Trump ne voit pas les implantations comme un obstacle à la paix
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Trump ne voit pas les implantations comme un obstacle à la paix

Jason Dov Greenblatt affirme que le président élu ne forcera pas les Israéliens et les Palestiniens à négocier, et qu’il déplacera l’ambassade américaine à Jérusalem

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : Saul Loeb/Getty Images/AFP via JTA)
Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : Saul Loeb/Getty Images/AFP via JTA)

Le principal conseiller du président élu Donald Trump pour Israël a déclaré jeudi que le futur dirigeant américain ne voyait pas les implantations juives en Cisjordanie comme un obstacle à la paix avec les Palestiniens, et que Trump tiendrait sa promesse de campagne de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Les administrations américaines successives ont maintenu que les implantations israéliennes en Cisjordanie étaient illégales, et que leur présence et leur extension constante étaient des obstacles majeurs à un accord de paix.

Mais Trump, a déclaré Jason Greenblatt à la radio militaire, pense qu’Israéliens et Palestiniens devraient résoudre leurs différends sans que le monde ne leur impose un plan de paix.

« M. Trump ne voit pas les implantations comme un obstacle à la paix. Je pense qu’il utiliserait Gaza comme preuve de cela », a déclaré Greenblatt, en faisant référence au retrait israélien unilatéral en 2005 de la bande de Gaza, qui comprenait la suppression de toutes les implantations juives de l’enclave côtière.

Les tirs de roquettes de Gaza vers le territoire israélien ont continué après le retrait, et l’armée israélienne a depuis lancé plusieurs campagnes militaires importantes contre le Hamas à Gaza, en plus de nombreux affrontements à la frontière.

Une photo prise depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, le 20 août 2014, montre des tirs de roquettes par des terroristes palestiniens de la bande de Gaza vers Israël (Crédit : Albert Sadikov/Flash90)
Une photo prise depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, le 20 août 2014, montre des tirs de roquettes par des terroristes palestiniens de la bande de Gaza vers Israël (Crédit : Albert Sadikov/Flash90)

« Les deux parties vont devoir décider de comment traiter de cette région, mais ce n’est certainement pas l’opinion de M. Trump que l’activité d’implantation soit condamnée et que ce soit un obstacle à la paix, parce que ce n’est pas un obstacle à la paix », a déclaré Greenblatt.

« Il pense qu’Israël est dans une situation très difficile et doit se défendre, a-t-il poursuivi. Il ne va imposer aucune solution à Israël, il pense que la paix doit venir des parties elles-mêmes. »

Néanmoins, Trump, le candidat républicain victorieux, sera prêt à aider si on lui demande, a affirmé Greenblatt.

« Toute contribution importante qu’il pourra proposer, il le fera, mais ce n’est pas son objectif, et ce ne devrait être l’objectif de personne d’imposer la paix aux parties. »

Beaucoup de politiques de droite israéliens ont salué l’élection de Trump comme une opportunité pour étendre la construction dans les implantations, et le ministre de l’Education Naftali Bennett a même déclaré que sa victoire signifiait qu’Israël pouvait abandonner officiellement son engagement envers la solution à deux états.

« La victoire de Trump est une opportunité pour Israël de retirer immédiatement la notion d’un Etat palestinien au centre du pays, qui nuirait à notre sécurité, a déclaré Bennett mardi. C’est la position du président élu […]. L’ère d’un état palestinien est révolue. »

Jason Greenblatt, conseiller sur Israël du président élu Donald Trump et juif orthodoxe. (Crédit : Uriel Heilman/JTA)
Jason Greenblatt, conseiller sur Israël du président élu Donald Trump et juif orthodoxe. (Crédit : Uriel Heilman/JTA)

Ce mois-ci, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déclaré que la critique des implantations juives en Cisjordanie, dont Israël a été l’objet pendant les huit ans de présidence de Barack Obama, était erronée.

« Je pense que l’attention que les gens [placent] sur les implantations est une erreur. [Le conflit] a précédé les implantations d’un demi-siècle. Et quand nous avons quitté Gaza et toutes les implantations [en 2005], ils ont continué à tirer des roquettes sur nous », a-t-il déclaré.

Répondant aux questions sur la déclaration de Trump, qui déplacerait l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, une promesse de campagne que d’autres candidats ont faite mais qui n’a jamais été tenue, Greenblatt, un juif orthodoxe, a déclaré qu’il pensait que le président élu tiendrait sa promesse.

Pendant la campagne, Trump avait déclaré que Jérusalem était « la capitale éternelle » d’Israël, et qu’il allait « à 100 % » y déplacer l’ambassade.

Le Congrès américain a vote en 1995 une loi pour déplacer l’ambassade à Jérusalem, mais a permis une exemption au président. Chaque président a depuis exercé ce droit d’exemption au nom des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, malgré les promesses de campagne répétées. Si Trump brisait des décennies de précédent, cela placerait Washington en désaccord avec quasiment tous les états membres des Nations unies.

« Je pense que s’il l’a dit, il le fera. Il est différent pour Israël de tous les présidents récents qu’il y a eu, et je pense que c’est un homme qui tient ses promesses. Il reconnaît l’importance historique de Jérusalem pour le peuple juif, contrairement à, par exemple, l’UNESCO », a déclaré Greenblatt.

Ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)
Ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)

Le mois dernier, la branche culturelle des Nations unies avait approuvé deux résolutions controversées qui ignoraient les relations du judaïsme et du christianisme au mont du Temple. Cette décision avait entraîné des réponses furieuses d’Israël, de plusieurs dirigeants internationaux et même de la directrice générale de l’institution elle-même, Irina Bokova.

En ce qui concerne son propre futur, Greenblatt, avocat spécialiste de l’immobilier, a reconnu qu’il serait heureux d’accepter un poste diplomatique pour représenter Trump dans la région.

« C’est un peu tôt pour le dire, a-t-il déclaré. Je serais honoré et privilégié de servir à ce genre de poste ; cela serait réellement une opportunité incroyable, et une bénédiction, mais il est trop tôt pour en parler. »

Mercredi, la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely (Likud), à l’instar de sa collègue de la Justice et du maire de Jérusalem, avait appelé Trump à tenir sa promesse de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Hotovely avait déclaré dans un communiqué qu’elle « aimerait répéter la profonde appréciation d’Israël de l’intention déclarée du président élu Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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