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SVB : Les actions israéliennes chutent, mais les banques gérées autrement sont stables

Psagot Investment House et IBI Investment House ne craignent pas de contagion pour la stabilité financière des banques israéliennes qui disposent de réserves de capitaux

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

La bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)
La bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)

Les actions israéliennes ont chuté lundi, effaçant les gains de la matinée, menées par les valeurs financières, même si les régulateurs américains ont rassuré les investisseurs sur le fait que les déposants de la Silicon Valley Bank (SVB), le prêteur high-tech qui s’est effondré, seraient protégés et entièrement remboursés.

SVB, le prêteur privilégié des start-ups high-tech en Israël et aux États-Unis, a fait faillite vendredi, obligeant le gouvernement fédéral américain à intervenir et à saisir ses actifs. La faillite de ce prêteur axé sur la technologie a provoqué une onde de choc dans l’industrie high-tech israélienne au cours du week-end, alimentant les craintes de licenciements si les start-ups locales concernées ayant des comptes auprès de la SVB ne sont pas en mesure d’honorer leurs salaires dans les semaines à venir.

Au cours de la nuit, les contrats à terme du S&P 500 ont progressé après que les autorités américaines ont garanti, dimanche, que les clients de la SVB auraient pleinement accès à leurs dépôts à partir de lundi.

« Nous prenons des mesures décisives pour protéger l’économie américaine en renforçant la confiance du public dans notre système bancaire. Aucune perte liée à la résolution de la Silicon Valley Bank ne sera supportée par le contribuable », peut-on lire dans la déclaration commune du Trésor américain, de la Réserve fédérale et de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). « Cette mesure permettra au système bancaire américain de continuer à jouer son rôle essentiel de protection des dépôts et d’accès au crédit pour les ménages et les entreprises, d’une manière qui favorise une croissance économique forte et durable.

L’impact positif de l’intervention du régulateur américain n’a pas duré. Dimanche, les autorités de régulation ont également fermé la Signature Bank à New York, suscitant des inquiétudes quant au risque de contagion à d’autres banques régionales américaines à la suite de l’effondrement de la SVB. Aux États-Unis, les actions de la First Republic Bank de San Francisco ont chuté de 65 %, entraînant une baisse des actions des banques régionales, alors que les investisseurs craignent que d’autres saisies ne soient à l’ordre du jour, ce qui entraînerait une baisse des actions sur les marchés européens et autres.

L’indice de référence TA-125 de la Bourse de Tel Aviv a chuté d’environ 1,1 %, tandis que l’indice TA-35 des sociétés de premier ordre a baissé de 0,7 %. L’indice Tel Aviv des cinq plus grandes banques a baissé de 2,1 % et l’indice TA-Insurance & Financial Services a reculé de 2,8 %.

Ori Greenfeld, stratège en chef de Psagot Investment House. (Autorisation)

« Les marchés mondiaux ne sont pas vraiment convaincus que les retombées de l’événement soient terminées et c’est pourquoi nous voyons les actions locales baisser également en suivant la tendance à l’étranger », a déclaré Ori Greenfeld, stratège en chef de Psagot Investment House, au Times of Israel. « Les régulateurs américains ont introduit une nouvelle garantie pour les banques afin de protéger les dépôts des clients et d’éviter un risque systématique pour l’économie, tout en signalant qu’ils ne renfloueraient pas les banques ou leurs capitaux propres. »

« Ainsi, si d’autres banques régionales américaines sont confrontées à des problèmes similaires à ceux de la SVB, parce qu’elles ont pris trop de risques et affichent des pertes, leurs capitaux propres pourraient baisser, mais cela n’aura pas d’effet macroéconomique », a expliqué Greenfeld.

Fondée en 1983, la SVB fournit des services bancaires et financiers à l’industrie croissante des start-ups de la Silicon Valley et, de plus en plus, aux start-ups israéliennes. Au fil des ans, alors que l’industrie high-tech levait des milliards de dollars en capital et en investissements, la SVB est devenue la 16e banque des États-Unis.

Elle a fait faillite après que les déposants se sont empressés de retirer leur argent la semaine dernière, déclenchant une ruée sur la banque dans un contexte d’inquiétude quant à sa santé et à ses décisions malencontreuses, ce qui a entraîné des pertes considérables alors que les taux d’intérêt ont augmenté plus rapidement que prévu au cours de l’année écoulée. Il s’agit de la deuxième plus grande faillite bancaire de l’Histoire des États-Unis après celle de Washington Mutual en 2008.

Greenfeld, de Psagot, et Lior Shilo, analyste des services financiers à la société d’investissement IBI, ont tous deux souligné que les banques nationales israéliennes ont une structure de capital différente de celle de leurs homologues américaines, avec des investissements solides et d’importantes réserves de capitaux pour faire face aux périodes de turbulences si elles devaient enregistrer des pertes sur leurs portefeuilles.

« La SVB soulèvera de nombreuses discussions concernant la vigilance du régulateur, la classification des actifs dans le portefeuille de négociation des banques, et la reconnaissance et la comptabilisation des profits et des pertes des obligations à échéance », a déclaré Shilo. « La situation des banques locales israéliennes semble bien meilleure et leur gestion, associée à la surveillance étroite du régulateur local, leur permet de rester stables même dans un tel environnement. »

Des clients faisant la queue devant le siège fermé de la Silicon Valley Bank (SVB) à Santa Clara, en Californie, le 10 mars 2023. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images via AFP)

Shilo a souligné que, bien que la plupart des banques soient exposées à un portefeuille de titres, la situation de la SVB était très particulière en ce qui concerne le volume d’obligations de la banque par rapport à l’ensemble de son portefeuille de négociation et par rapport à son volume de dépôts.

« Contrairement à la SVB, les banques israéliennes sont gérées d’une manière totalement différente », a fait remarquer Shilo. « Le volume des actifs détenus en obligations est loin d’atteindre le taux de détention de la SVB (76 %) et la majeure partie du portefeuille est constituée d’obligations disponibles à la vente. »

Le relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale au cours de l’année écoulée a pesé sur la valeur des portefeuilles obligataires des banques. En raison de sa forte exposition à ces obligations, la SVB a enregistré des pertes d’environ 15 milliards de dollars, soit 16,5 % d’un portefeuille de 91 milliards de dollars de titres que la banque américaine a classés comme étant détenus jusqu’à l’échéance.

Bien que la hausse des taux d’intérêt ait affecté la valeur des portefeuilles des banques nationales au cours de l’année écoulée, elle était loin d’atteindre les pertes réalisées par la SVB, selon Shilo, qui varient de 1 % à 6,5 % de l’ensemble du portefeuille.

« Les banques locales sont financièrement stables et ont récemment affiché de bonnes performances dans leurs résultats, grâce à leurs opérations bancaires traditionnelles générant des profits à partir des intérêts perçus sur les dépôts et les prêts à mesure que les taux augmentaient », a déclaré Greenfeld.  « En outre, l’économie israélienne croît à un rythme soutenu par rapport à celle des États-Unis. »

La semaine dernière, la Banque Hapoalim, l’un des plus grands prêteurs d’Israël, a affiché un bénéfice net record de 6,5 milliards de shekels en 2022, la hausse des taux d’intérêt et de l’inflation ayant stimulé le revenu total et les activités de crédit. Les revenus nets d’intérêts en 2022 ont augmenté de 38 % pour atteindre 13,5 milliards de shekels par rapport à l’année précédente. Le portefeuille de crédit d’Hapoalim a augmenté de 10,2 % pour l’ensemble de l’année 2022.

Un distributeur de billets de la Banque Hapoalim. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’économie israélienne a progressé de 6,5 % en 2022, à un rythme plus lent que l’expansion rapide de 8,6 % en 2021. Le produit intérieur brut a augmenté de 5,8 % au quatrième trimestre 2022, en données corrigées des variations saisonnières et annualisées, dépassant les attentes des analystes. En 2022, la croissance moyenne des pays de l’OCDE a été de 2,8 %.

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