Ukraine : possible interdiction du pèlerinage à Ouman pour des raisons de sécurité
Kiev appliquerait l'interdiction des rassemblements promulguée après l'invasion russe de 2022 ; Ukraine et Moldavie auraient demandé à Israël de payer des millions pour assurer la sécurité si des pèlerins venaient
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Selon des informations publiées samedi soir dans les médias israéliens, l’Ukraine a décidé d’interdire le pèlerinage qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de juifs hassidiques à Ouman et qui doit avoir lieu le mois prochain, une décision motivée par les problèmes sécuritaires liés à la guerre en cours avec la Russie.
De plus, cette décision de ne pas autoriser les pèlerins à se rendre sur la tombe du rabbin Nachman de Breslov, chef hassidique, pendant les fêtes de Rosh HaShanah est en partie due à l’interdiction des rassemblements de masse en vigueur dans toute l’Ukraine depuis l’invasion russe en février 2022, a précisé le média d’information Maariv.
Le mois dernier, la Russie a intensifié ses attaques de drones et de missiles visant des villes ukrainiennes, notamment dans l’ouest et dans le centre du pays, où se situe Ouman.
L’Ukraine, ces dernières années, avait fortement déconseillé aux pèlerins de se rendre dans cette région pour des raisons de sécurité. Des dizaines de milliers d’entre eux sont néanmoins venus, profitant de la frontière avec la Moldavie pour entrer en Ukraine.
Selon un responsable ukrainien se confiant sous couvert d’anonymat à la chaîne d’information i24, Kiev, frustrée par le manque de soutien d’Israël face aux menaces de la Russie, a exigé que, en cas de maintien du pèlerinage tel qu’initialement prévu, Jérusalem fournisse à la fois un soutien financier et une présence policière sur le terrain à Ouman.
Par ailleurs, d’après la chaîne, le gouvernement moldave, partant du principe que les visiteurs ne renonceraient de toutes façons pas au voyage, exige également différentes garanties de la part d’Israël avant d’accepter que les pèlerins hassidiques israéliens puissent transiter par la Moldavie, arrivant dans le pays par avion avant de rejoindre Ouman.
Parmi les revendications du gouvernement moldave, le financement par Israël d’un terminal temporaire pour les vols supplémentaires chargés du transport des pèlerins vers et depuis le lieu de pèlerinage, pour un montant de huit millions de shekels, la présence de la police le long du trajet et à bord des avions, ainsi que le financement de tout équipement de sécurité et logistique nécessaire.
Les informations disponibles indiquent qu’Israël doit transférer la totalité du montant de l’opération avant le 3 septembre au gouvernement moldave, faute de quoi celle-ci ne pourra avoir lieu.
Chaque année, des dizaines de milliers de personnes se rendent à Ouman à l’occasion du Nouvel An juif, pour se recueillir sur la tombe d’un sage hassidique, le rabbin Nachman de Breslov, qui vécut au tournant du XIXe siècle.
Ce pèlerinage à Ouman le mois prochain pour célébrer le Nouvel An juif représente désormais une priorité urgente pour les dirigeants haredim, qui ont demandé une autorisation de se rendre sur place au nom des membres de leur communauté, et auraient obtenu 10 millions de shekels du gouvernement israélien afin de leur faciliter le voyage vers l’Ukraine via la Moldavie.
Ces débats sur le pèlerinage à Ouman interviennent alors que les députés haredim font pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sur l’armée israélienne pour que ceux-ci autorisent les étudiants des yeshivot réfractaires à la conscription à participer au pèlerinage. Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, a même affirmé que ce voyage était une obligation religieuse et qu’il ne devait pas être considéré comme une visite d’agrément.
Des efforts qui, jusqu’à présent, ne semblent pas avoir porté leurs fruits. En effet, selon des informations publiées jeudi, l’armée israélienne prévoit de déployer des policiers militaires à tous les points d’entrée du pays, notamment à l’aéroport Ben Gurion, afin d’arrêter les réfractaires qui tenteraient de quitter le territoire israélien pour les vacances.
Vendredi, le bureau de la procureure générale a fait savoir au gouvernement qu’il n’avait pas le droit de créer un mécanisme qui permettrait aux réfractaires ultra-orthodoxes de quitter Israël, et que tout projet visant à les autoriser à se rendre à Ouman serait illégal.
Ces échanges s’inscrivent dans le cadre d’un débat national sur l’exemption du service militaire obligatoire dont les Haredim bénéficient de longue date. Quelque 80 000 hommes haredim sont éligibles à la conscription, alors que l’armée israélienne affirme faire face à une pénurie de main-d’œuvre urgente dans le contexte de la guerre en cours.
Les dirigeants haredim ont demandé à leurs fidèles d’esquiver la conscription, qu’ils présentent comme une menace pour leur mode de vie, et font pression pour que des exemptions massives soient consacrées par la loi.
la Communauté du Times of Israël !







