Tsahal va réduire ses opérations controversées de « cartographie » en Cisjordanie
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Tsahal va réduire ses opérations controversées de « cartographie » en Cisjordanie

Des groupes de défense ont salué la décision de limiter une pratique qu'ils jugent arbitraire ; l'armée n'a pas justifié ce changement mais affirme que des exceptions seront faites

Soldats israéliens pendant une opération d'arrestation dans le camp de réfugiés de Deheishe, près de Bethléem, en Cisjordanie, le 8 décembre 2015. Illustration. (Crédit : Shohat Nati/Flash90)
Soldats israéliens pendant une opération d'arrestation dans le camp de réfugiés de Deheishe, près de Bethléem, en Cisjordanie, le 8 décembre 2015. Illustration. (Crédit : Shohat Nati/Flash90)

L’armée israélienne va considérablement limiter sa pratique controversée consistant à mener des opérations de reconnaissance nocturne dans les maisons palestiniennes, selon un communiqué émis par l’armée dans la nuit de mardi à mercredi.

À partir de maintenant, et conformément à l’évaluation actuelle de la sécurité, l’activité de « cartographie des structures » ne sera plus employée en Judée et Samarie, sauf dans des circonstances inhabituelles », a déclaré l’armée israélienne dans un communiqué, faisant référence à la Cisjordanie par son nom biblique.

L’armée israélienne a refusé d’expliquer ce changement de politique dans le communiqué.

La « cartographie des maisons » est une tactique courante mais controversée utilisée par Israël pour assurer la sécurité en Cisjordanie. L’armée a longtemps défendu ces opérations comme un outil important de collecte de renseignements. Les groupes de défense des droits de l’Homme condamnent cette pratique qu’ils jugent arbitraire et invasive.

Lors d’une opération de cartographie, les soldats israéliens pénètrent dans une maison palestinienne sans préavis, souvent au milieu de la nuit, pour recueillir des informations sur le bâtiment et ses résidents. Les soldats réveillent généralement les habitants, leur ordonnent de sortir du lit pour prendre des photos et enregistrent leurs numéros d’identification.

Un soldat israélien cartographie le domicile du terroriste palestinien Nimer Mahmoud Ahmed Jamal à Bayt Surik, en CIsjordanie, avant sa démolition, le 2è septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

« L’objectif de la ‘cartographie des structures’ en Judée et Samarie est la reconnaissance pour diverses raisons en fonction d’un besoin militaire dûment fondé », a déclaré l’armée israélienne au groupe de défense des droits B’Tselem en réponse à une requête de 2015.

Les groupes de défense affirment que l’armée israélienne cartographie arbitrairement des maisons, voire des villages entiers, afin d’obtenir des informations sans but opérationnel spécifique.

L’armée a refusé d’expliquer comment les maisons sont choisies pour de telles opérations, affirmant que les critères sont classifiés pour des raisons de sécurité.

Dans sa déclaration de mardi, l’armée a souligné que cette pratique se poursuivrait néanmoins de manière plus limitée, dans l’éventualité d’un « besoin opérationnel concret en matière de sécurité ». Mais chaque action individuelle nécessitera l’autorisation de commandants israéliens de haut rang, a-t-il précisé.

Les arrestations nocturnes de Palestiniens soupçonnés de délits sécuritaires se poursuivront également, a confirmé un porte-parole de l’armée israélienne.

Les groupes de défense des droits humains de gauche, qui s’opposent depuis longtemps à cette pratique, ont salué cette décision comme un « succès important ».

« Les intrusions dans les domiciles font partie des pratiques les plus cruelles et les plus répandues que subissent les Palestiniens vivant sous l’occupation… même si cette pratique va se poursuivre, au moins nous avons arrêté la cartographie des structures », a tweeté Lior Amihai, qui dirige le groupe de défense des droits Yesh Din.

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