Tsahal : Vers une fin de la mainmise de l’Iran sur la région après Soleimani
Rechercher

Tsahal : Vers une fin de la mainmise de l’Iran sur la région après Soleimani

Selon l'étude du renseignement militaire, Téhéran reste l'ennemi dans la région mais la mort de Soleimani pourrait faciliter les choses, mais les risques de conflits sont nombreux

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des piétons passent devant des affiches du général des Gardiens de la révolution iraniens Qassem Soleimani, qui a été tué en Irak lors d'une attaque de drones américains vendredi, sur la place Tajrish dans le nord de Téhéran, en Iran, jeudi 9 janvier 2020. (AP Photo/Vahid Salemi)
Des piétons passent devant des affiches du général des Gardiens de la révolution iraniens Qassem Soleimani, qui a été tué en Irak lors d'une attaque de drones américains vendredi, sur la place Tajrish dans le nord de Téhéran, en Iran, jeudi 9 janvier 2020. (AP Photo/Vahid Salemi)

Le renseignement militaire israélien estime que l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani représente une occasion importante de contrer l’agressivité croissante de Téhéran dans la région, a appris mardi le Times of Israel.

Dans son évaluation annuelle du renseignement, qui est présentée aux décideurs du pays, l’armée israélienne considère l’Iran comme son principal ennemi, bien qu’il soit de plus en plus affaibli par les protestations internes dans le pays et par la perte récente d’un de ses principaux dirigeants, qui était en quelque sorte un vice-roi commandant et conseillant les alliés iraniens dans tout le Moyen-Orient.

Toutefois, l’évaluation avertit également que les tentatives de l’Iran de maintenir le contrôle de son pays et de ses alliés, qui ont également vu des protestations contre l’influence de Téhéran, pourraient finir par accroître le risque de lourdes représailles de l’Iran contre Israël pour les frappes aériennes israéliennes en cours contre ses efforts pour s’implanter militairement en Syrie, en Irak et ailleurs dans la région.

Tsahal ne prévoit pas que l’Iran lance intentionnellement une guerre contre l’État juif au cours de l’année à venir, mais elle voit un risque de conflit involontaire car Israël a l’intention de continuer à agir contre Téhéran dans la région, ce qui pourrait inciter les Iraniens à frapper contre la région en retour.

Les circonstances précises de la mort de Soleimani au début du mois lors d’une attaque aérienne américaine à Bagdad restent floues, mais en tant que commandant de longue date de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, qui a créé et contrôlé des milices chiites supplétives dans tout le Moyen-Orient, son absence devrait avoir un effet positif sur la stabilité régionale, selon l’évaluation militaire.

Plus précisément, Tsahal estime que la mort de Soleimani pourrait permettre à Israël de freiner ou de stopper les efforts de l’Iran pour s’implanter militairement en Syrie et les tentatives continues de transfert de technologie nécessaires au Hezbollah pour produire ses propres missiles de précision au Liban.

Pour l’instant, le Hezbollah ne semble pas avoir cette capacité – une menace contre laquelle Israël est prêt à entrer en guerre pour la prévenir. L’accès à un grand nombre de missiles de haute précision représenterait une menace importante pour la sécurité nationale israélienne, la deuxième après le danger posé par une arme nucléaire iranienne, ont déclaré par le passé des responsables israéliens.

L’évaluation note qu’il n’est pas clair si le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, croit pleinement que Tsahal est prêt à faire la guerre pour empêcher l’Iran et le groupe terroriste basé au Liban d’établir des usines pour produire des roquettes à guidage de précision, et prévient que ce malentendu pourrait finir par déclencher une confrontation militaire intense et prolongée avec le Hezbollah.

Sur le front du nucléaire, Tsahal ne croit pas que l’Iran soit actuellement intéressé à « sortir » rapidement et à développer une bombe atomique le plus rapidement possible. Bien que l’armée considère les violations continues par l’Iran de l’accord nucléaire de 2015, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint, [Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA], comme un développement troublant, elle n’évalue pas que l’Iran est enclin à se lancer dans une course à l’armement.

Après la mort de Soleimani, Téhéran a annoncé qu’il ne respecterait plus les limites de quantités et de niveaux d’enrichissement de l’uranium du JCPOA – la dernière d’une série de violations de l’accord depuis que le président américain Donald Trump a abandonné l’accord en 2018. Israël estime que ces violations n’ont pas pour but de signifier un effort pour développer une bombe nucléaire aussi rapidement que possible, mais qu’elles sont destinées à servir de forme de pression sur les autres signataires de l’accord.

Toutefois, si l’Iran décidait de « sortir » rapidement, d’ici l’automne 2020, il serait en mesure de produire les 1 300 kg d’uranium faiblement enrichi nécessaires pour obtenir les 25 kg d’uranium hautement enrichi nécessaires pour une bombe, en supposant qu’il continue au rythme actuel prévu, selon les évaluations israéliennes.

Pour l’Iran, bien qu’il y ait un consensus relativement large sur l’importance de son programme nucléaire, il subit des pressions croissantes au niveau national pour abandonner ou limiter son expansionnisme alors que les sanctions américaines font des ravages sur l’économie iranienne.

L’armée israélienne considère que les protestations en cours dans tout l’Iran, qui ont commencé en novembre, constituent le défi le plus important lancé au régime dirigé par le Guide suprême Ali Khamenei depuis la révolution islamique qui l’a porté au pouvoir en 1979.

Les forces iraniennes ont réprimé ces manifestations lors d’une répression sanglante qui a fait jusqu’à 1 500 morts, selon certaines estimations.

De nouvelles protestations ont éclaté ces derniers jours depuis que l’Iran a admis avoir abattu accidentellement un avion de ligne ukrainien, tuant les 176 personnes à bord.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...