Tarantino qui parle en hébreu et ‘1917’ font des vagues aux Golden Globes
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Tarantino qui parle en hébreu et ‘1917’ font des vagues aux Golden Globes

Sam Mendes remporte le prix du meilleur film pour "1917", drame sur la Première guerre mondiale ; Gervais plaisante sur Weinstein et Sacha Baron Cohen fustige à nouveau Facebook

Quentin Tarantino, gagnant du prix du meilleur réalisateur et du meilleur film pour "Once Upon a Time...in Hollywood," pose dans la salle de presse lors de  la 77è cérémonie annuelle des Golden Globe Awards au Beverly Hilton Hotel à Beverly Hills, en Californie, le 5 janvier 2020 (Crédit :  AP Photo/Chris Pizzello)
Quentin Tarantino, gagnant du prix du meilleur réalisateur et du meilleur film pour "Once Upon a Time...in Hollywood," pose dans la salle de presse lors de la 77è cérémonie annuelle des Golden Globe Awards au Beverly Hilton Hotel à Beverly Hills, en Californie, le 5 janvier 2020 (Crédit : AP Photo/Chris Pizzello)

La cérémonie des Golden Globes à Hollywood a été à la hauteur de sa réputation, dimanche – avec son lot de moments mémorables : Quentin Tarantino remerciant son épouse en hébreu ; le présentateur de la cérémonie, Ricky Gervais, se livrant à des plaisanteries sur Harvey Weinstein et Sacha Baron Cohen accusant encore une fois Facebook et son fondateur, Mark Zuckerberg, d’aider à répandre la propagande nazie.

Voici certains moments clés de la cérémonie :

‘1917’

C’est le réalisateur juif Sam Mendes qui est l’un des grands gagnants de la soirée en remportant le prix du meilleur réalisateur ainsi que celui du meilleur film, dans la catégorie Drame, pour « 1917 », œuvre épique et techniquement sidérante consacrée à la Première guerre mondiale.

Le film est conçu sous la forme de longues prises sinueuses, ce qui donne l’impression qu’il se déroule en un seul plan-séquence.

« J’espère que ça veut dire que les gens vont venir voir le film sur grand écran, c’est l’intention avec laquelle je l’avais réalisé », a affirmé Mendes.

Cette image diffusée par NBC montre le réalisateur Sam Mendes accepter le prix du meilleur film pour « 1917 » lors de la 77e cérémonie annuelle des Golden Globe Awards au Beverly Hilton Hotel à Beverly Hills, en Californie, le 5 janvier 2020. (Crédit : Paul Drinkwater/NBC via AP)

‘Toda, geveret’

Acceptant son prix du meilleur film pour une comédie ou une comédie musicale pour sa fable rayonnante de Los Angeles, « Once Upon a Time… in Hollywood », Tarantino s’est adressé à son épouse, la chanteuse israélienne Daniella Pick, dans un hébreu quelque peu compliqué.

« Je veux vraiment vous remercier ainsi que mon épouse qui est en train de me regarder depuis Tel Aviv et qui est enceinte de mon tout premier enfant », a-t-il dit à l’assistance sous les applaudissements, avant d’ajouter : « Toda, geveret [« merci, madame » en hébreu], je t’aime ».

Sacha Baron Cohen vs Facebook, une fois encore

L’acteur et comédien juif Sacha Baron Cohen a encore une fois utilisé son discours pour fustiger le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg — qu’il a attaqué récemment à plusieurs reprises – l’accusant de laisser se répandre la propagande nazie sur son réseau social.

Cohen présentait le film « Jojo Rabbit », une satire antihaine sur la Shoah consacrée à un petit garçon allemand qui souhaite devenir un nazi vers la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Le héros du prochain film est un enfant naïf, mal conseillé, qui aide la propagande des nazis à se répandre et qui n’a que des amis imaginaires. Son nom est Mark Zuckerberg », a-t-il clamé. « Désolé, c’est une ancienne intro pour un réseau social. En fait, je parle de ‘Jojo Rabbit’. »

« Jojo Rabbit », réalisé par Taika Watiti, Juif et Maori néo-zélandais, qui tient aussi un premier rôle dans le film, n’a finalement rien remporté.

« Au bord de la guerre »

Arquette a également utilisé sa présence sous les projecteurs pour décrier les tensions accrues entre les Etats-Unis et l’Iran, après la frappe américaine qui a tué le commandant militaire iranien Qassem Soleimani.

Quand les générations futures « regarderont en arrière et verront cette nuit dans les livres d’histoire, nous verrons un pays au bord de la guerre », a continué Arquette, qui acceptait son prix pour « The Act ».

« Les Etats-Unis d’Amérique, un président écrivant sur Twitter une menace de 52 bombes à l’encontre, notamment, de sites culturels… Des gens qui ne savent pas si des bombes vont être lâchées sur la tête de leurs gamins – et le continent de l’Australie en feu. »

Elle a également terminé son discours en appelant les spectateurs à voter au cours du prochain scrutin du mois de novembre.

Gervais frappe fort

Le comique britannique Ricky Gervais a profité de sa cinquième et dernière apparition en tant que présentateur pour faire des bons mots sur des sujets qui hantent le milieu du divertissement et notamment sur #MeToo, le manque de diversité et la guerre du streaming.

« Voyez, alors que je vous parle à vous tous, les pervers, l’année a été bonne — ‘Surviving R. Kelly’, ‘Leaving Neverland’, ‘Two Popes' », a plaisanté Gervais, se référant à deux documentaires sur les violences sexuelles et à l’un des plus sérieux concurrents en lice pour le prix du meilleur film dramatique, cette année.

Invitant sur scène Sandra Bullock, il a déclaré que « notre prochaine présentatrice a tenu le premier rôle dans ‘Bird Box’ de Netflix, un film où les gens survivent en agissant comme s’ils ne voyaient rien. Un truc qui semble s’appliquer aussi à Harvey Weinstein ».

Leonardo DiCaprio, nominé cette année aux Golden Globes – et ses nombreuses petites amies mannequins – ont été une autre cible pour Gervais.

« ‘Once upon a Time… In Hollywood’ — ça dure presque trois heures. Leonardo DiCaprio s’est rendu à la première du film et, le temps qu’il se termine, sa petite amie était devenue trop âgée pour lui », a dit le présentateur.

Il a également prononcé un commentaire mordant, affirmant que les acteurs prendraient une place dans la file d’attente si le groupe terroriste Etat islamique exploitait un service de streaming. « Vous dites que vous en avez conscience mais les entreprises pour lesquelles vous travaillez sont incroyables, a-t-il dit. Apple, Amazon, Disney… Si l’EI lançait un service de streaming, vous appelleriez votre agent, n’est-ce pas ? Si c’est le cas et si vous remportez un prix ce soir, n’utilisez pas cette opportunité pour prononcer un discours politique. »

Mais cette performance a attiré les critiques, Deadline la qualifiant de « provocation médiocre » et Variety de « sortie politique fade et inconsistante ».

« Nous devons agir »

Russell Crowe a utilisé sa victoire aux Golden Globes pour envoyer un message puissant sur les feux dévastateurs en Australie et sur le changement climatique – même s’il ne se trouvait pas dans la salle.

Crowe est resté dans son pays natal pour « protéger sa famille des incendies dévastateurs », a expliqué la présentatrice, Jennifer Aniston, avant de lire son message.

« Ne vous y trompez pas, la tragédie qui se déroule actuellement en Australie est due au changement climatique », a écrit l’acteur qui a remporté le prix pour « The Loudest Voice », diffusé sur ShowTime, un film consacré au fondateur de Fox News, Roger Ailes.

« Nous devons agir sur la base de la science, faire avancer notre main d’œuvre dans le monde vers les énergies renouvelables et respecter notre planète… C’est ainsi que nous nous garantirons un avenir à tous. »

Pierce Brosnan, Laura Dern et Patricia Arquette ont également évoqué le changement climatique lors d’un gala où les organisateurs ont servi un repas exclusivement vegan.

« Allah Akbar »

L’acteur américano-égyptien Ramy Youssef a fait se lever quelques sourcils en montant sur la scène après avoir gagné le premier Golden Globe de la soirée pour le prix du meilleur acteur de comédie pour « Ramy ».

« Je voudrais remercier mon Dieu. Allah Akbar. Merci, Dieu », a dit l’acteur musulman.

La phrase, qui signifie « Dieu est le plus grand », est une expression quotidienne dans le monde musulman mais, pour certains en Occident, elle est associée aux attentats terroristes djihadistes.

« Allez voter »

Michelle Williams a vivement recommandé aux femmes d’aller voter lors des élections présidentielles américaines cette année, alors qu’elle acceptait le Golden Globe pour la meilleure actrice dans une série courte ou un téléfilm.

« En tant que femmes et en tant que jeunes filles, des choses peuvent arriver dans nos corps qui ne relèvent pas de notre choix », a déclaré la star de « Fosse/Verdon » à l’assistance.

« Alors à vous, les femmes, âgées de 18 ans à 118 ans, lorsque le moment sera venu de voter, faites-le dans votre propre intérêt… C’est ce que les hommes font depuis des années et c’est la raison pour laquelle le monde leur ressemble tellement », a-t-elle ajouté.

« N’oubliez pas que nous sommes la plus importante source de votes dans le pays. Faisons en sorte que ce dernier nous ressemble davantage », a-t-elle ajouté.

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