Trump : Israël aurait de gros problèmes sans l’Arabie Saoudite
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Trump : Israël aurait de gros problèmes sans l’Arabie Saoudite

Défendant sa position sur l'assassinat de Khashoggi, le président américain suggère que sans le "puissant allié" de Washington, Ryad, Israël serait forcé de "quitter" la région

Le président américain Donald Trump a laissé entendre jeudi qu’Israël serait confronté à des difficultés régionales majeures au Moyen Orient sans la présence stabilisatrice de l’Arabie saoudite.

« Israël aurait de gros problèmes sans l’Arabie saoudite », a déclaré M. Trump aux journalistes après un appel téléphonique avec des membres de l’armée le jour de Thanksgiving depuis sa résidence balnéaire de Mar-a-Lago en Floride.

Le président américain a été invité à commenter les informations selon lesquelles la CIA avait conclu que le prince héritier saoudien Mohammad Ben Salmane avait ordonné le meurtre barbare du journaliste américain Jamal Khashoggi dans son consulat d’Istanbul, en octobre.

« Si vous prenez le cas d’Israël, Israël aurait de gros problèmes sans l’Arabie saoudite », a dit M. Trump. « Alors, qu’est-ce que ça veut dire, Israël va partir ? Vous voulez qu’Israël parte ? Nous avons un allié très important : l’Arabie Saoudite ».

« Le fait est que l’Arabie saoudite est extrêmement utile au Moyen Orient, si nous n’avions pas l’Arabie saoudite, nous n’aurions pas une grande base, nous n’aurions probablement aucune raison… » a dit Trump, sans finir sa phrase.

Des opposants au Congrès et de hauts responsables d’autres pays ont accusé Trump d’ignorer les droits de l’Homme et de donner un passe-droit à l’Arabie saoudite pour des raisons économiques, notamment son influence sur le marché mondial du pétrole.

Notant que l’Arabie saoudite aide à maintenir les prix du pétrole à un bas niveau, M. Trump a fait valoir jeudi que la plupart des pays ont des défauts.

« Si nous suivons une certaine norme, nous ne pourrions plus être alliés avec la plupart des pays », a-t-il ajouté.

Des gens tiennent des affiches représentant le journaliste saoudien Jamal Khashoggi et allument des bougies lors d’un rassemblement devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 25 octobre 2018. (Crédit : Yasin Akgul / AFP)

Se référant aux dénégations véhémentes du prince héritier et du roi saoudiens selon lesquelles ils étaient impliqués dans l’assassinat de Khashoggi, qu’il a qualifié « d’atrocité », M. Trump a déclaré : « le monde devrait peut-être être tenu responsable, car le monde est cruel. Le monde est très, très cruel ».

M. Trump a déclaré cette semaine qu’il n’imposerait pas de pénalités plus sévères au prince héritier pour la mort et le démembrement du journaliste du Washington Post Khashoggi.

Mardi, Trump a également mentionné Israël pour justifier pourquoi les liens entre les États-Unis et les Saoudiens ne pâtiraient pas de l’affaire Khashoggi.

« Les États-Unis ont l’intention de rester un partenaire indéfectible de l’Arabie saoudite pour défendre les intérêts de notre pays, d’Israël et de tous les autres partenaires dans la région », a-t-il dit.

Plus tôt ce mois-ci, dans les premières déclarations publiques d’Israël sur l’assassinat de Khashoggi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que bien que ce meurtre soit « horrible », il était indispensable de préserver la stabilité dans le royaume arabe.

Netanyahu s’était exprimé au lendemain de la publication d’un article dans le Washington Post, rapportant que le dirigeant israélien avait récemment exhorté la Maison Blanche à maintenir son soutien au prince héritier au milieu des critiques croissantes concernant le meurtre de Khashoggi. Netanyahu a déclaré aux responsables de l’administration Trump que le prince héritier était un partenaire stratégique clé et un pilier de l’alliance contre l’invasion iranienne dans la région, selon le Post.

Le président Donald Trump serre la main du Prince héritier saoudien et ministre de la Défense Mohammed ben Salmane à Riyadh, le 20 mai 2017. (AP Photo/Evan Vucci)

Israël n’a pas de relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite, bien que les deux pays aient trouvé un ennemi commun avec l’Iran.

Les services de renseignement américains ont conclu que le prince héritier avait ordonné l’assassinat au consulat saoudien en Turquie, selon un responsable américain qui connaît bien la situation. Le fonctionnaire n’était pas autorisé à parler publiquement de la question et a pris la parole sous couvert de l’anonymat.

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