Trois députés travaillistes quittent le navire en protestation contre Gabbay
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Trois députés travaillistes quittent le navire en protestation contre Gabbay

Alors que le chef du parti en conflit cherche des soutiens avant les élections, A. Nahmias-Verbin, H. Bar et E. Broshi annoncent ne pas se représenter sur la liste travailliste

Avi Gabbay, chef du Parti travailliste à Tel Aviv le 10 janvier 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)
Avi Gabbay, chef du Parti travailliste à Tel Aviv le 10 janvier 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Trois députés travaillistes ont annoncé mercredi qu’ils ne solliciteraient pas la réélection dans les primaires du parti pour un autre mandat à la Knesset, dans un contexte d’opposition croissante au leader travailliste Avi Gabbay au sein des rangs du parti.

Ayelet Nahmias-Verbin et Eitan Broshi ont annoncé qu’ils se sépareraient du traditionnel parti de centre gauche israélien mercredi. Ils ont ensuite été rejoints par Hilik Bar, qui a déclaré qu’il ferait toujours campagne pour le parti avant les élections du 9 avril.

Après les élections, M. Bar, qui a assuré qu’il ne quittait pas la vie politique, a indiqué qu’il œuvrerait en faveur d’une solution de paix à deux États avec les Palestiniens.

Contrairement à Bar, Nahmias-Verbin et Broshi ont explicitement imputé leur décision de quitter la liste des Travaillistes à Gabbay, qui a fait chuter la cote de popularité du parti à des niveaux historiquement bas en liquidant l’Union sioniste, une alliance politique avec Hatnua, le parti de Tzipi Livni.

« Je resterai dans l’arène politique », a déclaré Nahmias-Verbin dans un communiqué déplorant les problèmes du parti travailliste. « Malgré le grand soutien que je reçois, ma maison n’est plus la même. »

La députée travailliste Ayelet Nachmias-Verbin prend la parole à la conférence du parti à Tel Aviv le 10 janvier 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Nahmias-Verbin a déclaré que l’annonce de Gabbay de se séparer de Hatnua – qu’il a faite en direct à la télévision devant Livni sans l’en informer au préalable – était « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » et elle a qualifié cette décision « d’erreur stratégique ».

Elle a déclaré que les « règles fondamentales de conduite politique » ont été ignorées dans le parti auquel elle a adhéré sous le Premier ministre Yitzhak Rabin, il y a plus de 20 ans.

« L’état actuel du parti travailliste m’inquiète beaucoup et je crains qu’il ne revienne jamais à la tête du pays », a déclaré M. Broshi dans un communiqué. Il a ajouté que les militants et les députés s’inquiétaient de l’orientation donnée par la direction du Parti travailliste.

Nahmias-Verbin s’était opposée à Gabbay au sujet de la scission avec l’Union sioniste et lui avait publiquement demandé de se retirer en faveur d’un candidat ayant de meilleures chances de battre le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections.

Le député de l’Union sioniste Hilik Bar assiste à une réunion de faction à la Knesset, le 8 janvier 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Broshi s’est également opposé à Gabbay, plus ouvertement en août dernier, lorsqu’il a intenté une action en diffamation contre le dirigeant travailliste pour l’avoir traité de « délinquant sexuel » et refusé de retirer ses propos.

Broshi a été accusé de deux cas d’inconduite sexuelle en 2018, dont un incident impliquant Mme Nahmias-Verbin.

Gabbay avait temporairement suspendu Broshi, disant que la Knesset n’était « pas un endroit pour les délinquants sexuels », et avait refusé de revenir sur ses propos même après que Broshi se soit excusé auprès de Nahmias-Verbin.

La popularité des travaillistes s’est effondrée depuis la séparation surprise d’avec Livni par Gabbay, les sondages d’opinion estimant que la force politique autrefois puissante ne gagnerait que sept ou huit sièges lors des élections du 9 avril. Sur les 120 membres sortants de la Knesset, l’Union sioniste détient 24 sièges.

Eitan Broshi, député du Parti travailliste de la faction de l’Union sioniste, lors d’une réunion de la Commission des finances à la Knesset, 30 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)

La semaine dernière, Gabbay a été hué lors d’un événement des Travaillistes, alors qu’il cherchait à persuader son parti amer et déchiré qu’il pouvait battre Netanyahu.

Face aux appels qui lui ont été lancés pour qu’il se retire, Gabbay a tenté d’ignorer le chaos et de se présenter comme une alternative crédible au Premier ministre, dont le parti du Likud semble en bonne voie pour être réélu.

En réponse aux annonces de départ de Nahmias-Verbin, Broshi et Bar, Gabbay a twitté mercredi que le parti travailliste avait inscrit le mois dernier 4 600 adhérents et 40 candidats sur sa liste pour la Knesset.

Il a souhaité bonne chance aux trois, et s’est dit « très heureux » de voir un renouveau dans le Parti travailliste.

Des rumeurs faisant état d’éventuels rapprochements politiques entre partis d’opposition ont circulé ces dernières semaines, les dirigeants des partis cherchant à former un bloc de centre-gauche dans le but de renverser Netanyahu en avril.

Des sondages ont montré que le parti de l’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz finirait deuxième derrière le Likud aux élections, mais loin derrière celui-ci. Ils ont également indiqué qu’il pourrait constituer un plus grand défi pour le parti au pouvoir de Netanyahu s’il faisait équipe avec un autre parti centriste.

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l’Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l’opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Selon des informations parues dans les médias israéliens, M. Gantz s’oppose à l’idée d’unir ses forces à celles de Gabbay et de la gauche, dans un souci de séduire une base électorale plus à droite.

Ces dernières semaines, Gantz aurait rencontré Livni, l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon et le dirigeant de Yesh Atid, Yair Lapid.

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