L’armée publie des images satellites des cibles « importantes » frappées à Gaza
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L’armée publie des images satellites des cibles « importantes » frappées à Gaza

En dépit des critiques, l'armée affirme que le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont subi un sérieux revers lors des raids de représailles

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une image satellite montrant une base navale présumée du Hamas dans la bande de Gaza, qui a été prise pour cible lors d'une frappe aérienne israélienne le 29 mai 2018. (Armée israélienne)
Une image satellite montrant une base navale présumée du Hamas dans la bande de Gaza, qui a été prise pour cible lors d'une frappe aérienne israélienne le 29 mai 2018. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a publié jeudi des images satellite et des détails sur les plus de 65 cibles qu’elle a frappées à Gaza en représailles aux attaques massives de mortiers et de roquettes par des organisations terroristes de l’enclave côtière, mardi et mercredi.

Selon l’armée, les images satellites montrent une « installation de stockage de drones du Hamas, un site de fabrication d’armes du Hamas et une base navale du Hamas ».

Mercredi soir, l’armée israélienne a également publié des informations sur ces trois cibles.

L’armée a également déclaré jeudi qu’elle avait détruit « la grande majorité des bases navales du Jihad islamique palestinien », que le groupe terroriste soutenu par l’Iran utilisait pour l’entraînement et le stockage d’armes perfectionnées.

L’armée a fait l’objet de critiques en Israël pour ses frappes de représailles, dont certains analystes et commentateurs ont dit qu’elles étaient trop modérées. Beaucoup ont noté que les militaires n’ont pas frappé les cellules terroristes qui ont tiré des roquettes et des obus de mortier sur Israël mardi et mercredi, mais uniquement les infrastructures terroristes, qui étaient évacuées avant les raids aériens. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, n’a fait état d’aucune victime au cours des frappes de Tsahal.

Une photo prise à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mai 2018, montre de la fumée qui s’élève au-dessus des bâtiments à la suite d’une attaque aérienne israélienne sur l’enclave palestinienne. (AFP/ DIT KHATIB)

Face à ces commentaires, les militaires ont qualifié les cibles du Hamas et du Jihad islamique palestinien d’importantes et hautement prioritaires, et ont déclaré que les frappes sur ces cibles ont porté un sérieux coup à la capacité des organisations terroristes de faire la guerre à Israël.

« Nous avons atteint de nombreuses cibles de grande importance, des cibles majeures que nous attendions de pouvoir frapper depuis longtemps. Je pense qu’à ce stade, c’est une réussite importante pour nous », a déclaré mercredi le général de division Eyal Zamir, chef du Commandement du Sud de Tsahal, aux officiers de l’armée.

« Je pense que le Hamas et les autres organisations terroristes dans la bande de Gaza sont très profondément dissuadés, et qu’elles n’ont plus ni la volonté ni le désir de se lancer dans une nouvelle campagne à grande échelle », a ajouté M. Zamir.

Tsahal a identifié la cible de l’une de ses frappes aériennes à Gaza comme étant un hangar du Hamas abritant des drones sous-marins, dans une vidéo publiée le 30 mai 2018. (Capture d’écran : Armée israélienne)

Les militaires ont déclaré que la base navale du Hamas qui était visée contenait « des engins sous-marins perfectionnés et sans pilote, capables de s’infiltrer par voie maritime et de mener des attaques terroristes en mer ».

Tsahal a toujours été convaincu que le Hamas développait ses capacités navales, notamment en formant des hommes-grenouilles à s’infiltrer en territoire israélien à partir de la mer et à attaquer les navires israéliens.

L’organisation terroriste islamiste au pouvoir à Gaza est également soupçonnée de posséder des sous-marins téléguidés depuis plus d’un an – depuis l’assassinat présumé d’un ingénieur tunisien qui a contribué à leur conception – ce que Tsahal a reconnu publiquement mercredi.

« La force navale du Hamas a été considérablement endommagée et une partie importante de ses bases et de ses installations de production d’armes spéciales a été détruite », a indiqué l’armée jeudi.

« Les frappes ont considérablement endommagé la capacité des forces navales de la bande de Gaza à opérer et ont rendu plus difficile pour les groupes d’opérer en mer », a ajouté l’armée.

Selon Tsahal, le bâtiment de stockage des drones qui a été visé contenait de petits engins aériens sans pilote que le Hamas avait équipés d’explosifs « à des fins d’attaques terroristes ».

Une image satellite montrant un entrepôt de drones présumé du Hamas dans la bande de Gaza, qui a été pris pour cible lors d’une frappe aérienne israélienne le 29 mai 2018. (Armée israélienne)

L’armée a déclaré que les attaques contre les installations de production d’armes nuiraient à la capacité du Hamas à produire de nouvelles armes et ont frappé son arsenal d’armes déjà prêtes.

« Les frappes aériennes ont également affecté les investissements financiers nécessaires à la mise au point des armes », a déclaré l’armée. « Les attaques de ces sites ont considérablement endommagé l’effort de réarmement du Hamas. »

Une image satellite montrant un site présumé de fabrication d’armes du Hamas dans la bande de Gaza, qui a été pris pour cible lors d’une frappe aérienne israélienne le 29 mai 2018. (Armée israélienne)

Tsahal a énuméré une série d’objectifs atteints lors des raids – dépôts d’armes, centres de commandement et de contrôle, bases navales – mais s’est d’abord abstenu de détailler les cibles frappées.

Mercredi soir, l’armée a publié une vidéo montrant de manière plus précise six des cibles.

Il s’agissait, en plus de l’Académie navale du Hamas, de deux infrastructures de drone du Hamas, l’une pour stocker des drones équipés d’explosifs et l’autre un site d’essai ; une cache de missiles SA-7 tirés à l’épaule ; une usine de fabrication de roquettes ; et un dépôt du Jihad islamique palestinien pour stocker les roquettes fabriquées sur place.

Commando marin du Hamas, dans une vidéo de propagande publiée par l’organisation terroriste pendant l’opération Bordure protectrice, à l’été 2014. (Capture d’écran)

Le Hamas a utilisé des drones à plusieurs reprises, notamment pendant la guerre de Gaza en 2014, bien qu’ils n’aient eu qu’une utilité limitée.

L’organisation terroriste semble s’intéresser de plus en plus aux drones aériens, car la technologie est devenue moins chère et plus facile à obtenir.

Les drones ne peuvent pas être légalement importés à Gaza, et Israël a contrecarré un certain nombre de tentatives de les introduire clandestinement dans l’enclave côtière par le passage frontalier de Kerem Shalom.

Cependant, le Hamas a adopté une nouvelle tactique pour contourner les scanners israéliens, selon l’administrateur adjoint de Kerem Shalom.

Un drone capturé par Israël qui était destiné à la bande de Gaza (Ministère de la Défense)

L’organisation terroriste a des importateurs en Cisjordanie qui démontent les drones en pièces détachées, puis essaient de faire passer les pièces plus petites et moins détectables par le point de passage, a-t-il expliqué.

La semaine dernière, Israël a découvert un drone intacte chargé d’explosifs en Israël après qu’il se soit apparemment crashé.

L’armée pense que le drone était destiné à cibler les soldats israéliens servant le long de la frontière de Gaza. Les raisons pour lesquelles le drone n’avait pas été utilisé à cette fin ne sont pas connues.

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