Trafic d’antiquités en France : un expert en archéologie et son mari inculpés
Rechercher

Trafic d’antiquités en France : un expert en archéologie et son mari inculpés

Christophe Kunicki, expert en archéologie méditerranéenne, et Richard Semper sont poursuivis pour escroqueries en bande organisée, association de malfaiteurs

La Cour de cassation de Paris. (Crédit : DXR/CC BY-SA 3.0)
La Cour de cassation de Paris. (Crédit : DXR/CC BY-SA 3.0)

Un expert en archéologie français réputé et son mari ont été inculpés vendredi à Paris dans une vaste enquête sur un trafic d’antiquités pillées dans des pays au Proche et au Moyen-Orient à la faveur de troubles politiques, a appris l’AFP vendredi de sources concordantes.

Christophe Kunicki, expert en archéologie méditerranéenne, et Richard Semper sont poursuivis pour escroqueries en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et délits punis de 10 ans d’emprisonnement, de blanchiment en bande organisée et de faux et usage de faux, selon une source judiciaire et une source proche du dossier.

Ils n’ont pas été incarcérés et ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Les deux hommes avaient été arrêtés et placés en garde à vue avec trois autres suspects lundi et mardi lors d’un coup de filet retentissant dans le milieu feutré du marché de l’art et des antiquaires parisiens.

Les trois autres suspects – le président de la maison Pierre-Bergé & Associés, une ancienne conservatrice du Louvre et un célèbre galeriste parisien de la rive gauche – ont été remis en liberté sans être présentés au juge d’instruction Jean-Michel Gentil, chargé de cette enquête confiée à l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC).

Ces deux figures respectées du monde des antiquités dans la capitale française, considérée comme l’une des places fortes mondiales du secteur, sont soupçonnées d’avoir « blanchi » des objets archéologiques pillés dans plusieurs pays en proie à l’instabilité depuis le début des années 2010 et l’émergence du Printemps arabe : Egypte principalement mais aussi Libye, Yémen ou Syrie.

Le Metropolitan Museum à New York. (Crédit : Wikimedia Commons)

Selon des sources proches du dossier, ce trafic aurait concerné des centaines de pièces et porterait sur plusieurs dizaines de millions d’euros.

Les agents de l’OCBC cherchent à vérifier si ces personnalités ayant « pignon sur rue » ont pu maquiller, avec l’aide d’intermédiaires sur place, l’origine et l’histoire de ces œuvres pour les revendre ensuite légalement à des particuliers mais aussi à de grandes institutions culturelles comme Le Louvre Abou Dhabi ou le « Met » de New York.

Spécialiste de l’archéologie méditerranéenne et membre du comité de la Société Française d’Égyptologie, Christopher Kunicki avait déjà vu son nom et celui de son mari liés à une affaire de sarcophage pillé en Egypte en 2011.

Après avoir transité par Dubaï, l’Allemagne, puis Paris, ce sarcophage du prêtre Nedjemankh avait été vendu au Met en 2017 pour 3,5 millions d’euros (environ 4 millions de dollars) par M. Kunicki.

Pièce centrale d’une exposition au Met portant son nom, il a finalement été rendu solennellement à l’Egypte en 2019 après qu’une enquête a établi qu’il avait été volé l’année du soulèvement contre le président Hosni Moubarak.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...