Téléphérique de Jérusalem : des architectes mondialement connus s’y opposent
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Téléphérique de Jérusalem : des architectes mondialement connus s’y opposent

Ron Arad, Moshe Safdie, Santiago Calatrava sont parmi les 27 personnalités qui affirment que les "lobby" font passer tourisme et politique avant la sauvegarde des trésors culturels

Esquisse d'artiste de la traversée en téléphérique de la vallée du Hinnom à Jérusalem, d'après une vidéo de présentation diffusée sur YouTube.
Esquisse d'artiste de la traversée en téléphérique de la vallée du Hinnom à Jérusalem, d'après une vidéo de présentation diffusée sur YouTube.

Dans une initiative tout à fait inhabituelle, 27 architectes internationaux ont signé une lettre demandant au gouvernement de mettre un terme au projet de construction d’un téléphérique vers la Vieille Ville de Jérusalem.

Ron Arad, Moshe Safdie, Santiago Calatrava, Peter Eisenman et Thom Mayne sont parmi les signataires, ajoutant leur prestige à l’opposition croissante au projet en Israël.

Les créations de Safdie en Israël comprennent le nouvel aéroport du pays, le Mémorial de la Shoa Yad Vashem et le gigantesque projet Mamilla dans le centre de Jérusalem.

L’Espagnol Calatrava a conçu le pont à cordes emblématique de l’entrée nord-ouest de la capitale.

L’architecte Moshe Safdie. (Capture d’écran YouTube)

Le ministère israélien du Tourisme promeut ce plan en tant qu’attraction touristique, ainsi qu’en tant que solution aux graves embouteillages et à la pollution autour des remparts de la Vieille Ville.

Les opposants, cependant, affirment que le projet est indéfendable et politiquement irresponsable, et qu’il ne résoudra pas les problèmes de circulation et autres qu’il est censé résoudre.

Dans une lettre adressée mercredi à la presse, qui doit être envoyée au Premier ministre et aux ministres du Tourisme et des Affaires de Jérusalem, les signataires internationaux écrivent : « Le projet est promu par de puissants groupes d’intérêt qui placent le tourisme et les programmes politiques avant la responsabilité de la sauvegarde des trésors culturels de Jérusalem ».

« Aucune autre ville historique importante n’a de téléphérique… C’est une question de consensus international que le choix d’un téléphérique n’est pas approprié pour les villes anciennes avec une physionomie préservée depuis des siècles et même des milliers d’années. Des villes comme Rome et Athènes avec des millions de visiteurs par an n’ont pas construit de téléphérique. »

Esquisse d’un téléphérique traversant la vallée de Hinnom à Jérusalem jusqu’au Mont Sion d’après une vidéo promotionnelle téléchargée sur YouTube.

La lettre poursuit : « Le paysage ancien de Jérusalem est un patrimoine précieux pour toute l’humanité. Ses valeurs religieuses et culturelles ne doivent pas être sacrifiées à des intérêts à court terme ».

L’appel lancé au gouvernement israélien, « en tant que gardien de la ville », pour qu’il « fasse tout ce qui est en son pouvoir pour conserver une dimension historique et culturelle durable et protéger le panorama historique de tout programme économique ou idéologique qui menace de compromettre un bien culturel irremplaçable ».

Des avis similaires ont été exprimés en octobre par quelque 70 architectes, archéologues et personnalités publiques israéliens, qui ont signé une lettre d’avertissement : « Jérusalem n’est pas Disneyland et ses trésors paysagers et son patrimoine ne sont pas à vendre ».

Le projet – fortement soutenu par le ministre du Tourisme Yariv Levin et le maire de Jérusalem Moshe Lion – a été approuvé, sous réserve d’une période de consultation publique, qui prend fin le 31 mars prochain.

Comme le Times of Israel l’a révélé plus tôt cette semaine, le ministère des Transports n’est pas impliqué dans le projet, malgré la promesse des bailleurs de fonds qu’il sera partie prenante de l’infrastructure du transport public à Jérusalem en pleine évolution.

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