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Tsahal retire ses accusations contre un soldat qui aurait attaqué des camarades

L'armée confirme le récit des activistes selon lequel les pierres lancées visaient à orienter les moutons hors de la zone militaire dans le sud de la Cisjordanie

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un soldat interroge un berger palestinien près de l'avant-poste d'Avigayil, dans le sud de la Cisjordanie, le 28 octobre 2022. (Capture d'écran : Twitter)
Un soldat interroge un berger palestinien près de l'avant-poste d'Avigayil, dans le sud de la Cisjordanie, le 28 octobre 2022. (Capture d'écran : Twitter)

Dimanche, l’armée israélienne a rectifié ses propos après avoir accusé des activistes de gauche et des Palestiniens d’avoir « violemment attaqué et jeté des pierres » sur les troupes dans la région des collines du sud de Hébron, en Cisjordanie, vendredi.

Dans une nouvelle déclaration, l’armée a admis qu’un des activistes – un soldat en permission – qui a été arrêté avait en fait jeté des pierres près d’un troupeau de moutons pour les faire sortir de la zone, comme les activistes eux-mêmes l’ont dit au Times of Israel.

Les deux militants concernés ont fermement démenti les affirmations initiales de Tsahal, selon lesquelles ils avaient attaqué les troupes aux côtés des Palestiniens près de l’avant-poste illégal d’Avigayil en Cisjordanie, et ont déclaré qu’ils ne faisaient qu’aider un berger palestinien.

L’incident a été sévèrement condamné par le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, et par le ministre de la Défense, Benny Gantz, malgré les récits contradictoires et les images montrant le suspect apparemment arrêté sans résistance.

Néanmoins, l’armée a déclaré que les pierres lancées par l’activiste pour diriger les moutons « étaient par conséquent également en direction des forces militaires présentes sur les lieux ».

L’un des soldats a déposé une plainte auprès de la police parce qu’il s’est « senti menacé » par les jets de pierres, a indiqué l’armée.

Le militant détenu a été libéré vendredi, après plusieurs heures d’interrogatoire par la police, et s’est vu interdire l’accès à la région des collines du sud de Hébron pendant 15 jours.

L’armée a confirmé le récit des militants, indiquant que les troupes avaient exigé que les hommes et le Palestinien quittent une zone militaire fermée. Aucune violence n’a été exercée à l’encontre des troupes lorsqu’elles ont commencé à quitter la zone.

Mais l’armée a déclaré que l’homme détenu n’a pas répondu à la demande des troupes de quitter la zone, en plus des jets de pierres, et a donc été arrêté.

Dimanche, Gantz a également présenté ses excuses pour sa condamnation de vendredi. « Rétrospectivement, une enquête sur cette affaire a révélé qu’il y avait effectivement un refus d’obéir aux ordres et des jets de pierres qui ne visaient pas les forces – et c’est une bonne chose », a-t-il déclaré.

« Je continuerai à soutenir les soldats de Tsahal et à leur apporter mon soutien dans l’accomplissement de leur mission, mais je regrette la déclaration décisive sur le sujet, face aux faits sur le terrain », a déclaré Gantz.

« Je salue le fait que les faits aient été clarifiés », a-t-il ajouté.

L’incident est survenu une semaine après que des résidents d’implantations israéliens et des activistes d’extrême-droite ont attaqué des troupes de Tsahal près de Naplouse, suscitant une large condamnation de la part des responsables de tout l’éventail politique.

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