Un cadre du Hamas fustige des propos du chef de la diplomatie bahreïnie
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Un cadre du Hamas fustige des propos du chef de la diplomatie bahreïnie

Selon Moussa Abu Marzouk, les propos du ministre bahreïni dans un entretien avec le ToI "affirme que l'objectif de ce sommet est d'effacer les droits des Palestiniens"

L'officiel du Hamas, Moussa Abu Marzouk, le 18 septembre 2014. (AP/Khalil Hamra)
L'officiel du Hamas, Moussa Abu Marzouk, le 18 septembre 2014. (AP/Khalil Hamra)

Un cadre du Hamas a fustigé, jeudi, les propos du ministre des Affaires étrangères bahreïni tenus lors d’un entretien accordé au Times of Israel mercredi.

Khalid bin Ahmad Al-Khalifa a reçu le Times of Israel dans sa suite du Four Seasons Hotel de Manama, en marge de la conférence chapeautée par les États-Unis consacrée au volet économique du plan de l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

« Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn appelant les États arabes, dans le journal ‘The Times of Israel’ à reconnaître Israël comme un État qui restera affirme que l’objectif de ce sommet est d’effacer les droits des Palestiniens et de normaliser l’existence de l’occupation comme faisant partie du tissu régional », a ainsi tweeté Moussa Abu Marzouk, membre du bureau politique du Hamas.

« Nous affirmons notre rejet de cette conférence et cette proposition. Ce sont eux qui nous ont combattus, ont fait coulé notre sang et nous ont chassés de nos maisons ».

Dans son interview avec le ToI, Khalid bin Ahmad Al-Khalifa n’a pas appelé les pays arabes à reconnaître l’existence d’Israël, mais a déclaré : « À qui avons-nous proposé la paix avec l’Initiative de paix [arabe] ? Nous l’avons proposé à un État nommé État d’Israël, dans la région […] Nous pensons qu’Israël est bien un pays, et nous voulons améliorer nos relations avec lui et faire la paix ».

Il a également réitéré qu’Israël avait le droit de se défendre des agressions.

Interrogé sur les raisons de l’absence de déclarations publiques similaires de la part de ses homologues du Koweït et des Émirats arabes unis, l’intéressé a répondu : « Vous savez, les gens n’ont pas la même approche. Nous le disons. Et nous le disons publiquement. Nous ne nous dérobons pas. Car nous savons qu’il s’agit d’une position de principe, et nous y croyons. Et nous savons que nos frères dans la région y croient. »

Le ministre des Affaires étrangères israélien a applaudi les déclarations de son homologue du Golfe.

« L’État d’Israël se félicite de la décision du ministre bahreïni des Affaires étrangères de s’entretenir avec des journalistes israéliens », a-t-il ainsi tweeté sur son compte Twitter en langue arabe. « Israël exprime sa gratitude à l’égard de ses propos positifs tenus lors d’entretiens avec la presse israélienne, qui laissent espérer un renforcement des relations bilatérales et un avenir pacifique pour la région ».

L’organisation terroriste du Hamas et la gouvernance palestinienne basée à Ramallah se sont tous deux fortement opposés au sommet au Bahreïn.

Lors d’une conférence de presse dans la bande de Gaza, le dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a fait savoir que les Palestiniens le rejetaient et « refusaient de transformer la cause politique palestinienne en cause humanitaire ». Il a également appelé le roi Hamad bin Isa Al Khalifa de « prendre la décision courageuse, forte, authentique et arabe de ne pas accueillir la conférence ».

Jeudi, sur son site internet, le Hamas a également remercié le peuple bahreïni pour son « opposition à l’accord du siècle américano-sioniste ».

« Ce soutient à la Palestine n’est pas étranger aux généreux Bahreïnis connus pour ses positions authentiques », a ajouté le Hamas.

Le communiqué ne faisait pas de référence explicite au chef de la diplomatie bahreïnie, mais appelait les Bahreïnis « à continuer de défier et rejeter toutes formes de normalisation avec l’ennemi sioniste ».

La chaîne qatarie Al Jazeera a rapporté mercredi que des citoyens du royaume avaient installé des drapeaux palestiniens devant sur leurs maisons pour protester contre le sommet de Manama, soulignant des tensions entre la majorité chiite du pays et ses dirigeants sunnites.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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