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Ukraine : 3 Israéliens arrêtés puis libérés par les forces russes à Melitopol

La ville du sud-est de l'Ukraine est sous contrôle de Moscou ; le ministère israélien des Affaires étrangères n'a pas fourni davantage de détails

Illustration : Evgeniy Maloletka, photographe d'Associated Press, se tient au milieu des décombres d'une frappe aérienne sur l'Université technique d'État Pryazovskyi à Mariupol, en Ukraine, le 10 mars 2022. (Crédit : Mstyslav Chernov/AP)
Illustration : Evgeniy Maloletka, photographe d'Associated Press, se tient au milieu des décombres d'une frappe aérienne sur l'Université technique d'État Pryazovskyi à Mariupol, en Ukraine, le 10 mars 2022. (Crédit : Mstyslav Chernov/AP)

Trois citoyens israéliens ont été relâchés au bout de quelques heures par les forces russes qui les avait arrêtés lundi dans la ville ukrainienne occupée de Melitopol, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Le gouvernement ukrainien pour sa part a accusé les militaires russes d’avoir « enlevé » lundi trois Israéliens à Melitopol, une ville du sud-est de l’Ukraine qu’ils occupent.

« Aujourd’hui, à Melitopol, les occupants russes ont enlevé trois citoyens israéliens : Tatiana Kumok et ses parents, Vera et Mikhail Kumok », a déclaré la vice-Première ministre Iryna Verechtchouk, citée sur Facebook par le Centre pour les communications stratégiques et la sécurité de l’information.

Serguiy Tomilenko, le président de l’Union des journalistes d’Ukraine, a confirmé leur libération mardi après-midi.

« La famille de l’éditeur Mykhaïlo Kumok a finalement été libérée par les occupants » , a-t-il écrit sur son compte Facebook.

Mykhaïlo Kumok était présenté comme étant un « éditeur », propriétaire d’une société nommée « MV Holding » qui publie Melitopolskie Vedomosti, un journal local.

Trois journalistes de ce journal ont également été brièvement détenus lundi, puis libérés, selon M. Tomilenko.

« L’Union nationale des journalistes d’Ukraine condamne les intimidations et les pressions exercées sur les journalistes par les occupants à Melitopol, Berdiansk et Kherson », a-t-il écrit.

Le ministère a déclaré qu’il avait été informé de leur libération par des membres de leur famille et n’avait pas plus de renseignements pour le moment.

Aucun autre détail n’a pour le moment été fourni par les autorités ukrainiennes.

Michael Brodsky, ambassadeur d’Israël en Ukraine, avait déclaré plus tôt au Times of Israël que « le ministère des Affaires étrangères est bien au fait de la situation et y travaille. »

Brodsky est actuellement en Israël après s’être cassé le genou dans un accident de la route en Pologne au début du mois.

Selon les informations, Tatiana Kumok, sa mère Vera et son père Mikhail, ancien éditeur de journaux, ont tous trois été arrêtés par des soldats russes lundi.

La plus jeune des Kumok, très active sur les réseaux sociaux, partageait régulièrement des photos et des vidéos de la guerre sur plusieurs plateformes.

Tatiana Komuk a déclaré à la chaîne publique Kan qu’elle et ses parents ont fait l’objet d’une enquête pour avoir relaté ce qui se passe à Melitopol, que Moscou bombarde et tente de capturer depuis plus d’une semaine.

Komuk, qui est normalement basée à Tel Aviv où elle tient une boutique de robes de mariée, a déclaré que les Russes ont d’abord arrêté ses parents, qui dirigent un journal local, ainsi que d’autres journalistes. Elle a ajouté qu’environ une heure plus tard, des soldats russes sont venus à son domicile.

« Ils m’ont dit que si je n’ouvrais pas, ils allaient entrer dans la maison. Ils m’ont jetée dans une voiture et m’ont emmenée dans une base », raconte Komuk. On ne lui a pas dit où se trouvait la base.

Elle dit que les trois soldats russes qui l’ont arrêtée ont été respectueux et ne l’ont pas blessée ni n’ont crié sur elle. Lorsqu’elle a demandé pourquoi elle avait été arrêtée, ils lui ont répondu qu’elle faisait trop de bruit en ville et qu’il était illégal de manifester. Komuk, qui publie des photos de manifestations sur sa page Facebook, a déclaré que les soldats lui ont dit : « Nous sommes venus de Russie en Ukraine pour libérer les Ukrainiens des nazis », ce à quoi elle a répondu qu’ils devraient « aller sur Google et chercher ce que sont les vrais nazis ».

L’ancienne députée Ksenia Svetlova, originaire de Moscou et éminente commentatrice locale de la guerre en Ukraine, avait initialement tweeté la nouvelle de l’enlèvement ce lundi.

« Une citoyenne israélienne du nom de Tatiana Kumok a été enlevée avec son père dans la ville de Melitopol par les forces d’occupation russes », a écrit Svetlova, ajoutant qu' »on est sans nouvelles d’elle depuis plusieurs heures. »

Kumok avait écrit lundi matin sur sa page Facebook, où elle est répertoriée comme une résidente de Tel Aviv originaire de Melitopol, « Papa a été enlevé par les occupants ce matin. » Kumok avait aussi écrit que son père avait travaillé dans l’édition avant de prendre sa retraite, et que d’autres journalistes de la ville avaient également été enlevés.

La publication Facebook de Kumok se terminait par la déclaration suivante : « Je suis en sécurité. »

Dans un autre tweet, Svetlova a rapporté que Tali, une amie de Kumok, avait affirmé que cette dernière avait également été arrêté par des soldats russes, et qu’elle avait dit à des amis que sa mère aussi avait été enlevée.

À Melitopol, les forces russes ont enlevé le maire de la ville, Ivan Fedorov, la semaine dernière, parce qu’il « refusait de coopérer avec l’ennemi », selon le Parlement ukrainien. Fedorov a été libéré après quelques jours et s’est depuis entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Les forces russes ont pris Melitopol, qui compte 150 000 habitants, le 26 février.

L’AFP a contribué à cet article.

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