en bas à droite, poignardant une femme enceinte, à Lod, le 30 novembre 2023. (Crédit : Capture d'écran X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Vingt-deux féminicides ont été enregistrés en Israël au cours de l’année 2023, soit une légère augmentation par rapport à l’année précédente, selon un rapport annuel d’un groupe de veille de l’Université hébraïque, publié lundi.

L’Observatoire israélien du féminicide a indiqué que le nombre de décès « souligne la menace persistante à laquelle les femmes sont confrontées ».

Les données montrent une augmentation de 8,3 % par rapport à 2022. Plus de la moitié des victimes ont été poignardées à mort, tandis que 18 % sont mortes des suites de blessures par balle.

« Pour les autres cas, une victime a été ligotée dans une voiture et mise à feu, une autre a été jetée dans les escaliers, une autre a été frappée avec un objet tranchant ou encore étranglée », peut-on lire dans le rapport.

La victime la plus âgée avait 76 ans, la plus jeune 18 ans. Quant aux bourreaux, le plus âgé avait 86 ans et le plus jeune 14 ans.

L’étude n’inclut pas les victimes des attaques terroristes dévastatrices du groupe terroriste palestinien du Hamas du 7 octobre, mais comporte une section consacrée aux atrocités commises ce jour-là.

Baraah Jaber Masarwa, à droite, et ses fils Amir et Adam, qui ont été tués à Taibe, le 1er mai 2023. (Autorisation)

Les données ont été compilées sur la base d’articles de médias locaux et nationaux, d’informations figurant sur Internet, d’entretiens et de chiffres de la police. Notant un possible écart entre son décompte et le nombre total de femmes tuées, le rapport explique que « parfois, le meurtre de femmes rapporté dans les médias ne constitue pas un féminicide – lorsqu’elle est tuée par accident, ou en raison d’un acte criminel, et non pas au motif de son sexe ».

Parmi les victimes, la moitié était juive et 41 % étaient des membres de la communauté arabe élargie, notamment des femmes druzes, bédouines et musulmanes.

Bien que les données aient montré une légère baisse des homicides chez les femmes arabes alors que le taux global d’homicides dans la communauté arabe a grimpé en flèche en 2023, le chiffre pour les femmes arabes « reste saisissant ».

Les motifs des féminicides dans la communauté arabe, qui représente 21 % de la population totale, sont souvent liés à « l’atteinte perçue à l’honneur de la famille en raison du mode de vie de la victime », indique le rapport d’étude, notant des cas « sans précédent » tels que le « meurtre ciblé » d’une femme lesbienne de la communauté druze.

Illustration : Une manifestation contre les violences faites aux femmes, à Tel Aviv, le 4 décembre 2018. (Crédit : Oded Balilty/AP Photo)

En général, les auteurs de ces crimes appartenaient presque tous aux mêmes communautés ethniques que leurs victimes (95 %), et parmi les tueurs connus, 59 % étaient des partenaires actuels ou passés des victimes. Dans 86 % des cas (19), les victimes avaient déjà eu une relation avec les auteurs.

Seules trois des victimes avaient déjà signalé des violences conjugales à la police et une seule avait porté plainte. Deux des assassins avaient des antécédents judiciaires.

L’étude a également révélé que dans neuf cas, les voisins étaient au courant de violences antérieures commises par les auteurs à l’encontre de leurs victimes, mais qu’ils ne les ont pas signalées aux autorités.

Six victimes ont été tuées par leur partenaire lors d’altercations. Dans quatre de ces cas, la famille et les amis étaient au courant des attaques violentes du conjoint contre la victime.

Dans près d’un quart des cas, un membre de la famille ou une autre personne a été témoin du crime. Dans quatre cas, au moins un enfant de la victime a assisté au meurtre, selon le document. Dans un autre cas, le partenaire de la victime était présent et dans un autre, c’est un voisin qui a été témoin du féminicide.

Dans certains cas, des enfants ont également été tués, et l’un d’eux a été poignardé. Deux victimes étaient enceintes lorsqu’elles ont été assassinées et leurs fœtus n’ont pas survécu.

Dans trois cas, les auteurs ont déclaré avoir été dans un état psychotique lorsqu’ils ont commis les homicides, et deux d’entre eux avaient déjà été hospitalisés dans des unités psychiatriques. Dans trois autres cas, les meurtres ont été perpétrés par un homme sous l’emprise de l’alcool, « mettant en lumière les liens entre la santé mentale et la toxicomanie dans ces tragiques affaires », précise le rapport.

Dans deux cas, le meurtrier a tenté de se suicider.

Heli Peri, assassinée par son mari en mai 2023. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Cinq cas de féminicide, dont trois dans la communauté arabe, n’ont pas encore été résolus par la police, note le document.

L’Observatoire israélien du féminicide a déclaré que ses rapports annuels sont destinés à « mettre en lumière les dures réalités qui entourent ces faits tragiques et à éclairer les stratégies de prévention et de justice ».

Il souligne la nécessité d’une « approche collective » visant à « résoudre les problèmes systémiques, à renforcer les structures de soutien aux victimes, à améliorer les mécanismes de signalement et à favoriser la prise de conscience afin d’éviter que de tels événements tragiques ne se reproduisent ».

Le rapport d’étude note qu’un tiers des cas recensés en 2023 se sont produits après le déclenchement de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, « ce qui indique une corrélation potentielle entre l’escalade des conflits et l’augmentation de la violence à l’égard des femmes ».

« Les meurtres sexistes sont un crime contre l’humanité et doivent cesser. Ils se produisent dans tous les pays, mais aucun pays n’a connu cette année une augmentation exponentielle des féminicides à la suite de l’attaque barbare du Hamas du 7 octobre, au cours de laquelle des femmes et des jeunes filles ont été violées et assassinées et prises pour cible parce qu’elles étaient des femmes », a déclaré la directrice de l’Observatoire israélien du féminicide, Pr. Shalva Weil.

Le 7 octobre, le Hamas a conduit des milliers de terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière de Gaza et sauvagement assassiné 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et pris plus de 240 otages.

Alors que les terroristes déchaînés envahissaient des communautés, des postes de l’armée et un festival de musique, ils ont massacré des familles entières, dont beaucoup ont été brûlées vives chez elles, violé, torturé, démembré et mutilé leurs victimes, femmes, enfants, personnes âgées.

« Bien que les FIO [rapports officiels] n’incluent généralement pas les meurtres de femmes résultant d’actes terroristes, certains des meurtres qui ont eu lieu le 7 octobre peuvent être considérés comme des féminicides, dans la mesure où les femmes ont été ciblées en tant que femmes, et ont subi des violences sexuelles avant leur assassinat », a souligné l’Observatoire.

Les restes brûlés d’une femme violée, identifiée comme étant Gal Abdush, 34 ans, originaire du centre d’Israël, au bord de la route, sans sous-vêtements et les jambes écartées, à proximité du kibboutz Reïm, en octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran Telegram ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

« De nombreuses femmes ont été agressées sexuellement, leurs parties génitales ont été découpées ainsi que d’autres atrocités telles que des mères forcées de voir leurs enfants décapités. »

L’Observatoire a cité un article de Ynet datant de dimanche qui indique qu’environ 300 femmes ont été assassinées dans les communautés frontalières lors des attaques et relève que « parmi les centaines d’hommes qui ont été assassinés, il y en a qui ont également été violés ».

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