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Tribune de 3 universitaires contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur en France

Appelant les universités et les individus à se mobiliser contre le fléau, ils écrivent que de tels faits "s’en prennent à la communauté universitaire tout entière"

Des tags antisémites sur le fronton de Sciences Po Paris, le 12 avril 2021. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)
Des tags antisémites sur le fronton de Sciences Po Paris, le 12 avril 2021. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)

Régulièrement, des tags antisémites sont retrouvés sur les murs ou dans l’enceinte d’universités françaises. Cela a notamment été le cas à Strasbourg, Panthéon-Assas, Créteil, HEC, Sciences Po ou encore Nanterre.

Face à ce constat, les universitaires Anne-Laure Chaumette (professeure de droit public, université Paris-Nanterre), Vincent Duclert (chercheur au Centre d’études sociologiques et politiques Raymond-Aron) et Thomas Hochmann (professeur de droit public, université Paris-Nanterre) ont dénoncé ce mois-ci dans une tribune au Monde, une banalisation de la violence antisémite. Ils ont ainsi appelé les universités et les individus à se mobiliser contre le fléau.

« Relevant de la justice, poursuivis pénalement, de tels faits s’en prennent à la communauté universitaire tout entière, qui y est confrontée de plus en plus », ont-ils écrit.

« Cet antisémitisme dans le milieu universitaire s’inscrit dans un contexte plus large : inscriptions dans les rues de France, sur les portes d’appartements, crimes répétés contre des Français visés comme juifs, implacablement assassinés. La violence des mots exposés est autant d’actes de terreur, menaçant l’existence au quotidien et la vie même de concitoyens traqués par la haine raciale. »

Dénonçant un « antisémitisme sans fin », ils citent notamment l’expression du phénomène dans les premières manifestations des « gilets jaunes », fin 2018, dans les défilés contre le pass sanitaire, et durant les démonstrations de force contre le mariage pour tous. « La radicalité de certaines luttes semble devoir en appeler à l’expression de l’antisémitisme », écrivent-ils.

Ils estiment que tous ces évènements ont contribué à « banaliser la violence antisémite et sa signification historique et philosophique ».

« L’antisémitisme se transformerait-il en une expression publique comme une autre ? », se questionnent-ils, citant Zola et Camus, qui ont combattu le fléau.

« L’antisémitisme conduisant à l’extermination », ils rappellent l’importance du devoir de mémoire afin d’empêcher toute répétition des évènements, que ce soit contre les Juifs ou d’autres peuples, comme les Ouïgours ou les Arméniens.

Alors que Raymond Aron et François Furet ont, en 1982, organisé à la Sorbonne une grande conférence internationale sur « l’Allemagne nazie et l’holocauste des Juifs », les trois chercheurs écrivent que « les établissements universitaires doivent réagir pour dénoncer et informer ».

Ainsi, le 27 janvier 2023, jour de commémoration de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, des universitaires de Paris-Nanterre ont choisi « d’agir », indiquent-ils, sans donner plus de détails.

Ils concluent en écrivant qu’il faut « mesurer les risques que représente l’antisémitisme pour la France tout entière ».

« Il s’agit d’une question de vie ou de mort pour les sociétés démocratiques. Au-delà du réflexe éminemment moral de solidarité pour les victimes qui nous commande d’agir, le souci de l’intérêt national pourrait et devrait gouverner les décisions individuelles de combat contre l’antisémitisme, afin qu’il demeure la honte de l’humanité, plutôt que son tombeau », écrivent-ils.

En 2018, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) avait déjà alerté contre les graffitis antisémites dans les universités.

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