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Tensions avec Shaked : Raam met fin aux réunions d’une commission de la Knesset

Walid Taha se rebelle contre le fait que la ministre de l'Intérieur retarde l'adoption d'une loi visant à fournir de l'électricité aux foyers bédouins dans les hameaux non reconnus

Walid Taha, député du parti Raam, assiste à une réunion du comité d'organisation de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Walid Taha, député du parti Raam, assiste à une réunion du comité d'organisation de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un député du parti Raam a déclaré mardi qu’il n’autorisera pas la réunion d’un comité clé de la Knesset plus tard dans la semaine en signe de protestation contre les atermoiements de la coalition, la dernière en date d’une série de prises de bec avant un vote clé sur l’adoption du premier budget d’Israël depuis des années.

Walid Taha, chef de la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement de la Knesset, a annulé les réunions prévues mercredi et jeudi pour examiner un projet de loi sur les dispositions économiques accompagnant le projet de budget.

L’annulation est intervenue après que la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, a retardé un projet de loi présenté par Raam visant à permettre aux maisons construites sans permis d’être raccordées à l’électricité, dans le cadre d’un différend entre elle et le parti islamiste.

Dans un tweet, Taha a menacé que le parti puisse quitter le gouvernement – forçant ainsi son effondrement – si les promesses faites lors des négociations de coalition ne sont pas tenues.

« L’heure des décisions a sonné ! Soit les accords sont honorés dans leur intégralité, soit nous allons aux élections », a-t-il écrit. « L’électricité est un besoin vital fondamental et l’État empêche des milliers de foyers d’être raccordés parce qu’il n’a pas pris la peine, pendant des décennies, de faire avancer les plans de construction dans la communauté arabe. » Taha a accusé le pays de punir les résidents qui ont été contraints de se retrouver dans cette situation.

Quelque 90 000 personnes vivent dans des bidonvilles bédouins non reconnus dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël. Le gouvernement israélien considère ces villages tentaculaires comme illégaux et les habitants, dont beaucoup constituent la base politique de Raam, vivent dans des conditions misérables, avec un accès limité à l’électricité et à l’eau courante.

Maisons démolies dans le village bédouin d’Umm al-Hiran dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël, le 18 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La loi poussée par Raam et retardée par Shaked aurait permis à la Société israélienne d’électricité de connecter les maisons au réseau même si elles n’ont pas de permis. Elle aurait également permis à la société de remplacer les raccordements électriques de fortune illégaux qui existent dans certaines zones par des raccordements légaux réglementés.

Raam, le premier parti arabe à entrer au gouvernement depuis des décennies, a utilisé sa position unique pour faire pression en faveur de la fin de la négligence dans les communautés arabes. Des membres du parti ont déclaré à Haaretz que la question avait été abordée lors des négociations de la coalition avant la formation du gouvernement, mais que celle-ci avait depuis traîné les pieds pour tenir les promesses qu’elle avait faites.

La coalition ne compte que 61 membres, ce qui lui donne la plus faible majorité possible à la Knesset, qui compte 120 sièges, et donne à Raam ou à tout autre parti, voire à un seul élu, le pouvoir de faire tomber le gouvernement en s’en retirant. Cependant, des sources du parti ont déclaré qu’ils cherchaient à aplanir les divergences plutôt que de partir en guerre, a rapporté Haaretz.

Mme Shaked a été au centre de plusieurs dissensions au sein de la coalition – un assemblage de partis allant du parti Yamina, soutenu par les résidents d’implantation, au parti de gauche Meretz et au parti islamiste Raam – malgré les efforts déployés pour étouffer les luttes internes jusqu’à l’adoption du budget, probablement le mois prochain.

Le ministre des Affaires Etrangères Yair Lapid et la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked à la Knesset à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus tôt dans la journée de mardi, Ayelet Shaked s’en était prise au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et au ministre de la Santé Nitzan Horowitz pour des commentaires qui, selon elle, ont entaché son camp politique à propos de l’assassinat d’Yitzhak Rabin 26 ans plus tôt.

« Une telle étiquette exclut la moitié du peuple du jeu démocratique ; ce n’est pas la préservation de la démocratie, mais au contraire une preuve de mépris », a déclaré Shaked dans un post Facebook.

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