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Tillerson dénonce à Beyrouth les actions « déstabilisatrices » du Hezbollah

"Sa présence en Syrie a perpétué le bain de sang, augmenté le déplacement de populations innocentes, et renforcé le régime barbare d'Assad", a souligné le Secrétaire d'État

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à droite, serre la main du Premier ministre libanais  Saad Hariri au parlais gouvernemental de Beyrouth, le 15 février 2018 (Crédit :AFP PHOTO / ANWAR AMRO)
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à droite, serre la main du Premier ministre libanais Saad Hariri au parlais gouvernemental de Beyrouth, le 15 février 2018 (Crédit :AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a affirmé jeudi que l’engagement du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans le conflit en Syrie, avait des « effets déstabilisateurs » au Moyen-Orient, lors d’une visite de quelques heures à Beyrouth.

Le puissant mouvement armé du Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise et allié de l’Iran, est considéré comme un groupe terroriste par Washington. Il est le seul parti libanais à ne pas avoir abandonné son important arsenal militaire après la guerre civile (1975-1990).

Le mouvement terroriste chiite combat aux côtés du régime syrien de Bachar al-Assad, dont le départ est réclamé par les Etats-Unis pour mettre un terme au conflit qui déchire ce pays depuis 2011.

« L’engagement du Hezbollah dans les conflits régionaux menace la sécurité du Liban et a des effets déstabilisateurs sur la région », a souligné Tillerson, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre libanais Saad Hariri.

« Sa présence en Syrie a perpétué le bain de sang, augmenté le déplacement de populations innocentes, et renforcé le régime barbare d’Assad », a-t-il martelé.

Il s’agit de la première au Liban d’un responsable américain de ce rang depuis quatre ans. Après Beyrouth, Tillerson, qui a effectué une tournée au Moyen-Orient, s’est rendu en Turquie.

Grâce à l’appui du Hezbollah et surtout de l’allié russe, le régime d’Assad a réussi à reprendre la main dans le conflit, multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, jusqu’à reconquérir plus de la moitié du territoire syrien.

Tillerson s’était montré plus conciliant la veille en Jordanie, en estimant qu’il fallait « reconnaître » que le Hezbollah faisait partie « du processus politique au Liban ».

Ennemi juré d’Israël qu’il a combattu ces dernières années, le Hezbollah et ses cadres sont la cible de sanctions économiques et bancaires des Etats-Unis.

La justice américaine a mis en place en janvier une équipe spéciale chargée d’enquêter sur le financement du « narco-terrorisme » présumé du Hezbollah.

Réserves d’hydrocarbures

Lors de sa visite à Beyrouth, Tillerson s’est entretenu avec plusieurs dirigeants dont Hariri et le président Michel Aoun, des récentes tensions entre le Liban et Israël, notamment sur le dossier des explorations d’hydrocarbures en Méditerranée et le tracé de la frontière.

Les deux pays voisins sont techniquement en état de guerre.

Le Liban vient de signer son premier contrat de prospection avec un consortium alliant le français Total, l’italien ENI et le russe Novatek.

Deux blocs sont concernés, notamment le bloc 9, dont une partie se trouverait dans une zone maritime disputée avec Israël.

Les autorités libanaises ont en outre haussé le ton au sujet de la construction par l’Etat hébreu d’un mur frontalier en béton qui, selon Beyrouth, empiéterait en partie sur son territoire.

« Il y a des contacts avec les gouvernements du Liban et d’Israël pour faire en sorte que la frontière reste calme », a dit Tillerson. « Nous sommes engagés à aider le Liban à prospérer à travers l’exploitation de ses ressources naturelles, en accord avec tous ses voisins ».

De son côté, Hariri a évoqué de « nouvelles idées qui seront exploitées » pour résoudre le différend. « Ce qui est à nous est à nous, et ce qui est à Israël est à Israël ».

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