Un coup de feu tiré à la frontière de Gaza ; l’armée frappe des postes du Hamas
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Un coup de feu tiré à la frontière de Gaza ; l’armée frappe des postes du Hamas

Personne n'a été blessé dans l’échange, alors qu’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est censé se préparer

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un tank de combat israélien Merkava patrouille le long de la frontière avec la bande de Gaza à proximité du kibboutz Nahal Oz dans le sud d'Israël. (Crédit :  AFP Photo/Jack Guez)
Un tank de combat israélien Merkava patrouille le long de la frontière avec la bande de Gaza à proximité du kibboutz Nahal Oz dans le sud d'Israël. (Crédit : AFP Photo/Jack Guez)

Un coup de feu aurait été tiré sur les troupes israéliennes servant le long de la frontière de Gaza ce vendredi, provoquant un certain nombre de frappes de représailles contre les positions proches du Hamas, a déclaré l’armée israélienne.

Aucune blessure n’a été signalée des deux côtés.

L’armée oant déclaré que les soldats avaient été pris pour cible alors qu’ils se trouvaient à la barrière de sécurité. L’incident se serait produit à l’est de la ville gazaoui de Deir al-Balah.

Peu de temps après, un char et un avion israéliens ont pris pour cible deux postes d’observation du Hamas situés le long de la frontière avec Gaza, a annoncé l’armée.

« Un avion et un tank de l’armée ont attaqué deux positions militaires appartenant au groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza en réponse à un coup de feu tiré récemment sur les troupes près de la barrière de sécurité », a déclaré l’armée.

L’incident est survenu alors que les troupes se préparaient aux manifestations et émeutes hebdomadaires à la frontière de Gaza, organisées presque tous les vendredis depuis plus d’un an.

L’échange est survenu alors que des efforts visant à mettre en œuvre un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas son en cours.

Jeudi, Khalil al-Hayya, haut responsable du Hamas, a déclaré qu’Israël avait accepté de lever les restrictions sur l’importation de nombreux produits « à double usage » à Gaza dans le cadre des accords passés avec les groupes terroristes.

Ces dernières années, Israël a imposé de lourdes restrictions sur l’entrée de produits à Gaza qui sont considérés comme étant à « double emploi », ce qui signifie qu’ils peuvent être utilisés à des fins civiles ou militaires. Les Palestiniens de Gaza ont longtemps dû recevoir des permis spéciaux pour importer des produits qu’Israël considère être à double emploi.

« Nous avons arraché à l’occupation la levée des restrictions et de l’interdiction… de 30 % des ces produits », a déclaré al-Hayya à la chaîne Al-Aqsa, affiliée au Hamas, dans un long entretien.

Khalil al-Hayya, cadre du Hamas, pendant une conférence de presse à Gaza Ville, le 18 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Le Coordinateur des activités du gouvernement dans les territoires (COGAT), l’organe du ministère de la Défense responsable de la liaison avec les Palestiniens, a refusé de confirmer ou de démentir les commentaires d’Hayya.

« Nous ne répondons pas aux informations étrangères », a déclaré le COGAT dans un email.

Le Bureau du Premier ministre a refusé de répondre à notre demande de commentaire.

Selon un rapport de la Banque mondiale publié mercredi, il y a 118 produits qu’Israël classe comme étant à double emploi à Gaza et 56 pour la Cisjordanie. Les produits listés pour Gaza incluent plusieurs produits chimiques, des machines dont des équipements de forage, des jets ski et beaucoup d’autres matériels et produits.

Le rapport précisait que la Banque mondiale estimait « qu’adoucir les restrictions sur les produits à double emploi pourrait conduire à une augmentation de 6 % de la croissance en Cisjordanie et de 11 % à Gaza d’ici 2025, en comparaison à un scénario où les restrictions seraient maintenues ».

Hayya a également prévenu que si Israël ne respectait par les récents accords de cessez-le-feu, les Palestiniens de Gaza reprendraient les lancers d’engins incendiaires et de ballons chargés d’explosifs vers l’Etat juif, les manifestations nocturnes dans la zone frontalière entre l’Etat juif et l’enclave côtière, et d’autres mesures.

Capture d’écran de la Treizième chaîne montrant des ballons rattachés à ce qui semble être une ogive, le 9 mars 2019 (Crédit : Capture d’écran Treizième chaîne)

« [Si Israël] ne respecte pas ses engagements… cela impliquerait un retour des moyens forts. Et même plus, a-t-il déclaré. Nous affirmons que nous n’accepterons pas que le siège reste en place. »

« Les moyens durs » font référence aux lancers d’engins incendiaires et de ballons chargés d’explosifs vers Israël et aux manifestations nocturnes le long de la frontière entre Israël et gaza, lors desquelles ont lieu de légères explosions, la mise à feu de pneus et l’utilisation de lasers pointés vers les soldats israéliens.

Depuis le début du mois d’avril, le lancer des ballons et les manifestations nocturnes ont globalement cessé.

L’Egypte, les Nations unies et le Qatar ont récemment réussi à sceller un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Les médias israéliens ont indiqué que l’accord inclurait la fin des violences en provenance de Gaza en échange d’un assouplissement des restrictions imposées par l’Etat juif sur le mouvement des personnes et des biens à l’entrée et à la sortie de Gaza.

Adam Ragson a contribué à cet article.

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