Rechercher

Tsahal organise un exercice de 3 jours près de la frontière avec le Liban

L'armée israélienne a affirmé que l'exercice a bien été programmé à l'avance ; des explosions seront entendues dans la région

Dossier : Des soldats israéliens à Metula, à la frontière entre Israël et le Liban, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2021. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)
Dossier : Des soldats israéliens à Metula, à la frontière entre Israël et le Liban, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2021. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Tsahal a déclaré dimanche qu’elle effectuerait un exercice militaire de trois jours le long de la frontière libanaise, alors que les tensions restent élevées avec le Hezbollah, groupe terroriste chiite basé au Liban et soutenu par l’Iran.

L’armée israélienne a précisé que l’exercice prendrait fin mardi après-midi. Des explosions devraient être entendues dans les villes voisines, a-t-elle ajouté.

L’armée a déclaré que l’exercice avait été planifié à l’avance, indiquant qu’il ne résultait pas d’une nouvelle évaluation sécuritaire.

Les tensions entre Israël et le Liban se sont récemment intensifiées, alors que les deux pays sont engagés depuis plus d’un an dans de rares négociations, sous l’égide des États-Unis, visant à résoudre un différend concernant les droits sur des gisements offshore censés receler de grandes quantités de gaz naturel. Ils seraient, malgré tout, proches d’un accord dans leur conflit frontalier.

Les deux pays revendiquent une zone de 860 km2 située dans la mer Méditerranée. Le Liban affirme que le champ gazier de Karish se trouve en territoire contesté dans le cadre des négociations en cours sur ses frontières maritimes, tandis qu’Israël affirme que la réserve de gaz se trouve dans ses eaux économiques telles qu’elles sont reconnues à l’international.

Le Hezbollah a durci sa rhétorique au cours des derniers mois, alors qu’Israël et le Liban ont engagé des pourparlers. Il reste farouchement opposé à toute concession. Les tensions sont montées en flèche en juin lorsqu’Israël a dépêché une plate-forme flottante d’exploitation de gaz naturel dans le champ de Karish.

Un système anti-missile maritime du Dôme de fer sur un navire de guerre, montant la garde près de la plateforme d’Energean travaillant au champ de gaz de Karish, des images publiées par l’armée le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a menacé à plusieurs reprises de prendre pour cible les installations offshore israéliennes. En juillet, Tsahal a déclaré avoir abattu quatre drones du Hezbollah lancés sur une plate-forme gazière à Karish.

La dernière guerre entre le Liban et Israël remonte à 2006. Les deux pays n’ont pas de relations diplomatiques et sont séparés par une ligne de cessez-le-feu contrôlée par l’ONU.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé le 31 août pour un an le mandat de la force de maintien de la paix au Liban (Finul) qui pourra également continuer pour six mois son soutien logistique aux forces armées libanaises. Présente au Liban depuis 1978, la Finul, composée de près de 10 000 soldats, est déployée dans le sud du Liban pour faire tampon entre les deux pays qui, après différents conflits, demeurent techniquement en état de guerre.

A la demande des autorités libanaises, le Conseil de sécurité a décidé de prolonger une nouvelle fois son mandat, s’inquiétant des « violations » du cessez-le-feu détaillées dans un rapport du secrétaire général de l’ONU.

La résolution adoptée à l’unanimité des 15 membres souligne notamment « le risque que les violations de la cessation des hostilités puisse mener à un nouveau conflit dont aucune des parties de la région n’ont les moyens ».

Dans son rapport soumis au Conseil, Antonio Guterres note que si « les causes profondes du conflit n’ont pas radicalement changé depuis 2006 », la Finul « se heurte à de nouveaux problèmes dans la conduite de ses opérations », notamment des restrictions à sa liberté de circulation.

Alors que le pays fait face à une profonde crise économique, il souligne également que « toutes les institutions de l’Etat sont au bord de la rupture ». D’où sa recommandation de soutenir l’armée libanaise « essentielle à la stabilité du pays ».

Lors du renouvellement du mandat de la Finul il y a un an, le Conseil de sécurité avait pour la première fois demandé à la Finul d’apporter son soutien aux forces armées libanaises.

Cette disposition qui prévoit de fournir du matériel non létal (carburant, nourriture, médicaments) et un soutien logistique, a été renouvelée pour six mois, jusqu’au 28 février 2023. Mais la résolution insiste sur le fait que ce soutien « ne doit pas être considéré comme un précédent ni comme une solution de long terme ».

En juin, l’armée israélienne avait organisé un exercice militaire majeur à Chypre, simulant une offensive terrestre au cœur du Liban dans une guerre potentielle contre le groupe soutenu par l’Iran.

Le groupe terroriste libanais du Hezbollah constitue depuis longtemps la menace militaire la plus importante pour Tsahal, et son arsenal est estimé à près de 150 000 roquettes et missiles susceptibles d’atteindre Israël dans son ensemble.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...