Un dirigeant de Kakhol lavan est préoccupé par son collègue chef de syndicat
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Un dirigeant de Kakhol lavan est préoccupé par son collègue chef de syndicat

Notant que les électeurs craignent qu'Avi Nissenkorn soit nommé ministre des Finances, Gabi Ashkenazi affirme que le dirigeant de la Histadrout ne dictera pas la politique

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Gabi Ashkenazi du parti Kakhol lavan lors d'une campagne dans le nord d'Israël, le 7 mars 2019. (Meir Vaknin/Flash90)
Gabi Ashkenazi du parti Kakhol lavan lors d'une campagne dans le nord d'Israël, le 7 mars 2019. (Meir Vaknin/Flash90)

Un des principaux candidats du parti Kakhol lavan a admis mardi que son mouvement s’inquiétait de l’idéologie de l’un de ses collègues, un des plus importants dirigeants syndicaux nationaux qui serait envisagé pour le poste de ministre des Finances si le parti remporte les prochaines élections à la Knesset.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal Gabi Ashkenazi, qui est quatrième sur la liste Kakhol lavan, a tenu ces propos à l’adress de Avi Nissenkorn, ancien président du syndicat travailliste Histadrout, lors d’une réunion de campagne à Rishon Lezion lundi.

Lors de la soirée, une participante a dit à Ashkenazi qu’elle n’était pas sûre de voter pour le parti parce qu’elle avait un problème avec la nomination de Nissenkorn comme ministre des Finances. Les médias ont déclaré que Nissenkorn serait le choix du parti pour cette fonction.

« Nous en sommes conscients », a déclaré Ashkenazi dans un enregistrement de l’événement publié mardi par la radio de l’armée. « Vous n’êtes pas la seule à vous poser la question. Nous n’avons pas l’intention de mettre en œuvre les politiques de la Histadrout à Kakhol lavan. Nous n’avons pas l’intention que Kakhol lavan ait une culture syndicale ».

Avi Nissenkorn, président de la Histadrout, vu au tribunal national du travail à Jérusalem, le 5 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ashkenazi a ensuite défendu l’ancien chef du syndicat national, qui est cinquième sur la liste du parti, notant que « je connais Nissenkorn, c’est une personne responsable » et qui est en parfaite harmonie avec le parti Kakhol lavan.

Au fil des ans, la Histadrout a été associée à des grèves nationales lancées par de puissants syndicats de travailleurs.

Un autre ancien chef de Tsahal, Benny Gantz, dirige le parti, suivi du député Yair Lapid, puis de Moshe Yaalon, un autre ancien chef de Tsahal qui est ensuite devenu ministre de la Défense. Kakhol lavan est né de la fusion entre les partis Hossen LeYisrael de Gantz, Yesh Atid de Lapid et Telem de Yaalon.

Le numéro 9 de Kakhol lavan, Yoaz Hendel, a déclaré samedi que son parti était « en faveur de la libre concurrence et d’une économie de marché », ajoutant qu’il avait parlé à Nissenkorn et compris qu’il serait prêt à s’adapter à la décision du parti à ce sujet, selon le site web Makor Rishon mardi.

Nissenkorn a rejoint Hossen LeYisrael à la mi-février, et Gantz lui aurait promis un poste ministériel si le parti entrait dans le prochain gouvernement après les élections du 9 avril.

Capture d’écran de la vidéo du candidat Kakhol lavan, Gabi Ashkenazi, lors d’une réunion à Rishon Lezion, le 11 mars 2019. (Douzième chaîne)

Lors du même événement, Ashkenazi a également répondu au sujet de rapports d’enquête d’il y a dix ans et récemment publiés, quand il était soupçonné d’obstruction à la justice et d’avoir fourni des informations confidentielles à des journalistes dans un effort présumé d’influencer la nomination de son successeur.

Il a pris sa retraite de l’armée en 2010 après avoir été impliqué dans le scandale de la succession, bien que l’affaire contre lui a été classée en 2016 en raison du manque de preuves.

Dans les extraits publiés par la Douzième chaîne d’information lundi soir et la semaine dernière, les enquêteurs avaient demandé à Ashkenazi s’il avait tenté de « manipuler » des journalistes ou s’il avait déclaré avoir un « côté obscur ».

« Ils nous salissent », a dit Ashkenazi à la réunion de mardi. « Ils trouvent toutes sortes d’enregistrements d’il y a dix ans. C’est désagréable, c’est embarrassant, mais je connais la vérité. Je connais simplement la vérité. Et quand je suis dans mon espace privé, dans mon bureau, quand je parle avec mes amis, c’est comme quand je suis dans mon campement. Parfois, j’ai aussi dit des choses par colère, des choses désagréables ».

En réponse à ces informations, Kakhol lavan a démenti qu’il y avait de l’animosité entre Ashkenazi et Nissenkorn, niant également que ce dernier avait été promis au ministère des Finances.

« Nissenkorn est un leader social important », a déclaré le parti dans un communiqué. « Pendant son mandat, il n’y a pas eu de grèves majeures dans l’économie. Sa contribution à Kakhol lavan est excellente et il y a beaucoup de respect entre Ashkenazi et Nissenkorn. Contrairement à Netanyahu, qui est sous pression, nous ne sommes pas en train d’assigner les portefeuilles du gouvernement pour l’instant ».

Bien que Kakhol lavan soit en tête dans les sondages, on s’attend à ce qu’il peine à former une coalition majoritaire à la Knesset qui compte 120 sièges. Le parti au pouvoir, le Likud, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a de meilleures chances de former un gouvernement en s’appuyant sur d’autres alliés de droite et sur des partis religieux.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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