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Trump critique les Juifs américains qui « ne font pas ce qu’il faut » pour Israël

Dans un discours à l’Organisation Sioniste d’Amérique, il a dit à propos d’Israël « Je serai avec vous jusqu’au bout » et s’est engagé à reprendre les gains Démocrates de mi-mandat

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

L'ancien président américain Donald Trump s'adressant à l'Organisation Sioniste d'Amérique, à New York, le 13 novembre 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
L'ancien président américain Donald Trump s'adressant à l'Organisation Sioniste d'Amérique, à New York, le 13 novembre 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

NEW YORK – Dans un discours prononcé dimanche devant une organisation juive de droite, à New York, l’ex-président américain Donald Trump s’est engagé à reprendre le terrain perdu face au parti Démocrate aux récentes élections de la mi-mandat, et il a maintenu le suspense autour de l’annonce de sa possible candidature aux présidentielles de 2024.

Trump a également critiqué les Américains juifs qui ne lui sont pas favorables en dépit de son soutien à Israël.

Il s’en est pris aux Démocrates progressistes et au président américain Joe Biden, et il a juré de continuer à soutenir l’État juif, dans cette allocution prononcée devant les membres de l’Organisation Sioniste d’Amérique.

« Comme vous le savez, les Démocrates ont obtenu 75% des voix, ce qui est difficile à croire. Nous ne pouvons pas les laisser continuer ainsi », a déclaré Trump, évoquant le récent succès du parti Démocrate aux élections de la mi-mandat, la semaine passée.

« Quand on voit tout ce qui s’est passé de mauvais avec Biden et avec Barack Hussein Obama !… Et pourtant, les Démocrates obtiennent encore 75% des voix. Que diable se passe-t-il ? Mais nous allons y mettre bon ordre », a dit Trump à une foule en liesse.

« En mon nom, et au nom de mon administration, nous ferons une déclaration mardi soir. Nous verrons ce qui se passera ensuite », a-t-il ajouté, évoquant l’annonce de sa candidature aux présidentielles de 2024. Il a fait planer le suspense sur cette possible annonce, ces dernières semaines, et les résultats des élections de la mi-mandat ne semblent pas avoir entamé sa détermination.

Lors d’une cérémonie spéciale, l’Organisation Sioniste d’Amérique a remis à Trump la médaille d’or Theodor Herzl, en reconnaissance de son soutien à Israël et aux Juifs, a déclaré le président David Schoen.

Le gala était l’occasion de célébrer le 125e anniversaire de l’organisation. Cette dernière a expliqué que les accords d’Abraham, négociés par l’administration Trump, étaient à l’origine de l’hommage rendu à l’ancien président et du prix qui lui a été remis – évoquant aussi le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, la protection des étudiants sionistes sur les campus américains, la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, le retrait de l’accord nucléaire iranien et la fin des transferts de fonds aux Palestiniens.

Le directeur de la ZOA, Morton Klein, a déclaré que l’organisation ne décernait que très rarement ce prix, réservé aux « dirigeants mondiaux et aux plus hauts dignitaires » – tels Lord Arthur Balfour, l’ex-Premier ministre britannique Winston Churchill, l’ex-président américain Harry Truman, le père fondateur d’Israel David Ben Gurion ou l’ex-Première ministre Golda Meir.

Dans son discours d’acceptation au Chelsea Piers de Manhattan, Trump a déclaré devant un auditoire de plusieurs centaines de personnes que certains Américains juifs se montraient déloyaux à l’égard d’Israël.

Il avait suscité un tollé, le mois dernier, en sommant les Juifs américains de « se ressaisir », leur reprochant de ne pas apprécier à sa juste valeur son soutien à l’État juif.

« Les États-Unis et Israël ne sont pas seulement alliés sur le plan militaire, mais également économiquement et politiquement. Nous sommes aussi des alliés moralement, culturellement et spirituellement et nous le serons toujours – du moins si j’ai mon mot à dire sur la question », a indiqué Trump dimanche. « Mais il y a des gens, dans ce pays, qui sont Juifs et qui ne font pas ce qu’il faut pour Israël. Et il y en a trop. »

L’ex-président américain Donald Trump s’adresse à l’Organisation Sioniste d’Amérique à New York, le 13 novembre 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Il a qualifié le retrait du « désastreux accord nucléaire iranien » de « chose la plus importante » qu’il ait jamais faite pour Israël, comparant ses accusations infondées de fraude électorale et les avancées de l’Iran depuis son retrait de l’accord.

« Nous avons obtenu plus de suffrages que n’importe quel autre président en exercice de toute l’histoire des Etats-Unis, mais il y a quelque chose de pourri dans nos scrutins, comme vous le savez probablement – et c’est à cause de cela que nous sommes maintenant dans une si mauvaise posture. L’Iran était affaibli, l’Iran était prêt à conclure un accord et les Iraniens sont aujourd’hui à nouveau très riches », a-t-il déclaré.

« Biden s’est jeté aux pieds de la dictature iranienne pour obtenir qu’ils reviennent dans l’accord nucléaire, » a-t-il estimé.

Il a fustigé l’administration Biden et les députés progressistes, et notamment la Représentante de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, qu’il a accusé d’être anti-israélienne et de soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

« Il y a des gens au Congrès qui détestent Israël », a assuré Trump.

« Biden a nommé de nombreux ‘gauchistes’ radicaux anti-israéliens à des postes déterminants du gouvernement, y compris des personnalités qui ont soutenu le mouvement antisémite BDS qui appelle à la guerre économique contre l’État d’Israël », a-t-il poursuivi.

« Leur présence à de tels postes est tout bonnement inacceptable, » a-t-il poursuivi.

Il s’est engagé à continuer de soutenir Israël, tout en alertant sur la fragilité de l’Etat juif.

« Nous préserverons cette grande tradition biblique occidentale, ce qu’elle est effectivement, et nous veillerons à ce que les États-Unis et Israël soient des nations fortes, fières et libres, pour encore de nombreuses autres générations », a-t-il ajouté.

L’ex-président américain Donald Trump prend la parole lors d’un rassemblement à l’aéroport international de Dayton à Vandalia, dans l’Ohio, le 7 novembre 2022. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

« Israël est un endroit très, très spécial, c’est un endroit incroyable, c’est vraiment un miracle », a-t-il déclaré. « Mais c’est un pays qui est également très fragile et il faut être particulièrement prudent parce que de très mauvaises choses peuvent arriver. Je vous dis juste que je suis avec vous », a-t-il déclaré sous un tonnerre d’applaudissements.

D’autres invités de marque ont pris part à cet événement, parmi lesquels l’ambassadeur de l’administration Trump au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, les députés Amir Ohana (Likud) et Simcha Rothman (HaTzionout HaDatit).

Miriam Adelson a présenté Trump via Internet depuis Israël.

Trump devrait annoncer sous peu sa candidature aux présidentielles de 2024.

Toutefois, le parti Républicain a obtenu de mauvais résultats lors des élections de la mi-mandat, la semaine dernière, et particulièrement les candidats soutenus par Trump.

L’ex-président est également menacé sur plusieurs fronts, notamment pour son rôle présumé dans l’insurrection du 6 janvier qu’il avait encouragée, pour les activités de sa société immobilière et pour avoir emporté des documents classifiés à son domicile privé lorsqu’il avait quitté la Maison Blanche.

Le rassemblement pro-Trump au Capitole américain, à Washington, le 6 janvier 2021. (Crédit : Lloyd Wolf via JTA)

Le mois dernier, Trump avait suscité la controverse en s’insurgeant contre les Américains juifs, les sommant de « se ressaisir » tout en leur reprochant de ne pas apprécier à sa juste valeur son soutien à Israël. Il avait ajouté qu’il bénéficiait d’une telle popularité en Israël qu’il pourrait « facilement » être élu Premier ministre.

Dans une déclaration publiée sur son propre réseau social, Truth Social, Trump avait fait valoir qu’« aucun président n’avait fait davantage [que lui] pour Israël » et il s’était demandé pourquoi « nos merveilleux évangélistes savaient mieux [m’] apprécier que les personnes de confession juive, en particulier celles qui vivent aux États-Unis ».

Trump avait exhorté les Juifs des États-Unis à « se ressaisir et à apprécier ce qu’ils ont en Israël avant qu’il ne soit trop tard ! » Il n’avait pas donné davantage de détails.

Il avait souligné qu’en Israël, les choses étaient « différentes » et que, là-bas, il jouissait de la « plus forte popularité au monde », allant jusqu’à dire qu’il « pourrait facilement y être élu Premier ministre ».

L’Anti-Defamation League, l’American Jewish Committee et d’autres organisations avaient condamné Trump pour ces propos.

Trump avait fait cette déclaration plusieurs jours après l’annonce, par l’Organisation Sioniste d’Amérique, de son intention de lui décerner un prix.

Le président américain Donald Trump s’entretient au téléphone avec les dirigeants du Soudan et d’Israël, alors que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, (à gauche), le secrétaire d’État Mike Pompeo, le conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner et le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien applaudissent dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 23 octobre 2020, à Washington. (AP/Alex Brandon)

Trump critique souvent les Juifs américains pour ce qu’il estime être un manque de gratitude et de soutien. Il a en outre souvent confondu les intérêts israéliens avec ceux des Juifs américains, qui sont pourtant majoritairement Démocrates.

Un grand nombre de Juifs américains soutiennent Israël – et les accusations de double loyauté à l’égard de l’État juif sont aujourd’hui considérées comme antisémites.

Dans son discours, dimanche, Trump a confié qu’il aurait volontiers étendu le périmètre des accords d’Abraham s’il avait été réélu, critiquant au passage l’Autorité palestinienne pour ce qui, selon lui, s’était apparenté à de « l’intransigeance ».

« Ils m’ont traité très gentiment, mais ils ont été très difficiles », a-t-il dit des Palestiniens. « Il était impossible d’aller nulle part. »

Il a ajouté avoir pris la décision de reconnaître la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan « en moins de cinq minutes », après la présentation d’une étude sur la question qui a duré quelques minutes.

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