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Trump: Il y a 10 ans, Israël « possédait le Congrès », aujourd’hui c’est l’inverse

L'ex-président affirme qu'avant son départ, les pays faisaient la queue pour rejoindre les accords d'Abraham ; il déplore le peu de soutien des Juifs américains à son égard

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L’ancien président américain Donald Trump a affirmé la semaine dernière qu’Israël « possédait littéralement le Congrès » jusqu’à il y a environ dix ans, alors qu’aujourd’hui, « c’est presque le contraire. »

Il s’exprimait lors d’une interview radio avec l’animateur de talk-show conservateur Ari Hoffman.

« Le plus grand changement que j’ai vu au Congrès est qu’Israël possédait littéralement le Congrès – vous comprenez cela – il y a 10 ans, 15 ans. Et c’était si puissant. C’était si puissant. Et aujourd’hui, c’est presque le contraire », a déclaré Trump.

« Vous avez AOC (la représentante Alexandria Ocasio-Cortez) et [la représentante Ilhan] Omar – et ces gens qui détestent Israël. Ils le détestent avec passion – ils contrôlent le Congrès, et Israël n’est plus une force au Congrès. Je veux dire, c’est tout simplement incroyable. Je n’ai jamais vu un tel changement « , a-t-il poursuivi.

Les démocrates progressistes Ocasio-Cortez et Omar ne sont entrés au Congrès qu’en 2019. Elles faisaient partie des 11 législateurs qui n’ont pas voté en faveur d’un financement supplémentaire d’un milliard de dollars pour le système de défense antimissile israélien du Dôme de Fer en septembre (Ocasio-Cortez s’est abstenue et Omar a voté contre). Mais la législation a été adoptée par la Chambre à une écrasante majorité, avec 420 voix en faveur. Elle a depuis été bloquée au Sénat par le républicain Rand Paul.

« Et nous ne parlons pas sur une très longue période de temps, mais je pense que vous savez exactement ce que je dis. Ils avaient un tel pouvoir, Israël avait un tel pouvoir – et à juste titre – sur le Congrès, et maintenant il ne l’a plus. C’est incroyable, en fait », a déclaré Trump.

Par le passé, des groupes juifs ont critiqué ceux qui ont fait de telles affirmations sur la soi-disante étendue de l’influence israélienne ou juive, affirmant qu’elles s’apparentent à de l’antisémitisme.

Une caricature publiée dans The Economist représente le président américain de l’époque, Barack Obama, enchaîné à un Congrès contrôlé par les Juifs.

En 2014, le magazine britannique The Economist a publié une caricature représentant le président américain de l’époque, Barack Obama, enchaîné par un sceau du Congrès recouvert d’étoiles de David, essayant de serrer la main du président iranien de l’époque, Hassan Rouhani, retenu par des extrémistes brûlant le drapeau américain.

Le rabbin Abraham Cooper, du Centre Simon Wiesenthal, avait alors déclaré au site d’information Algemeiner que « la caricature ne parvient pas à fournir autre chose que le stéréotype classique « Israël contrôle le Congrès ».

Toujours dans l’interview radiophonique de jeudi dernier, Trump a réitéré les affirmations selon lesquelles les pays faisaient « la queue » pour rejoindre les accords d’Abraham avant de perdre sa candidature à la réélection face à Joe Biden.

« Nous aurions eu la paix au Moyen-Orient », a déclaré M. Trump. « Maintenant, je ne pense pas qu’ils le puissent, parce qu’ils traitent à nouveau avec l’Iran et la façon dont ils traitent avec eux – la faiblesse est juste incroyable quand on y regarde. »

Biden s’efforce de relancer le plan d’action global conjoint, qui a échangé un allègement des sanctions internationales contre des restrictions du programme nucléaire iranien. Obama a signé l’accord en 2015, mais Trump l’a annulé trois ans plus tard. Depuis lors, l’Iran a accéléré ses efforts nucléaires, le Premier ministre Naftali Bennett affirmant que Téhéran est plus proche que jamais de l’acquisition d’une arme nucléaire.

Trump a toutefois affirmé que l’Iran montrait du « respect » aux États-Unis, « pour la première fois », en réponse à sa campagne de sanctions à pression maximale.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la réunion annuelle des dirigeants de la Coalition juive républicaine, le samedi 6 avril 2019, à Las Vegas. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

L’ancien président a poursuivi en racontant une de ses histoires préférées lorsqu’il s’adressait à des groupes juifs.

« On m’a dit affectueusement que je pourrais me présenter comme Premier ministre d’Israël et gagner très facilement. Ils m’aiment bien là-bas », a-t-il déclaré avant de comparer sa popularité en Israël à ce que les Juifs des États-Unis pensent de lui.

« C’est incroyable que je n’aie pas obtenu le genre de vote des Juifs que l’on aurait pu penser que j’obtiendrais. Les Juifs de ce pays – beaucoup d’entre eux – n’aiment pas Israël.

« Regardez le New York Times. Le New York Times est odieux vis-à-vis d’Israël, et c’est tout simplement terrible à regarder », a-t-il ajouté, suggérant apparemment que le journal est dirigé par des Juifs.

En juin dernier, il a déclaré dans une interview au magazine ultra-orthodoxe Ami que les Juifs américains n’aiment pas assez Israël, car sinon ils auraient voté pour lui lors de l’élection présidentielle de l’année dernière.

S’adressant aux Juifs américains en 2018, il a qualifié Israël de « votre pays », une remarque qu’il a également faite à d’autres occasions.

Trump s’est également attiré des reproches pour avoir dit que les Juifs qui votent démocrate sont « déloyaux ».

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