Tsahal nie avoir délibérément trompé la presse sur une fausse incursion à Gaza
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Tsahal nie avoir délibérément trompé la presse sur une fausse incursion à Gaza

Rejetant la responsabilité de l'incident sur un "malentendu" d'un officier, Hidai Zilberman a présenté ses excuses et dit que son unité ne participe pas à la guerre psychologique

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général de brigade Hidai Zilberman, porte-parole entrant, lors d'une cérémonie pour son successeur et homologue Ronen Manelis, le 15 septembre 2019. (ICrédit : armée israélienne)
Le général de brigade Hidai Zilberman, porte-parole entrant, lors d'une cérémonie pour son successeur et homologue Ronen Manelis, le 15 septembre 2019. (ICrédit : armée israélienne)

Le porte-parole de l’armée israélienne, Hidai Zilberman, a nié samedi avoir intentionnellement induit en erreur la presse étrangère au sujet d’une invasion terrestre inexistante de la bande de Gaza contre le groupe terroriste du Hamas plus tôt dans la semaine, attribuant les fausses déclarations de son unité à une « erreur involontaire ».

Vers minuit jeudi, l’armée israélienne a lancé un barrage à grande échelle sur le réseau de tunnels dans le nord de la bande de Gaza en utilisant à la fois des troupes aériennes et terrestres, annonçant l’opération par un communiqué aux termes ambigus qui aurait pu indiquer que les soldats israéliens avaient pénétré dans l’enclave palestinienne.

Lorsque les journalistes ont appelé le porte-parole de Tsahal pour les médias étrangers, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, pour clarifier la situation, on leur a répondu que les troupes de Tsahal opéraient effectivement à l’intérieur de Gaza – alors que ce n’était pas le cas – ce qui a conduit les principaux organes de presse du monde entier, dont le New York Times, le Washington Post et l’AFP, à annoncer qu’une invasion terrestre israélienne avait commencé.

Ce faux rapport aurait été une ruse délibérée de Tsahal visant à inciter le groupe terroriste Hamas à envoyer davantage de ses agents dans la ligne de tir israélienne.

Dans une lettre adressée au président de l’Association de la presse étrangère d’Israël, M. Zilberman a nié que ce soit le cas, affirmant qu’il s’agissait du résultat d’un malentendu de la part de Conricus.

« J’ai personnellement mené une enquête approfondie sur cette affaire et j’ai conclu que l’officier impliqué, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a commis une erreur involontaire en communiquant la réalité sur le terrain », a écrit M. Zilberman.

« Malgré les rapports conspirationnistes affirmant le contraire dans la presse internationale et israélienne, il ne s’agissait pas d’une tentative préméditée de manipuler les médias afin de remporter une victoire tactique. Par définition et selon notre système de croyance, l’unité du porte-parole de l’armée israélienne ne s’engage pas dans une guerre psychologique et a pour mission de transmettre uniquement la vérité au public, une mission que nous assumons avec dévouement depuis plus de sept décennies », a-t-il déclaré.

Un soldat israélien « blessé » pendant une simulation d’évacuation d’un véhicule blindé de transport de troupes touché par un missile antichar du Hezbollah, à la frontière du Liban, le 1er septembre 2019. (Capture d’écran Twitter)

Ce n’est pas la première fois, ces dernières années, que l’unité du porte-parole de Tsahal est accusée de tromper les journalistes dans l’espoir de piéger les forces ennemies.

En septembre 2019, le Hezbollah a cherché à venger certains de ses soldats tués lors d’une frappe de Tsahal en tirant des missiles guidés antichars sur une ambulance blindée israélienne avec cinq soldats à l’intérieur près de la frontière libanaise, manquant de peu le véhicule. Tsahal a tenté de faire croire au groupe terroriste que deux soldats avaient été blessés, réglant ainsi ostensiblement les comptes, pour empêcher le Hezbollah de mener d’autres attaques contre Israël.

À l’époque, Tsahal a transporté en hélicoptère deux hommes couverts de faux sang et de bandages au centre médical Rambam de Haïfa – une scène qui a été filmée par les médias israéliens. Bien que le porte-parole de Tsahal de l’époque, le brigadier général (réserviste) Ronen Manelis, ait déclaré aux journalistes israéliens qu’aucun soldat n’avait été blessé dans l’attaque, la mise en scène délibérée de soldats blessés à l’hôpital a conduit aux premières fausses déclarations de victimes.

Les responsables de l’armée israélienne ont depuis reconnu qu’il était inapproprié d’induire la presse israélienne en erreur de cette manière et ont déclaré qu’ils ne recommenceraient pas à l’avenir.

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