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Un cheikh inculpé pour incitation à la violence après un discours à Al-Aqsa

L'accusation demande au tribunal de prolonger la détention d'Issamat Hamuri, invoquant un climat "sensible" où ses propos constituent un risque pour la sécurité publique

Un fidèle musulman arbore un drapeau du Hamas lors d'une manifestation contre Israël après les prières du vendredi, près du Dôme du Rocher, mosquée dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le vendredi 14 mai 2021. (AP Photo / Mahmoud Illean)
Un fidèle musulman arbore un drapeau du Hamas lors d'une manifestation contre Israël après les prières du vendredi, près du Dôme du Rocher, mosquée dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le vendredi 14 mai 2021. (AP Photo / Mahmoud Illean)

Un cheikh musulman de Jérusalem-Est a été inculpé lundi pour incitation à la violence alors qu’il aurait appelé à la « libération d’Al-Aqsa par les armes et la force », lors d’un sermon à l’extérieur de la mosquée auquel ont assisté quelque 200 personnes il y a environ deux semaines.

Issamat Hamuri, 56 ans, aurait également applaudi le chef militaire du Hamas, Mohammed Deif, dans ce discours, selon l’acte d’accusation.

Selon la presse israélienne, quelques participants ont été aperçus brandissant des drapeaux du Hamas alors que Hamuri s’exprimait.

« Nous n’avons pas d’autre choix que d’unir les pays musulmans et d’agir résolument pour libérer la mosquée Al-Aqsa », aurait-il déclaré.

« Il ne s’agit pas d’une mission impossible avec la volonté d’Allah. Le bien a commencé à la mosquée Al-Aqsa et il reviendra à la mosquée Al-Aqsa », a-t-il ajouté.

Son discours a été filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.

L’avocat de Hamuri, Rami Utman, a déclaré dans un communiqué que l’arrestation de son client était politique et que les accusations ne tiendraient pas devant un tribunal.

Selon Rami Utman, ces accusations ont pour but de « dissuader les gens de visiter la mosquée Al-Aqsa ».

L’accusation a demandé au tribunal de district de Jérusalem de prolonger l’arrestation de Hamuri jusqu’à son procès. Dans sa demande, l’accusation écrit : « Le danger que représente le suspect est amplifié pendant cette période, en raison du regain de tension qui s’est traduit récemment par des attaques terroristes dans tout le pays et des émeutes répétées à Jérusalem et dans les environs, dont certaines ont eu lieu après le discours du suspect. »

« Les actions du suspect contribuent indéniablement à attiser les tensions et leurs répercussions à un moment sensible et dans des circonstances qui augmentent le risque pour le public. »

L’incident a eu lieu pendant le mois sacré musulman du Ramadan et juste avant la fête juive de Pessah. Le point culminant de ces deux événements religieux a entraîné des tensions accrues dans la capitale et surtout dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, au sommet du mont du Temple, où des émeutiers palestiniens ont affronté au quotidien la sécurité israélienne et les Juifs qui tentaient de visiter le site.

Il n’a pas été prouvé que le discours de Hamuri ait eu un impact direct sur les violences qui ont suivi.

Des affrontements entre émeutiers palestiniens et la police israélienne à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, au sommet du mont du Temple, le 15 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

En 2020, le religieux arabe israélien Raed Salah avait été condamné à 28 mois de prison après avoir été reconnu coupable d’incitation au terrorisme pour un discours prononcé en 2017 dans lequel il faisait l’éloge d’une attaque meurtrière au mont du Temple.

Il a été libéré en décembre dernier après avoir purgé 17 mois et a reçu un accueil de héros dans sa ville natale d’Umm al-Fahm, dans le nord du pays.

En février, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a signé un arrêté interdisant au religieux musulman de quitter le pays.

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