Tsahal: des roquettes et des obus tirés depuis Gaza sont fabriqués en Iran
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Tsahal: des roquettes et des obus tirés depuis Gaza sont fabriqués en Iran

Le mois dernier, le Hamas avait annoncé avoir rétabli des relations avec Téhéran et se préparer pour de futures hostilités avec Israël

Les restes d'un obus de mortier qui a frappé la cour d'un jardin d'enfants dans la région d'Eshkol, près de la frontière de Gaza, le 29 mai 2018. (Shay Machluf)
Les restes d'un obus de mortier qui a frappé la cour d'un jardin d'enfants dans la région d'Eshkol, près de la frontière de Gaza, le 29 mai 2018. (Shay Machluf)

Certains mortiers et certaines roquettes qui ont été lancés sur le territoire israélien par des terroristes basés à Gaza, mardi, avaient été fabriqués en Iran et étaient entrés clandestinement dans la bande, a fait savoir l’armée.

Dans un communiqué, l’armée aindiqué que durant la journée, plus de 70 obus de mortiers et roquettes avaient été lancés et un grand nombre d’entre eux interceptés. « Parmi les munitions lancées vers Israël, il y avait également des roquettes fabriquées en Iran », a-t-il dit, sans donner de détails sur leur type.

Le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus a déclaré dans d’autres commentaires que certains des obus de mortiers semblaient être une variété fabriquée en Iran qui avait été trafiquée au sein de l’enclave côtière.

Israël et l’Egypte imposent un blocus à Gaza pour tenter de prévenir le trafic d’armes par les groupes terroristes. Israël veut en particulier éviter une répétition de la situation au Liban où l’Iran était parvenu à fournir au Hezbollah des dizaines de milliers de roquettes et de missiles. Le Hezbollah détiendrait 140 000 roquettes et missiles, notamment de précision, susceptibles d’atteindre le territoire entier d’Israël.

Les roquettes fabriquées en Iran du type de celles utilisées par le Hezbollah sont plus sophistiquées, avec une portée et une précision plus grande, que les roquettes conçues à Gaza par le Hamas et le Jihad islamique palestinien, appuyé par l’Iran.

Illustration: Les Palestiniens montrent une roquette fabriquée à Gaza durant un exercice conjoint anti-israélien mené par les Brigades de la résistance et les Brigades Abdel Qader al Husseini à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 25 mars 2016 (Crédit :Abed Rahim Khatib/Flash90)

La révélation faite par l’armée israélienne que des groupes terroristes à Gaza utilisaient des roquettes fabriquées en Iran est survenue après que le nouveau leader du Hamas à Gaza a dit, le mois dernier, qu’il avait rétabli des relations avec l’Iran et qu’il se préparait à des hostilités futures contre Israël.

Yahya Sinwar avait indiqué aux médias que l’Iran est dorénavant « le plus grand contributeur financier et militaire » de l’aile armée du Hamas. Il avait pris la parole lors de sa première rencontre avec les journalistes depuis sa prise de poste, au mois de février.

Sinwar avait expliqué qu’avec l’aide de l’Iran, le Hamas accumulait une puissance militaire en préparation d’une bataille pour « la libération de la Palestine ».

Le Hamas « développe [sa] force militaire pour libérer la Palestine », avait dit Sinwar. Il avait ajouté que le groupe terroriste ne cherchait pas la guerre pour le moment et qu’il « fait tous les efforts pour éviter une guerre… En même temps, nous ne craignons pas une guerre et nous y sommes prêts ».

« Le soutien militaire iranien au Hamas et à al-Qassam est stratégique », avait-il noté, disant que la relation « est devenue fantastique et elle est revenue à ce qu’elle était autrefois ».

Ismail Haniyeh (g) et Yahya Sinwar, le 14 décembre 2017 (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

« Chaque jour, nous construisons des missiles et nous continuons la formation militaire », avait poursuivi Sinwar, disant que des milliers de personnes travaillaient « jour et nuit » pour se préparer au prochain conflit.

L’Iran était dans le passé le plus grand soutien du Hamas, mais les relations s’étaient refroidies après que le Hamas a refusé d’appuyer le proche allié de la république islamique – le président syrien Bashar al-Assad – dans la guerre civile de son pays.

Au début du mois d’avril, une délégation de haut-niveau du Hamas avait fait le déplacement en Iran pour se rendre à l’investiture du président réélu Hassan Rouhani et « tourner une nouvelle page dans les relations bilatérales » entre les deux parties.

Ce déplacement avait été la première visite en Iran de responsables du Hamas depuis que le groupe avait élu ses nouveaux dirigeants en 2017. Ce rapprochement entre le Hamas et l’Iran aurait été facilité par le groupe terroriste libanais du Hezbollah, soutenu lui aussi par la république islamique.

Le quotidien panarabe Asharq al-Awsat, sous influence saoudienne, avait rapporté à l’époque que des responsables du Hamas représentant son aile militaire avaient eux aussi rencontré des membres des gardiens de la révolution islamique, une force paramilitaire qui répond directement aux ordres du chef suprême de l’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei, et qu’ils avaient évoqué des « questions communes ».

Selon l’artiche, l’Iran désirait rétablir des liens avec le Hamas après l’élection d’Ismail Haniyeh à la tête de son bureau politique et de Sinwar comme responsable du groupe à Gaza. Les deux hommes étaient considérés comme plus ouverts à une éventuelle réconciliation avec l’Iran que ce n’était le cas de Khaled Mashaal, ancien chef politique du Hamas.

Le groupe a désespérément besoin de fonds et de soutien alors que son principal appui, le Qatar, est actuellement sous le feu des pays du Golfe pour l’appui apporté à l’organisation palestinienne.

Au cours de la visite de lé délégation du Hamas en Iran, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait expliqué que la question palestinienne restait une importante priorité en termes de politique étrangère pour son gouvernement, qui était « vraiment prête à laisser de côté tous les désaccords [avec le Hamas] pour soutenir la Palestine et le peuple palestinien, ainsi que l’unité du monde musulman ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lors d’une conférence de presse après avoir rencontré son homologue français à Téhéran, le 31 janvier 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le groupe islamiste du Hamas s’est saisi de Gaza lors d’une presque-guerre civile contre les forces loyales au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en 2007. Les deux factions sont depuis à couteaux tirés.

Le Hamas a combattu trois guerres avec Israël depuis 2008, creusant des tunnels sous la frontière et lançant des milliers de roquettes en Israël, et s’est engagé à détruire l’Etat juif.

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