Tsahal détruit le logement du terroriste qui a tué l’Israélo-américain Ari Fuld
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Tsahal détruit le logement du terroriste qui a tué l’Israélo-américain Ari Fuld

La mesure punitive contre la famille de Khalil Jabarin a été bloquée en appel jusqu'à ce qu'elle reçoive l'approbation de la Cour suprême jeudi

Des Palestiniens inspectent la maison d'un homme accusé d'avoir poignardé à mort en septembre un Israélien d'origine américaine, après sa démolition partielle par les forces israéliennes le 18 janvier 2019, dans le village de Yatta en Cisjordanie (HAZEM BADER / AFP)
Des Palestiniens inspectent la maison d'un homme accusé d'avoir poignardé à mort en septembre un Israélien d'origine américaine, après sa démolition partielle par les forces israéliennes le 18 janvier 2019, dans le village de Yatta en Cisjordanie (HAZEM BADER / AFP)

Les forces de sécurité israéliennes ont démoli, tôt vendredi matin, l’appartement dans la maison familiale de l’adolescent palestinien qui a poignardé à mort un Israélien lors d’un attentat terroriste dans le Gush Etzion au Sud de Jérusalem, ont déclaré des témoins sur place et l’armée israélienne.

Les forces israéliennes ont essuyé des jets de pierres de Palestiniens à leur arrivée à Yatta, une ville proche de Hébron d’où est originaire Khalil Jabareen, responsable du meurtre d’Ari Fuld, ont dit ces témoins.

Tsahal a déclaré dans un communiqué que les soldats ont été attaqués par « plusieurs dizaines » de manifestants et ont répondu avec des munitions antiémeute. Aucun blessé n’a été rapporté.

Jeudi, la Cour suprême a rejeté un appel de la famille de Jabarin, âgé de 17 ans, contre la démolition de son appartement du dernier étage dans leur maison, qui avait été ordonnée à titre de sanction suite à son attentat terroriste meurtrier en Cisjordanie.

Des soldats israéliens passent devant la maison d’un Palestinien accusé d’avoir poignardé en septembre un Israélien d’origine américaine, après sa démolition partielle le 18 janvier 2019 dans le village de Yatta en Cisjordanie au sud d’Hébron (HAZEM BADER / AFP)

La présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, s’est prononcée contre tout nouveau retard dans l’exécution de la mesure punitive, ordonnée en réponse à l’assassinat de Fuld, a rapporté la chaîne publique Kan.

L’armée israélienne avait notifié à deux reprises à la famille du terroriste qu’elle avait l’intention de détruire l’appartement dans lequel il vivait, mais la mise en œuvre a été retardée après que la famille a fait appel.

L’ordre militaire permet aux ingénieurs de l’armée de remplir le dernier étage du bâtiment familial de trois étages avec du béton et du fil barbelé afin de le condamner.

La maison familiale de Jabarin est située dans la ville de Yatta, près d’Hébron. Les forces de sécurité ont cartographié l’appartement à démolir le lendemain de l’attaque au couteau perpétrée le 16 septembre 2018.

Ari Fuld (Crédit : Facebook)

Le 27 novembre, la famille a eu une semaine pour faire appel de la décision auprès de l’armée, ce qu’elle a fait. Cet appel a été rejeté en décembre. Le même mois, Tsahal a émis une autre notification et la famille a ensuite fait appel également de cette décision.

Jabarin a poignardé Fuld, père de quatre enfants, plusieurs fois dans le dos et le cou alors qu’il se tenait devant un supermarché près de Gush Etzion Junction, dans le centre de la Cisjordanie. Après avoir été poignardé, Fuld a poursuivi et abattu son agresseur alors qu’il tentait d’attaquer une employée de magasin, lui sauvant sans aucun doute la vie. Il s’est ensuite effondré et a été transporté d’urgence à l’hôpital, mais il a succombé à ses blessures.

Israël démolit généralement les maisons de terroristes palestiniens auteurs d’attentats au cours desquels des personnes sont tuées ou gravement blessées.

Le gouvernement israélien défend l’effet dissuasif de ces destructions sur ceux qui seraient tentés de passer à l’acte. Les détracteurs de cette pratique la dénoncent comme relevant du châtiment collectif et affectant des familles qui se retrouvent à la rue, et par certains analystes la considérant comme étant une mesure dissuasive inefficace.

Khalil Jabarin, 17 ans, qui a mortellement poignardé l’Israélien Ari Fuld dans un attentat terroriste commis le 16 septembre 2018. (Capture d’écran /Twitter)

Dans le cas de Jabarin, il semble que sa famille ait tenté de l’empêcher de mener l’attaque. Tsahal a déclaré que la mère de Jabarin s’était rendue au poste de contrôle de Meitar, dans le sud de la Cisjordanie, et avait averti les soldats, à peu près au même moment, que son fils avait l’intention de commettre une attaque au couteau.

Jabarin, sur lequel Fuld et un autre civil armé sur les lieux ont tiré, a été emmené à l’hôpital Hadassah Mount Scopus dans un état modéré avec de multiples blessures par balle, ont déclaré les responsables de l’hôpital à l’époque.

En octobre, les procureurs d’un tribunal militaire de Cisjordanie l’ont accusé d’avoir intentionnellement causé la mort – l’équivalent d’un meurtre pour le tribunal militaire – et d’un certain nombre d’accusations moins graves.

La police avait dit à l’époque que rien n’indiquait qu’Ari Fuld avait été visé à cause de son militantisme. Ari Fuld était un invité régulier des chaînes de télévision et connu comme un défenseur ardent d’Israël et des implantations.

Le secteur, au sud de Jérusalem, entre Bethléem et Hébron, a été le théâtre ces dernières années de nombreuses attaques anti-israéliennes, souvent commises à l’arme blanche par de jeunes Palestiniens isolés.

L’AFP a contribué à cet article.

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